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6 choses à savoir sur les femmes, les hommes et la générosité

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C’est assez facile à concevoir : nous (les femmes) aimons offrir des cadeaux, donner de notre temps, rendre service... Mais ça va plus loin qu’on aurait pu le penser : en fait, notre cerveau réagit plus fortement aux comportements généreux que celui des hommes, il en tire un véritable plaisir. Pourquoi donc ?

1. Donner aux organismes de charité. Debra Mesh, qui a mené une étude sur les dons des hommes et des femmes à des organisations charitables, rapporte que les femmes sont manifestement plus généreuses. Chez des boomers, les femmes ont donné 89 % plus d’argent que les hommes, écrit-elle dans le Wall Street Journal ; chez les plus riches, les femmes ont versé 156 % de plus que les hommes. Quel que soit le niveau de revenu, les femmes verseraient une part plus importante de leur argent aux organisations caritatives que les hommes.

2. Les hommes doivent y voir un intérêt pour eux-mêmes. Pour encourager les hommes à donner davantage, il faudrait, écrit le psychologue social Robb Willer, leur faire voir qu’il en va de leur intérêt. Moins empathiques au départ (moins sensibles au sort des pauvres, par exemple), les hommes deviennent aussi généreux que les femmes si on leur explique que la pauvreté nuit à toute la société, y compris à eux-mêmes. Des motivations qui semblent égoïstes pourraient mener à bon port.

3. Une imagerie cérébrale qui ne mentirait pas. En fait, lorsque des chercheurs suisses ont observé par IRM ce qui se passe dans le cerveau des hommes et des femmes du côté du circuit du plaisir, ils ont remarqué que les femmes ressentent chimiquement du plaisir à donner, tandis que les hommes tirent davantage de plaisir par des voies dites égoïstes (gagner une compétition, se faire plaisir à eux-mêmes). Le striatum, une zone clé du circuit du plaisir, s’activerait davantage chez les femmes quand elles font des choix altruistes, tandis qu’il s’activerait davantage chez les hommes quand ils font des choix orientés vers leur propre bien-être. On a même bloqué l’accès au circuit du plaisir par une médication et le comportement s’est quelque peu modifié : les femmes sont devenues moins généreuses et les hommes sont devenus « prosociaux ».

4. Scientifique, donc permanent ? On pourrait croire que puisque ça se voit en imagerie par résonance magnétique, c’est donc vrai et immuable : les femmes et les hommes ont des taux de générosité différents, il n’y a rien à y faire. Or, ce n’est pas tout à fait ça.

5. Un conditionnement précoce. Le nœud de l’affaire serait le suivant : le circuit du plaisir de notre cerveau se configure selon nos expériences. Ce n’est pas inné, c’est appris, c’est acquis. Quand on est bébé, nos parents et les gens de notre environnement nous apprennent en quelque sorte ce qu’est le plaisir. S’ils réagissent positivement quand je suis généreuse, quand je donne un jouet, quand je suis attentive aux autres, j’apprends à en tirer du plaisir. Je me dis probablement quelque chose comme : « Si je suis vraiment gentille, non seulement mes parents vont m’aimer, mais ils vont même me donner à manger ! » Si, au contraire, les parents de William réagissent très positivement quand il gagne, quand il réussit un bon coup, quand il lance une balle bien loin, eh bien, pas plus bête qu’un autre, il ira dans ce sens et tirera du plaisir de ses succès.

6. Ce qu’il reste à faire. Nous aurions donc été éduqués ainsi : toi, petit garçon, on aime te voir gagnant, vainqueur, fier. Toi, petite fille, on aime te voir gentille, coopérante et généreuse, à l’affût de ce que les autres souhaitent. C’est une asymétrie dangereuse, ai-je lu. On ne s’en rend pas toujours compte. On pense que c’est du passé. Avis aux parents et aux grands-parents : peut-être qu’un peu d’attention à cela nous mènerait vers une part d’équilibre.