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L’ouragan Mazza frappe les Olivier

L’ouragan Mazza frappe les Olivier
Photo Jean-François Desgagnés

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Citée dans cinq catégories, l’humoriste de 27 ans est la ­première femme depuis Lise Dion, en 2002, à récolter autant de ­nominations. Mais n’allez pas lui dire que les femmes sont moins bien traitées que les hommes en humour. « Le but n’est pas d’avoir la parité, c’est d’avoir la qualité », clame-t-elle.

À la réception d’un hôtel de Saguenay où Le Journal la retrouve entre deux spectacles, Mariana Mazza se laisse un peu emporter quand on lui demande si elle est heureuse ou déçue d’être la première humoriste féminine, en quinze ans, à obtenir cinq citations au bal de fin d’année des comiques québécois.

« Non, je ne suis pas déçue parce qu’il n’y avait pas autant de filles. Il y avait juste Cathy Gauthier. C’était quoi, les chances ? Le but dans la vie, ce n’est pas d’avoir le plus de femmes, c’est d’avoir les femmes les plus compétentes. Ça adonne que notre génération en a de plus en plus. Qui a décidé qu’il fallait une parité ? Voyons, nous ne sommes pas des médecins. Si tu me disais : il y a plus d’hommes médecins parce que les femmes médecins sont boudées, c’est de la crisse de marde parce que les ­médecins sauvent des vies. Mais là, on fait des jokes... »

« Cinq nominations, poursuit-elle, il y a plus de chances que ça arrive à un gars, ils sont cinq fois plus que nous. Nous ne sommes pas beaucoup. Pis c’est pas parce qu’on est rejetées. Nous sommes très bien traitées. C’est juste qu’il y a des styles qui sont moins accessibles. Avoir une voix aiguë, ça peut gosser. Des filles qui parlent d’accouchement ou de ­ménopause, ça ne touche pas tout le monde », analyse-t-elle.

Objectif 300 000 billets

Chose certaine, Mariana Mazza en a touché du monde. Elle a franchi le cap des 200 représentations de Femme ta gueule, son premier one-woman-show, a vendu plus de 160 000 billets et espère se rendre à 300 000. « J’aimerais ça, le vivre une fois dans ma vie. Comme quelqu’un qui va aux Olympiques. Il veut la médaille d’or une fois. Après, s’il obtient l’argent, c’est pas grave parce qu’il peut dire qu’il a eu la médaille d’or. »

Surprise de son succès ? Pas le moins du monde.

« Je l’avais envisagé. J’ai travaillé pour avoir autant de billets. Pis pas juste les billets. J’ai travaillé pour que le bouche-à-oreille soit fort, que mon marketing soit fort, que mon affiche soit belle. J’ai une équipe solide, qui travaille fort. (...) Je ne suis pas gênée de dire que j’avais un objectif pis je l’ai atteint. Ce n’est pas de la prétention. Steve Jobs n’a pas fait Apple en se disant qu’il voulait vendre deux ou trois produits. »

Vouloir gagner

C’est avec la même ambition de faire une razzia qu’elle se présentera au Gala des Olivier.

« Je vise les cinq trophées. Pourquoi pas ? C’est quoi, cette gêne ? C’est stupide les gens qui disent qu’ils s’en ­câlissent des trophées. Non, non, tu t’en câlisses pas. Moi, mon trophée pour le numéro Sable dans le vagin, je le croise une fois de temps en temps dans ma cave et je me dis : j’ai quand même gagné un trophée avec un numéro qui était crissement ­vulgaire et solide », lance-t-elle en rigolant.

Si elle souhaite gagner, précise ­Mariana, c’est autant pour elle que pour récompenser son équipe.

« Je veux que les gens d’Entourage soient fiers, les filles qui travaillent au bureau, Dave (Morgan, qui fait sa ­première partie) et Steve (son ­directeur de tournée). C’est cool pour leur curriculum vitæ d’avoir travaillé sur un show qui a gagné cinq trophées... Mon succès, je ne le dois pas juste à moi, mais à 75 % à mon équipe qui a été là pour m’encourager. À 100 000 billets, j’ai emmené mon équipe à Las Vegas. À 200 000, le script-éditeur nous ­emmène tous à La Nouvelle-Orléans. Pis à 300 000, on le sait pas encore. »