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Quand la religion entre en jeu

Quand la religion entre en jeu
Photo courtoisie

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À l’heure où certains débats religieux font l’actualité, voilà que le Théâtre Prospero a choisi de présenter une pièce où le racisme et l’incompréhension entre religions se trouvent au cœur d’une comédie noire. L’intrigue met en lumière un couple composé d’une femme juive et d’un Québécois ayant choisi d’unir leur destinée.

« C’est une pièce sur la réconciliation avec les étrangers et la différence », annonce d’emblée le comédien qui interprète le père de la mariée, Jean-François Casabonne.

L’histoire est celle d’une Juive, Isabelle, qui a choisi d’épouser Patrick, un Québécois. Par amour, ­Patrick a même accepté de se ­convertir au judaïsme.

« Ça ne fait pas l’affaire du père que sa fille épouse un non-juif », confie Jean-François Casabonne à propos de son personnage. « C’est un homme strict qui veut le mieux pour sa fille. »

Philippe, le meilleur ami de Patrick et qui assiste à la cérémonie de mariage, posera des gestes inappropriés lors de la célébration religieuse. « On l’accuse d’avoir fait le salut nazi pendant la cérémonie », révèle le comédien.

À partir de ce moment-là, tout va dégénérer. Plusieurs invités seront furieux. Sous le coup de la colère, Isabelle s’emportera au point de ­blesser Philippe grièvement. C’est à l’hôpital que l’on se retrouvera. Ce n’est pas, tout à fait ce que l’on ­souhaitait pour célébrer son mariage...

Bonne étoile

Pourtant, la pièce que l’on nomme Mazal Tov, signifie bonne chance ou bonne étoile en hébreu. Une expression que l’on utilise légalement lors d’un mariage, pour porter chance, en offrant nos félicitations. L’auteur et metteur en scène, Marc-André Thibault, a très certainement misé sur l’ironie en choisissant son titre, car rien n’est de bon augure dans cette union. « Dans la tradition, il faut briser un verre et le geste va engendrer un accident », souligne l’acteur.

L’incursion du Québécois dans une famille juive ne se fera pas si ­facilement, même s’il ne s’agit pas de juifs hassidiques.

« Le père est un homme croyant et pratiquant qui fréquente la ­synagogue », fait néanmoins ­remarquer Jean-François Casabonne.

Malentendus

La pièce, à travers son humour noir, a voulu faire valoir l’incompréhension de ce qui nous est étranger, sachant que l’ignorance et les préjugés font souvent l’objet de maladresses. « C’est une pièce intéressante sur le plan sociologique », constate l’acteur. « Il y a une incommunicabilité entre le père et sa fille et également entre les mariés. »

Bien que l’on compte quelques malentendus, on nous confirme que l’histoire se terminera sur une bonne note. « On va vers une belle finalité », conclut-il.

Par ailleurs, on retrouve Jean-François Casabonne au cinéma dans le film La petite fille qui aimait trop les allumettes, ­présentement à l’affiche.

Le comédien sera également sur les planches de la pièce ­L’orangeraie, pièce qui fera l’objet d’une tournée à ­compter de février prochain.

Mazal Tov

Auteur et metteur en scène : Marc-André Thibault

Distribution : Jean-François Casabonne, Stéphanie Jolicoeur, Alexis Lemay-Plamondon et François-Simon Poirier

Du 21 novembre au 9 décembre

Au Théâtre Prospero (salle intime)