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Quand les tout-petits posent des questions

Quand les tout-petits posent des questions
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Même si, en votre for intérieur, vous savez que discuter de sexualité devrait faire partie intégrante de l’éducation d’un enfant, cela ne rend pas la chose plus simple pour autant ! D’ailleurs, est-ce important de parler avec eux de sexualité ? À quel âge ? Comment ?

Si certaines notions éducationnelles vont de soi, d’autres demeurent floues et parfois même inquiétantes. La question de la sexualité des enfants préoccupe tous les parents, mais grand nombre d’entre eux se sentent bien désemparés devant la situation et le développement de leurs petits amours. La vie quotidienne est un beau laboratoire à cet effet ! Elle fournit énormément d’occasions pour aborder le sujet : du changement de couche d’un plus jeune ou d’un baiser échangé par les parents à une nouvelle à la télévision sont de beaux moments à saisir pour offrir un brin d’information... mais pas toujours ! Alors, comment s’y retrouver ?

Accompagner son enfant

Maryse, mère de trois garçons (2, 4 et demi et 6 ans) se souvient d’une question de son plus vieux : « Quand Loïc est arrivé dans le salon alors que nous le croyions endormi depuis au moins une heure, il avait 4 ans à ce moment-là, en nous disant : ça me fait beaucoup de bien quand je me touche ici — en nous montrant son pénis en érection dans son pyjama — mon mari et moi on a failli perdre connaissance ! Blague à part, on est restés tellement surpris que nous n’avons pas réussi à lui répondre rien d’autre que : “Ah ! Ok bien va te recoucher maintenant...” Quelle affaire ! On a éclaté de rire quand il est parti et j’ai dit à mon mari qu’il fallait à tout prix qu’il lui parle le lendemain. Il m’a répondu : “Pourquoi ce ne serait pas toi ?” Depuis ce temps, nous n’avons jamais reparlé de tout ça et notre beau loup est resté sans réponse. Nous devons nous outiller, mais j’avoue ne pas trop savoir comment. »

Il est très fréquent qu’une situation comme celle-ci se produise. Les parents font leur possible, en fonction de leurs connaissances et aussi de leur aisance à discuter du sujet. Il ne faut pas se culpabiliser, il faut plutôt tenter de s’outiller davantage pour accompagner son enfant dans son développement.

Les essentiels

La toute première chose est de tenter d’identifier et de dissiper vos propres malaises par rapport à la sexualité. Ce travail vous permettra de répondre sans gêne ni honte (autant que faire se peut) aux questions bien précises de vos tout-petits. L’information a, entre autres choses, un rôle majeur dans la prévention des abus et permet également à l’enfant, qui deviendra grand, de se munir d’outils pour établir des bases solides et saines pour son avenir affectif et sexuel. Une fois le terrain propice à la discussion, voici quelques pistes intéressantes à suivre :

1. N’hésitez pas à utiliser les mots appropriés et exacts pour parler de l’anatomie ou de toute autre chose à caractère sexuel. Les bons mots permettront à l’enfant de ne pas éprouver de malaise face à sa propre sexualité.

2. Utilisez un langage approprié à son âge. Il existe des livres forts intéressants à cet effet, n’hésitez pas à vous en inspirer pour transmettre l’information adéquate à la catégorie d’âge de votre tout-petit ;

3. Sachez placer de bonnes bases (bonnes habitudes de vie) pour faciliter la communication — statistiquement, les enfants les mieux informés ont des relations sexuelles plus tard, sont plus responsables vis-à-vis leurs comportements sexuels, ont un nombre moins élevé de partenaires — bref une bonne communication favorise un meilleur jugement. L’enfant doit donc savoir qu’il peut se reposer sur vous et que vous serez là pour répondre à ses interrogations au fur et à mesure de son développement ;

4. Il n’y a pas d’âge pour en parler. Comme mentionné précédemment, il est essentiel que votre discours soit adapté à son âge et surtout à son niveau de développement. Il n’est souvent pas nécessaire de se lancer dans des discours et des explications qui n’en finissent plus, les détails pourront s’ajouter au fur et à mesure qu’il grandira !

5. Idéalement, ce serait le parent du même sexe que l’enfant qui aborderait la question. Mais les enfants bénéficient à puiser dans deux sources d’explications (différentes à leur manière, mais qui cible les mêmes objectifs éducationnels — faire très attention à ce que le discours soit cohérent et identique, malgré la couleur qui peut varier).

La bienveillance viendra à bout de votre sentiment de culpabilité si vous n’avez pas toutes les réponses sur-le-champ ! Soyez indulgents, mais à l’écoute et informés !