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La France remporte la Coupe Davis

La France remporte la Coupe Davis
AFP

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Favorite sur le papier contre la Belgique, la France a été poussée dans ses retranchements et acculée à un cinquième match en finale de Coupe Davis, remportée pour la dixième fois, dimanche à Villeneuve-d’Ascq.

C’est Lucas Pouille qui a délivré les Mousquetaires version 2017, grâce à sa victoire logique et facile dans l’ultime match face au N°2 belge Steve Darcis (6-3, 6-1, 6-0).

Ce succès aisé du benjamin français (23 ans) met fin à trois échecs consécutifs des Français en finale, en 2002, 2010 et 2014. Après toutes ces désillusions, les Français remettent la main sur le Saladier d’argent qui leur échappait depuis seize ans.

Le capitaine Yannick Noah, rappelé à la rescousse en septembre 2015, a donc réussi à mener à bien sa mission. Il s’agit de son troisième titre en autant de finales après les grandes heures de 1991 à Lyon et de 1996 à Malmö.

Ce sacre manquera néanmoins de saveur et de matches mémorables en comparaison des coups d’éclat de Henri Leconte et Guy Forget contre Pete Sampras à Lyon (1991) et les trois balles de match sauvées par Arnaud Boetsch contre le Suédois Nicklas Kulti (1996).

En 2001, sur le gazon de Melbourne, l’exploit était aussi au rendez-vous face à l’Australie de Lleyton Hewitt et Patrick Rafter dans ce qui restera le seul trophée sous le mandat de Guy Forget en tant que capitaine (1999-2012).

Goffin meilleur joueur du weekend

Dimanche dans l’ébullition du Stade Pierre-Mauroy, tout s’est achevé sur une victoire logique de Pouille (18e mondial) face au vétéran Darcis (33 ans, 76e mondial).

Le jeune Nordiste, supérieur en puissance, n’a pas tremblé et a mis fin à la belle série de «Monsieur Coupe Davis», surnommé ainsi en Belgique pour son efficacité, jusque-là totale, lors des 5e matches décisifs (5 victoires).

Une défaite de Pouille aurait été un immense fiasco alors que les Français n’ont pas brillé face à David Goffin, meilleur joueur incontestable du weekend. «Je pars (en vacances) avec un super sentiment, le sentiment du devoir accompli (...) C’était une super saison. Tout a été top», a dit le Wallon de 26 ans, après avoir surclassé Jo-Wilfried Tsonga (15e mondial) 7-6 (7/5), 6-3, 6-2.

Déjà au-dessus du lot contre Pouille, en ouverture vendredi, le récent finaliste du Masters n’aura pas perdu un set ni une seule fois son service dans le nord de la France.

Tsonga avait l’opportunité de délivrer les siens, au lendemain du succès poussif (6-1, 3-6, 7-6 (7/2), 6-4) de ses camarades Pierre-Hugues Herbert et Richard Gasquet en double face à Ruben Bemelmans et Joris De Loore, respectivement 118e et 276e mondiaux. Mais, après un premier set de très haut niveau où il a manqué des opportunités, le Manceau de 32 ans a baissé de régime alors que Goffin n’a presque rien raté.

Enfin un grand titre pour Tsonga et Gasquet

«Après la perte de ce premier set, il a été impeccable. Derrière il joue relâché, hyper bien, et il n’y a pas grand-chose à dire. J’ai fait mon match, je me suis accroché, je n’ai pas lâché mais aujourd’hui il n’y avait pas grand-chose à faire», a estimé «JWT», toujours incapable de battre un joueur mieux classé que lui en Coupe Davis.

Mais grâce au succès de Pouille, Tsonga a pu arracher, comme son camarade Gasquet, son premier grand titre. Les deux trentenaires couraient après depuis le début de leur carrière émaillée de frustrations en Grand Chelem et dans la vénérable compétition par équipes.

Trois ans plus tôt, ils avaient chuté dans ce même stade Pierre-Mauroy contre la Suisse de Roger Federer et Stanislas Wawrinka. En 2010, à Belgrade, c’est depuis le banc - Tsonga blessé, Gasquet remplaçant - qu’ils avaient assisté au triomphe de Novak Djokovic et sa bande.

Mission accomplie cette fois!

À 57 ans, Noah devient le troisième capitaine le plus titré, à égalité avec le Suédois Hans Olsson. Le dernier lauréat français (masculin) d’un tournoi du Grand Chelem, à Roland-Garros en 1983, n’a perdu qu’une seule finale dans la compétition, en tant que joueur en 1982, à Grenoble face aux Américains emmenés par John McEnroe.

La Belgique devra elle patienter encore au moins un an pour s’offrir son premier Saladier d’argent. C’est son troisième échec en finale, le deuxième en trois ans après la défaite à Gand en 2015 face à la Grande-Bretagne d’Andy Murray.