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Régimes en vogue sous la loupe

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Chaque année, de nouvelles approches amaigrissantes sont proposées. Parfois, ce sont des tendances qui ont la faveur des stars hollywoodiennes, d’autres fois c’est le retour de régimes qui ont été popularisés il y a des dizaines d’années et qui refont surface, avec un nouvel angle accrocheur. Cette semaine, cap sur trois régimes en vogue.

Le régime paléo

Le régime paléolithique est basé sur la présumée diète des hommes des cavernes. Les adeptes de ce régime allèguent que le corps n’est pas adapté à métaboliser les aliments issus de l’agriculture moderne, lesquels seraient à l’origine des maladies chroniques. L’alimentation paléo est constituée de viandes, de poissons et de fruits de mer, d’œufs, de certains légumes, de petits fruits, de noix et de graines. Les produits céréaliers, les légumineuses, les produits laitiers et plusieurs légumes (pomme de terre, maïs, etc.) sont donc interdits.

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Les forces :

  • Peu ou pas d’aliments transformés
  • Faible en sodium
  • Haut en noix et graines bénéfiques pour la santé

Les faiblesses :

  • Teneur élevée en gras saturés
  • Faible en glucides (surtout pour les sportifs)
  • Faible en fibres, calcium, vitamine D et fer
  • Difficile à suivre à long terme

Comme l’on connaît mal la diète de nos ancêtres paléolithiques et que ceux-ci avaient fort probablement une alimentation variée adaptée à leur environnement, suivre ce régime est une idée plutôt farfelue. Certaines études ont démontré que la diète paléo pouvait faire perdre du poids à court terme et qu’elle pouvait abaisser le taux de triglycérides sanguin et la pression artérielle. Malheureusement, les essais à long terme ne sont pas aussi encourageants. À 24 mois, ce type d’alimentation n’est pas plus efficace que le régime traditionnel qui n’interdit aucun groupe alimentaire.

Le régime cétogène

Cette diète est utilisée avec succès depuis près de 100 ans pour traiter l’épilepsie sévère, et ses principes ont récemment été recyclés en régime amaigrissant. Ce régime est très faible en glucides (5% de l’apport calorique quotidien), modéré en protéines et très élevé en gras. Habituellement, le corps utilise le glucose comme source d’énergie principale. Quand on en consomme trop peu, l’organisme s’adapte et utilise le gras pour subvenir à ses besoins en énergie. Les graisses sont alors transformées dans le foie en corps cétoniques, qui deviennent le carburant de nos cellules en l’absence de glucose. Il s’agit d’une adaptation normale du corps pour survivre en cas de famine. On y mange donc viandes, poissons et œufs, beurre, huile, avocat et olives, fromage et yogourt riches en gras ainsi que des légumes verts feuillus. On évite les produits céréaliers, les légumineuses, la majorité des fruits et légumes ainsi que le sucre.

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Les forces :

  • Sentiment de satiété (effet normal des corps cétoniques)
  • Peu ou pas d’aliments transformés
  • Faible en sodium

Les faiblesses :

  • Teneur élevée en gras saturés
  • Faible en fibres, vitamines B, acide folique, calcium, magnésium, fer et zinc
  • Effets secondaires : Nausées, vomissements, fatigue, maux de tête, mauvaise haleine, constipation, insomnie
  • Risques d’hypoglycémie et de déshydratation

Suivre ce régime draconien et restrictif n’est pas sans danger. On connaît très peu les risques de cette diète à long terme. Rappelons que le corps est mieux adapté à utiliser le glucose et non les corps cétoniques qui sont le carburant « d’urgence » de notre organisme. À l’instar du régime paléo, la perte de poids est rapide au début (fonte des réserves de glycogène), mais le maintien du poids perdu à long terme fait défaut.

Le jeûne intermittent

Le jeûne intermittent gagne en popularité. La méthode consiste à alterner entre périodes de jeûne (eau seulement ou très faible apport en calories) et période d’alimentation normale. Il existe de nombreuses formes de jeûne intermittent : certains préconisent 2 à 3 journées de jeûne par semaine alors que d’autres suggèrent de jeûner plusieurs heures chaque jour. Le plus important est de manger normalement lors des périodes d’alimentation, ce qui est difficile à atteindre pour plusieurs. Si effectuée correctement, des études chez les animaux démontrent que cette approche donne des résultats positifs sur la perte de masse grasse, la réduction de l’inflammation, la chute du cholestérol sanguin et la tension artérielle. Considérant le manque d’études chez l’humain, on ne peut recommander encore cette approche alimentaire. Notamment, les diabétiques, les enfants, les femmes enceintes, les gens souffrant de troubles alimentaires, de maladies du foie ou des reins devraient éviter de jeûner.

Conclusion

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Il peut être tentant de suivre l’un de ces régimes pour perdre du poids, mais les résultats à long terme sont plutôt décevants. Il est possible de perdre du poids durablement tout en gardant le plaisir de manger.

Le régime méditerranéen, par exemple, préconise une alimentation variée contenant aliments frais et entiers et est centrée autour du plaisir de cuisiner et de manger. C’est aussi l’un des régimes les plus reconnus en médecine préventive, bien qu’il contienne légumineuses, produits céréaliers, produits laitiers et vin rouge, des aliments souvent proscrits des régimes tendance.

Mieux vaut modifier ses habitudes alimentaires, sans interdits alimentaires, afin de viser une perte de poids à long terme.