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Un trio qui a tout pour séduire

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Le trio formé par François Papineau, Maude Guérin et Mylène St-Sauveur qui sont au cœur de la pièce, Vu du pont, d’Arthur Miller, a tout pour séduire. Les excellents acteurs sont parvenus à rendre avec justesse un texte percutant, où une jalousie malsaine aura des répercussions tragiques.

La pièce est principalement fondée sur l’histoire d’une famille d’immigrants italiens, installée dans un quartier modeste de New York, dotée de valeurs très éloignées des nôtres, qui interpellera sans doute beaucoup moins. En revanche, la direction d’acteurs de Lorraine Pintal est impeccable. La performance de François Papineau est si impressionnante qu’elle donnera inévitablement des frissons dans le dos. Quant à celle de Mylène St-Sauveur, elle apporte une belle fraîcheur à la pièce.

Jalousie et possessivité

Porté par une jalousie extrême, Eddie Carbone (François Papineau), un débardeur italo-américain, travaille dans le port de Red Hock. L’homme narcissique est pourvu de sentiments excessifs envers sa nièce de 17 ans, Catherine, (Mylène St-Sauveur) qu’il élève avec sa femme Béatrice, (Maude Guérin), depuis qu’elle est devenue orpheline. Sa relation avec elle est ambiguë. Il la surprotège laissant croire à une idylle amoureuse. Impuissante, Maude Guérin, qui joue admirablement bien la parfaite épouse soumise des années 50, tentera en vain de concilier les problèmes familiaux, tout en cherchant à séduire son mari qui n’a d’yeux que pour sa nièce.

Eddie est à la fois un homme bon et travaillant tout en étant un être aussi narcissique qu’extrémiste. On l’aimera par moment et on le détestera l’instant d’après.

Par solidarité, il acceptera d’héberger les cousins de sa femme entrée aux États-Unis illégalement par bateau qui aspirent à un avenir meilleur. Les deux frères, sans papier, Rodolpho et Marco (Frédérick Tremblay et Maxime Le Flaguais) vivront dans la clandestinité.

C’est principalement lorsque Eddie découvrira que Rodolpho éprouve des sentiments amoureux envers Catherine et qu’il souhaite l’épouser que tout basculera. Non seulement la solidarité familiale sera chose du passé, mais la jalousie maladive d’Eddie et la vengeance prendront le dessus.

La pièce qui fait pratiquement deux heures, sans entracte, compte quelques longueurs. Paul Doucet qui incarne l’avocat et conseiller d’Eddie, Alfieri, brisera à quelques reprises le quatrième mur, incarnant du coup le narrateur apportant quelques précisions à l’histoire, comme si les spectateurs avaient besoin d’explications. Les quelques conseils pourvus d’une grande sagesse qu’il a prodigués à Eddie suffisaient amplement.

On ne s’y rendra pas pour la mise en scène exagérément sombre dépourvue d’artifice, mais plutôt pour les performances d’acteurs qui, à elles seules, méritent le déplacement.


La pièce Vu du pont, à l’affiche au TNM jusqu’au 9 décembre, puis en tournée.