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Haute vitesse permise

Calgary accueillera les sprinteurs québécois dès samedi

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TOMA ICZKOVITS / AGENCE QMI Alex Boisvert-Lacroix (photo) et Laurent Dubreuil pourront exploiter leur vitesse sur la glace rapide de Calgary, en fin de semaine.

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Calgary et sa glace, réputée parmi les deux plus rapides sur la planète, créent une fébrilité dans la Coupe du monde de patinage de vitesse. On le devine, cette idée de filer plus vite n’échappe pas aux sprinteurs québécois, connus pour rôder autour du podium.

« Il n’y a pas de doute que je vais vouloir rouler. Je suis excité, j’ai hâte. J’ai fait un excellent 500 m en Norvège qui m’a redonné confiance », affirme Alex Boisvert-Lacroix, qui avait terminé cinquième le 18 novembre dans la ville de Stavanger, aux abords de la mer du Nord.

Dubreuil : bien exécuter

Cette fois, l’ovale de l’université de Calgary, où se jouera la troisième Coupe du monde de la saison, en fin de semaine, se trouve à 1100 mètres d’altitude. En raison de la densité diminuée de l’air, quatre des 12 records du monde masculins et féminins sur des distances individuelles y ont été réalisés, les huit autres appartenant à l’anneau plus favorable de Salt Lake City.

La perspective de performances rapides, lors de l’unique programme de 500 m de dimanche, ne bouleverse cependant pas les enjeux chez Laurent Dubreuil. Sixième au classement général de cette distance après quatre courses, il ne se laisse pas aveugler par la possibilité d’appartenir au top 5 à l’issue de la quatrième Coupe du monde à Salt Lake City, le 10 décembre, condition qui lui manque pour assurer sa qualification pour les Jeux olympiques.

Sa victoire du 11 novembre dernier à Heerenveen lui rappelle ce qui importera avant tout pour lui à Calgary.

« Je veux juste faire une course avec une belle exécution », souhaite l’athlète de Lévis, 13e et 7e aux deux épreuves à Stavanger.

« Même si j’aimerais terminer parmi les cinq premiers, je suis préparé à l’éventualité que ça n’arrive pas, avoue-t-il. Si ça devient une obsession, tu ne penses plus à la façon d’atteindre un résultat et tu ne fais pas la bonne exécution. Tu vas patiner tendu, sans être fluide. C’est pour ça que j’essaie de ne pas penser à ça. Je veux simplement faire une bonne course dimanche. »

Les rendez-vous sur les deux autoroutes de la vitesse en Amérique du Nord permettront aux spécialistes québécois du sprint de s’exprimer. Alexandre St-Jean, 12e au classement du 1000 m après deux courses, s’élancera également dans le groupe B du 500 m de dimanche.

D’autres priorités

Pour un, Boisvert-Lacroix entend profiter de ce séjour à Calgary pour préparer la sélection olympique canadienne sur 500 m, qui se jouera sur cette même glace, durant la première semaine de janvier. Quitte à avoir décliné l’invitation de participer au sprint par équipe de vendredi, dans lequel le Canada est invaincu en deux courses cette saison !

« C’est le “fun” le sprint par équipe et il va probablement y avoir un record du monde si le Canada gagne parce que ce sera une glace rapide. J’aurais aimé en faire partie, mais c’est une année olympique et il est plus important de consacrer de l’énergie aux choses qui comptent. Pour moi, le plus important est de faire le 1000 m de samedi (groupe B) afin de me préparer pour le 500 m du lendemain », explique le patineur de Sherbrooke.

Enfin une fille en Coupe du monde !

Il reste du chemin à parcourir pour atteindre l’équité homme-femme dans la représentation québécoise en Coupe du monde, mais Noémie Fiset y apporte déjà sa contribution.

En vertu de son quatrième rang au 500 m lors des sélections d’automne, la patineuse de Québec s’est vu attribuer un poste pour cette épreuve de dimanche à la Coupe du monde disputée dans son pays. Une ouverture s’est aussi créée pour qu’elle s’élance à la course de 1000 m de samedi.

Sa présence à Calgary exercera donc un contrepoids à la délégation québécoise, qui comprendra sept patineurs : les spécialistes du sprint Alex Boisvert-Lacroix, Laurent Dubreuil et Alexandre St-Jean, David La Rue (1000-1500 m), Antoine Gélinas-Beaulieu (1500-5000 m), ainsi que Christopher Fiola et Olivier Jean, tous deux à l’épreuve du départ groupé.

« C’est une bonne nervosité. Je trouve ça le fun d’être avec le groupe. Je reviens justement d’une réunion d’équipe où tous ceux qui ont gagné des médailles ont été salués. Être dans un groupe de patineurs qui performent est motivant, encore plus à Calgary, qui est quasiment une deuxième maison pour chacun de nous », nous disait la patineuse âgée de 22 ans, jointe mardi en Alberta.

Disette de sept ans

Il faut remonter à la saison 2009-2010 pour trouver une Québécoise régulière sur la Coupe du monde de longue piste avec Justine L’Heureux. L’entrée d’une patineuse du Centre national d’entraînement Gaétan-Boucher dans les habitudes de l’équipe canadienne pourrait maintenant lancer une nouvelle ère. Après Fiset, la quadruple médaillée des deux derniers Championnats mondiaux juniors, Béatrice Lamarche, cognera à la porte.

« En courte piste, ça fait longtemps que les Québécois dominent. Maintenant, c’est motivant de voir que de plus en plus y arrivent aussi en longue piste. »