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Pourquoi les meilleurs joueurs autonomes ne veulent pas venir jouer à Montréal?

La saga Carey Price a démontré pourquoi les meilleurs joueurs autonomes ne veulent pas venir jouer à Montréal.
Photo Ben Pelosse La saga Carey Price a démontré pourquoi les meilleurs joueurs autonomes ne veulent pas venir jouer à Montréal.

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Enfin, Carey Price est de retour. Fini les spéculations et les mystères. Les trois dernières semaines ont toutefois permis de fournir une réponse claire à la question que je me fais poser depuis 20 ans : pourquoi les meilleurs joueurs autonomes ne veulent pas venir jouer à Montréal ?

Remarquez que le Canadien n’a pas aidé la cause de Price. En voulant le protéger et contrôler le message, le Tricolore a créé l’effet contraire et toutes sortes de rumeurs ont commencé à circuler. Il a même fallu qu’Angela Price, puis Carey, démentent publiquement les rumeurs de divorce imminent.

Le Canadien a déjà assez de problèmes à attirer les joueurs autonomes de premier plan, la direction ne peut se permettre de créer des situations comme celle-ci. Si on avait dit clairement au départ quelle était la blessure de Price et qu’il serait absent pour trois semaines, on aurait évité ce genre de spéculation.

Carapace

Price ne jouait pas bien avant sa blessure et à Montréal, on n’accepte pas les baisses de régime, mais ce sont des choses qui se produisent dans une carrière. Les gens veulent toutefois des explications. Donc, en plus d’avoir à se battre avec ses problèmes de confiance et de santé, Price a eu à justifier sa vie personnelle.

Ça prend toute une carapace pour être un joueur vedette à Montréal et Price semble être imperméable aux critiques, mais quand la famille est touchée, ça complique les choses.

Je suis passé par là quand des membres de ma famille ont eu des problèmes judiciaires. On disait que j’étais fini à Montréal, que je devais être échangé. J’ai vu ça comme un défi et j’ai rebondi. Quand des choses personnelles sont étalées au grand jour parce que tu es un joueur du Canadien, c’est difficile à vivre.

Plusieurs joueurs vedettes ne veulent pas venir à Montréal, justement à cause de ça et c’est encore pire si tu es un Québécois. Il n’est pas étonnant que Vincent Lecavalier et Daniel Brière aient évité Montréal alors qu’ils étaient au sommet de leur art.

Lecavalier m’avait demandé comment c’était de jouer à Montréal et je lui avais dit que pour un joueur vedette, lorsque ça allait bien, que c’était le meilleur endroit pour jouer, mais par contre, que lorsque ça allait mal, que c’était possiblement la pire place.

Lorsqu’un joueur de hockey connaît des difficultés dans une ville américaine, ça passe souvent sous le radar, mais pas au Canada et surtout pas à Montréal. Un joueur vedette peut avoir la carapace pour passer à travers, mais il ne veut pas voir sa famille être exposée à tout ça.

Facteur important

Croyez-moi ! Ce facteur est bien plus important que les taxes et les impôts qu’un joueur multimillionnaire doit payer en plus parce qu’il joue au Québec.

Tout ça complique évidemment le travail du directeur général. En 1995, Serge Savard disait que le Canadien était à un ou deux joueurs près de gagner une autre coupe Stanley, mais c’est difficile d’aller chercher ces joueurs.

Il y a deux ans, le Canadien a tenté d’obtenir David Backes, mais ce dernier ne voulait pas venir à Montréal. On a donc offert un autre contrat à Tomas Plekanec. Je sais bien que Backes est sur la touche présentement avec les Bruins, mais vous comprenez ce que je veux dire. Le Canadien serait une meilleure équipe avec Backes qu’avec Plekanec.

C’est plus difficile d’améliorer ton équipe lorsque les meilleurs joueurs disponibles ne veulent pas s’y joindre et c’est plus difficile au Canada. Ce n’est pas juste l’effet du hasard si aucune équipe canadienne n’a gagné la coupe Stanley depuis 1993.

-Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

Totalement aberrant
C’est anormal qu’on ait davantage parlé de Carey Price dans les trois dernières semaines, alors qu’il ne jouait pas, que lors des trois premières semaines de la saison, alors qu’il jouait mal. Price et Marc Bergevin ont même dû tenir un point de presse afin de clarifier la situation médicale. C’est aberrant. On aurait dû dévoiler la blessure de Price dès le départ. D’ailleurs, l’entraîneur des Stars de Dallas, Ken Hitchcock, s’est payé la tête du Canadien la veille de leur duel en disant que la nature des blessures devrait être rendue publique et que Marc Methot raterait entre quatre et six semaines de jeu pour avoir subi une arthroscopie au genou droit.
 
Injuste pour Lindgren
J’ai avalé mon café de travers lorsque j’ai appris que Charlie Lindgren avait été retourné au Rocket de Laval. Quelle injustice ! Le jeune se défonce, il relance son équipe et on lui préfère Antti Niemi. Quel message lui envoie-t-on, d’autant plus que Niemi a une bonne relation avec Marc Bergevin et Stéphane Waite ? Pourquoi ne pas faire confiance à un jeune de l’organisation ? Si on envoie Niemi à Laval et qu’on le perd au ballottage, tant mieux. On n’aura pas à le payer et ça règle un problème. Après Cristobal Huet et Jaroslav Halak, on tasse encore un gardien qui pourrait mettre un peu de pression sur Carey Price.
 
L’équipement de Price
Carey Price a bien paru contre les Sabres, samedi. Afin de retrouver sa confiance, il a changé son équipement de A à Z, même son masque, question de chasser tous les doutes. Les gardiens sont comme ça et je ne fais pas exception. Lorsque j’étais au Colorado, j’avais connu un mauvais début de saison et je cherchais des solutions. J’ai mis fin à une entente avec la compagnie d’équipement I-Tech qui me rapportait 350 000 $. J’ai appelé mon ancien manufacturier, Vaughn, et je lui ai demandé de m’envoyer du stock sans aucune commandite. La plupart du temps, ce n’est pas l’équipement le problème, mais plutôt le mental.