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École et nostalgie

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En parcourant la lettre ouverte de Gilles Laporte, porte-parole de la Coalition pour l’histoire, qui sous-entend une emphase trop prononcée sur la pédagogie au détriment des connaissances disciplinaires dans les facultés des sciences de l’éducation, je me remémorais tous ces textes parus dans les médias faisant l’apologie de l’école d’antan avec sa discipline et sa rigueur, sans internet pour distraire et ses pupitres bien rangés. Leurs auteurs oublient cependant trop facilement que cette école-là constituait un échec retentissant avec son taux de diplomation avoisinant les 15 %.

Intéresser l’apprenant

Dans la foulée des États généraux sur l’éducation, le gouvernement québécois a mis en œuvre une vaste réforme de son système scolaire qui mettait en sus l’accent sur la pédagogie et qui ouvrait sur la perspective d’apprendre à apprendre. Cette réforme n’a pas été sans tache, mais elle correspond à l’évolution des connaissances sur la manière d’apprendre et s’inscrit dans la conception d’un apprentissage tout au long de la vie.

Les nostalgiques de l’école d’autrefois nourrissent a posteriori leurs regrets d’un temps passé magnifié sans l’avoir vécu et veulent faire croire que les connaissances ont été sacrifiées au nom de la gestion de classe. Ils gomment probablement leurs souvenirs d’enseignants savants qui se révélaient d’une platitude désopilante dans la salle de cours. L’éducation est une relation entre l’éduquant et l’éduqué. La tête bien remplie de connaissances du premier n’assure pas que la tête du second le deviendra par de simples déclamations dans un cours.

Formation continue

Il est vrai que les étudiants sortent des universités avec le sentiment qu’elles ne les ont pas préparés adéquatement à la profession de l’enseignement. C’est normal à une époque où le développement des connaissances est exponentiel et où la formation continue devient incontournable. Le devoir impératif de l’État serait de la faciliter pour éviter aux enseignants d’histoire et à d’autres de faux débats !