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La « novlangue » de Manon Massé

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Au prochain Festival des humoristes, l’ancien de Gilbert ou le nouveau de Martin, on devrait avoir une soirée spéciale « politiciens ». Et Manon Massé viendrait dérider les foules en faisant la liste des propositions loufoques de Québec solidaire.

« On va nationaliser les banques. » Mouhahaha. « On va bannir la publicité dans les médias. » Hihihihihi. « On va éliminer tous les mots liés au patriarcat néolibéral privilégié oppresseur hétérocentriste et occidentalocentriste. » Hahahahaha.

On va rire un bon coup.

LA POLICE DE LA LANGUE

Hier, Le Journal nous apprenait que Québec solidaire gommait le mot « patrimoine », jugé trop masculin, pour le remplacer par « héritage culturel ». Mais c’est complètement absurde, parce que, justement, des mots comme « patrie », « patrimoine », « patrimonial » font partie... de notre héritage culturel !

Manon Massé vient de nous montrer qu’elle parle couramment la « novlangue », cette langue inventée dans le roman 1984 de George Orwell. Dans ce roman à glacer le sang, les autorités imposent un langage officiel pour empêcher toute forme de pensée critique. On nivelle vers le bas. Orwell a écrit ce roman pour dénoncer les dérives extrémistes. Il se retournerait dans sa tombe s’il voyait de quelle façon un parti politique, en démocratie, veut réécrire l’histoire.

Quand la nouvelle est sortie hier, même le site satirique La Pravda (qui offre toujours des manchettes complètement inventées) a demandé sur Twitter au Journal : « Vous êtes certains que c’est pas de nous ce texte ? » On aurait en effet pu croire que c’était une parodie. Pour caricaturer Québec solidaire, pas besoin d’attendre au Bye Bye 2017 : ils sont très bien capables de se ridiculiser eux-mêmes.

Un coup parti, pourquoi est-ce que Québec solidaire se contente du terme « héritage culturel » ? Pourquoi ne pas adopter matrimoine ? Mais là encore, ce ne serait pas assez politiquement correct. Il faudrait avoir un nonbinairemoine, un transmoine, un gaimoine, un lesbimoine, un cismoine, un bimoine, un queermoine (pour Cœur de pirate) et pour les peuples autochtones, un deuxespritsmoine. Sans oublier le racisémoine pour les communautés culturelles et, bien sûr, l’intersectionnelmoine pour les personnes qui subissent plusieurs formes de discrimination.

LES YEUX BROUILLÉS

La semaine dernière, je vous ai parlé de mon exaspération face aux tapons texteux, qui envoient des SMS en plein spectacle. J’ai reçu un courriel de Tom Fermanian que je voulais partager avec vous.

« Nous opérons le Cinéma Pine à Sainte-Adèle depuis presque 70 années. Depuis l’avènement des cellulaires, nous avons fait des recherches en ce qui concerne les brouilleurs d’ondes. La technologie existe, mais est illégale au Canada.

« [...] On clame en exemple qu’un médecin pourrait manquer un appel et un patient perdrait peut-être la vie, etc. Avant l’avènement de ces appareils, un médecin qui venait au cinéma avertissait le gérant, nous demandait notre numéro, avertissait qui de droit où appeler s’il y avait une urgence. Pendant des années, nous avons souvenance d’une fois où nous avons dû aller chercher quelqu’un durant une séance.

« Bref, pouvoir utiliser ces brouilleurs, avec une affiche à l’entrée des commerces avertissant du non-fonctionnement des ‘‘cellulaires’’, réglerait un épouvantable fléau avec lequel nous devons vivre dans nos salles. »

Intéressant, non ?