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Le sommeil, c'est pour les faibles

Le sommeil, c'est pour les faibles
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« La personne qui a inventé la privation de sommeil comme méthode de torture n’est pas un génie, mais un parent. »

-citation inconnue, mais je doute d’être la première à avoir la réflexion.

Réflexion que j’ai eue à plusieurs reprises entre 4 :22 hier matin et 3 :41 ce matin. Ben oui, mon enfant a encore décidé que le sommeil était pour les faibles. Avant lui, c’était Numéro Deux. Pis avant lui, c’était Numéro un. Pis avant lui, c’était ma vessie.

Dans le fond, la parentalité, c’est principalement survivre à la privation de sommeil. Pas étonnant, à ce compte-là, que Nabob et Folgers fassent des affaires en or et que le café équitable ne soit pas à la portée de plusieurs couples propriétaires de bambins : on en consomme trop pour pouvoir se payer le luxe du bon café!

Mais ça a du bon, aussi, cette phase-là. J’ai eu la chance de découvrir des aptitudes que je ne croyais pas posséder. Par exemple, au cours des sept dernières années, j’ai développé ma souplesse, quand enceinte je devais parvenir à m’endormir avec un coussin entre les deux jambes pour mon sciatique, un oreiller dans le dos pour pas rouler sans être capable de me retourner ensuite, pis une serviette en tapon sous la bedaine. À refaire à chaque fois que l’envie de pipi te pogne, soit une dizaine de fois par nuit.

Parlant de souplesse, j’ai appris à dormir dans toutes les positions possibles : dans la chaise berçante, avec bébé dans les bras; sur le plancher à coté du lit, en lui tenant la main à travers les barreaux; dans son lit, sur la mince ligne de matelas qui reste pendant que lui, fait l’étoile; dans mon lit, sur le côté, un sein à l’air en train de ronfler, bébé collé (et en sécurité, gardez vos pots de fleurs) contre moi. Dernièrement, j’ai même perfectionné ma flexibilité en prenant tout simplement place dans la couchette de monsieur, car tsé-veux-dire, ça lui prenait sa mère.

On apprend à apprécier la pertinence des « power naps », ces micro endormissements qu’on ne peut pas vraiment éviter, après quatre nuits de quatre heures entrecoupées. Je ne m’étais jamais douté d’à quel point cinq minutes les yeux fermés peuvent te requinquer une mom, avant la naissance de monsieur Numéro Deux, aussi connu sous le nom de « Cri Strident qui Déchire la Nuit ».

J’ai appris que je pouvais devenir patiente! Oui, oui! Tsé, quand tu rêves depuis ton réveil à la sieste de l’après-midi, mais que ton adorable rejeton, lui, en a décidé autrement. Ben tu aiguises ta patience! Encore une belle chose découverte grâce à l’épuisement!

Moi qui ai toujours cru que je chantais comme une casserole et que ma culture en matière de comptines et berceuses était limitée, ben j’ai découvert que je fredonnais juste! Yes! Nul ne peut fausser à coup de hmm-hmm. Pis mes enfants sont trop jeunes pour se rendre compte que quand je me retrouve à court de chansons douces, j’adapte les hymnes nationaux. Vous pouvez pas imaginer le nombre de fois que j’ai travesti le O Canada en toune pour endormir bébé.

Ou que mes hmm-hmm, justement, camouflaient une chanson de Nirvana. Metallica se fredonne bien, aussi, tout comme Justin Bieber, mais c’est possible que votre conjoint vous juge s’il vous entend dans le moniteur de bébé. Mon chum a même composé une chanson pour chacun d’eux, au fil des nuits blanches.

Mon groove s’est amélioré, avec le manque de sommeil. Que celui qui n’a jamais dansé pour tenter d’endormir son enfant me jette la première doudou en mousseline! J’ai eu le loisir, avec chacun des miens, de développer une chorégraphie personnalisée. Et c’est sans compter l’activité pas rapport qui l’apaise. Mon dernier, lui, c’est de passer la balayeuse en portage. Poussière de dodo assurée! Pour lui. Me reste à trouver une façon pour m’endormir, moi, pendant que je lave le plancher, tout en ayant mon coco scotché dans le dos, maintenant.

Sans blague, le manque de sommeil peut aussi causer bien des soucis. Je suis pas mal convaincue qu’il m’est arrivé de prendre le volant avec les facultés affaiblies par l’épuisement et que ma capacité d’attention est maintenant fortement handicapée. Je sais ben pas, hein, si ça se récupère, les neurones qui ont explosé à force d’avoir les yeux tenus ouverts par des cure-dents et l’esprit éveillé par la caféine?

Pis tsé, les engueulades sans queue ni tête avec tout le monde et personne, à propos de tout et n’importe quoi? Ben tu penses que c’est causé par quoi? Le déficit de sommeil.

Mais au fond de moi, même à trois heures du matin, juste après avoir un peu perdu toute trace de patience et avoir un peu crié de désespoir dans ma tête, je sais que ça passe. Je sais qu’un jour mes enfants vont me repousser quand je vais les prendre dans mes bras pis que quand ça va se passer, je vais donc ben vouloir retourner à la période que je vis en ce moment. C’est pour ça que mon chum et moi, on toffe la run. On prendrait juste un peu plus de repos. Mais en attendant, on va se contenter de réchauffer notre café cheap!