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Tiger flaire ses repères

L’ancien numéro un mondial de retour au jeu après une absence de 10 mois

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Photo AFP Tous les regards seront tournés à compter d’aujourd’hui vers Tiger Woods.

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Tout près de 10 mois après avoir disputé son dernier tournoi en raison de douloureux spasmes au dos et huit mois après une autre délicate intervention chirurgicale, Tiger Woods est de retour au jeu.

Il participe dès aujourd’hui au tournoi Hero World Challenge dans l’île de New Providence, à Nassau dans les Bahamas. Depuis plusieurs mois, les histoires du « Tigre » ont fait couler l’encre. Il n’a pas été uniquement question de son futur dans les allées après une panoplie d’interventions chirurgicales.

Ses démêlés avec la justice depuis son arrestation, le 29 mai à Jupiter Island, en Floride, pour conduite avec les facultés affaiblies ont évidemment retenu l’attention. Le golfeur maintenant âgé de 41 ans n’en était pas à ses premières frasques loin des clubs de golf. On se souviendra que lors du week-end de l’Action de grâce en novembre 2009, il avait été impliqué dans un accident de la route après une dispute conjugale avec son ex-femme Elin Nordegren en raison de ses adultères.

Réveil brutal

Lorsque Woods s’est présenté sur la tribune de presse cette semaine à Nassau, il a évité le dossier de sa récente arrestation. En un mot, il a répondu ne jamais avoir visionné la vidéo captée par les policiers au bord de la route dans la nuit du 29 mai. Cette histoire lui a toutefois servi de réveil brutal alors qu’il avalait d’importantes quantités de médicaments antidouleur. En raison des douleurs insoutenables au dos, il a raconté qu’il avait de la difficulté à bouger et mener une vie normale.

C’est pourquoi il était passé sous le bistouri une huitième fois, selon son décompte chirurgical. En avril dernier, il avait subi une délicate intervention visant à souder les vertèbres L5 et S1. Depuis, les douleurs qui descendaient jusque dans ses jambes ont diminué et disparu.

Le vainqueur de 79 tournois dans le circuit de la PGA et champion de 14 titres majeurs bataillait contre sa condition précaire depuis trois ans.

« Je n’avais jamais réalisé comment mon état de santé s’était détérioré, car ça s’est produit lentement. Je n’avais pas compris jusqu’où j’avais chuté en raison des limites de mon dos. Je ne sais pas comment j’ai réussi à performer, même en 2013 », a relaté celui qui avait gagné cinq tournois à ses 16 événements cette année-là.

C’est d’ailleurs lors du Barclays au club de golf Liberty National, à la fin août 2013, qu’il avait ressenti ses premiers spasmes majeurs.

« Vivre avec ces douleurs intenses depuis quatre ans, croyez-moi, ce n’est vraiment pas agréable », a souligné l’athlète de 41 ans, l’air décontracté pour ce rendez-vous attendu par la presse.

Rapides progrès

S’il avait signalé n’avoir aucune idée du moment de son retour au jeu, lors de la Coupe des Présidents, au New Jersey, à la fin septembre, Woods a admis qu’il a fait des progrès rapides dès qu’il a reçu le feu vert des médecins. Jusqu’à ce moment limité à des coups d’approche d’au plus 60 verges, il a pu graduellement ajouter de la puissance, non sans exprimer une certaine crainte de se blesser à nouveau.

« Quand on m’a dit que je pouvais frapper à pleine puissance, je me demandais comment mon dos réagirait. Je me questionnais à savoir si ma pleine puissance signifierait celle d’un gars qui frapperait dorénavant 240, 250 ou 260 verges.

« J’ai pris plusieurs jours, voire une semaine, avant de vraiment me sentir à l’aise avec mon élan, a ajouté celui qui se dit moins flexible en raison de la fusion. Quand j’ai senti que je pouvais frapper avec plus de puissance, j’ai recommencé à jouer des rondes d’entraînement. »

Cet automne, il a entre autres titillé la petite balle blanche avec Dustin Johnson, Jordan Spieth, Justin Thomas et Rickie Fowler. Des expériences qui lui ont permis de reprendre confiance.

Et l’avenir ?

Ce week-end sera une importante étape dans son retour progressif au jeu. Questionné de toutes parts quant à son avenir à court terme, soit la planification du calendrier 2018 du circuit de la PGA, Woods a refusé de mettre la charrue devant les bœufs.

« J’apprends encore ce que mon corps peut et ne peut pas faire. Ça prendra un peu de temps. Je ne sais pas tout à fait où j’en suis rendu dans mon cheminement quant à savoir comment je peux frapper et quel coup choisir. J’aimerais donner des réponses, mais je ne sais pas. Ce que je veux, c’est pouvoir performer durant quatre jours. »

Ses blessures au fil des ans

Décembre 2002 : Intervention chirurgicale au genou gauche. Il rate quelques semaines de l’entre-saison.

Avril 2008 : Arthroscopie pour réparer le cartilage du genou gauche. Il est à l’écart du golf durant 2 mois. À son retour, il remporte l’Omnium des États-Unis à Torrey Pines.

Juin 2008 : Après sa victoire, il subit une chirurgie reconstructive du ligament croisé antérieur au genou gauche. Il ratera 8 mois d’activités.

Mai 2010 : Des douleurs au cou lui créent des ennuis. Il revient au jeu 1 mois plus tard.

Avril 2011 : Blessure au genou gauche et au tendon d’Achille. Il se retire de manière préventive.

Mai 2011 : Cette blessure s’aggrave. Il souffre d’une entorse du ligament collatéral médial et d’une entorse du tendon d’Achille. Il est à l’écart du jeu durant 3 mois.

Mars 2012 : Autre blessure au tendon d’Achille qui le force à rater 2 semaines.

Juin 2013 : Une entorse au coude gauche le force à rater plusieurs semaines.

Mars 2014 : Il éprouve des spasmes dans le bas du dos en ronde finale de la Classique Honda. Il déclare forfait. Plus tard, il annonce qu’il a subi une chirurgie pour décoincer un nerf.

Août 2014 : Ses douleurs au dos prennent de l’ampleur après un faux mouvement. Il se retire de l’Invitation Bridgestone.

Février 2015 : Il se retire de l’Omnium Farmers Insurance en raison de douleurs au dos.

Septembre 2015 : Il annonce avoir subi une deuxième microdiscectomie au dos pour retirer un fragment de disque lombaire qui coinçait un nerf. Il déclare forfait à plusieurs tournois auxquels il était inscrit. Il sera à l’écart durant 15 mois.

Octobre 2015 : Il annonce qu’il a subi une autre chirurgie au dos à la suite de sa microdiscectomie pour diminuer l’inconfort.

Septembre 2016 : Il annonce qu’il participera au premier tournoi de la saison de la PGA, l’Omnium Safeway, en octobre. Il se désiste par la suite.

Novembre 2016 : Il prend le départ du World Hero Challenge aux Bahamas, où il retranche 4 coups à la normale après 4 rondes.

Janvier 2017 : Il est à l’Omnium Farmers Insurance et ne peut résister au couperet.

Avril 2017 : Il annonce qu’il a subi une autre délicate chirurgie au dos. Afin de diminuer les douleurs vives, ses vertèbres L5 et S1 ont été fusionnées.

29 mai 2017 : Il est arrêté à Jupiter Island, en Floride, pour conduite avec les facultés affaiblies. Il bâtit sa défense autour du cocktail de cinq médicaments antidouleur qu’il avait avalés (Vicodin, Dilaudid, Xanax, Ambien et traces de THC). Le 29 octobre dernier, il a plaidé coupable. Comme sentence, il doit faire 50 heures de travaux communautaires en plus de payer une amende de 250 $. Après les évènements, il avait suivi un programme d’aide pour sa dépendance aux médicaments.

► Nombre de victoires dans sa carrière : 90

► Nombre de semaines au sommet du ­classement mondial : 683

► Gains totaux en carrière dans le circuit de la PGA : 110 061 012 $

► Dernière victoire majeure : Omnium des États-Unis 2008

« Je veux lui botter le derrière » – Justin Thomas

Avec l’aura qu’il trimballe sur le parcours, sa férocité en pleine bataille, l’homme aux 14 titres majeurs ne recevra aucun traitement de faveur de ses adversaires.

La palme de la citation de la semaine revient toutefois à Justin Thomas, grand champion de la coupe FedEx 2016-2017 et aussi élu golfeur de l’année.

« Je suis probablement aussi excité que n’importe qui à le voir jouer. J’ai un siège en première rangée jeudi [aujourd’hui]. Pour être parfaitement honnête, je veux juste lui botter le derrière », a lâché, blagueur,

Thomas à propos de l’homme aux 79 victoires dans le circuit de la PGA et 14 consécrations majeures. Tiger a répliqué, hier, en exprimant le même souhait.

« Évidemment, il y a d’autres joueurs. Toutefois, personne ne peut faire bouger l’aiguille (de l’audimat) comme lui, même de nos jours, a-t-il ajouté. S’il avait gagné 15 tournois et deux majeurs, peut-être que les gens ne seraient pas si intéressés. Mais ce n’est pas le cas avec toutes ces victoires. »

Parmi les 18 joueurs présents au Hero World Challenge cette semaine au club de golf Albany, la crème de la crème, c’est avec lui que voulait jouer Woods à son retour à la compétition. Il lui en avait fait la demande il y a quelques semaines lors d’une partie amicale. À la blague, Thomas n’avait pas voulu lui répondre sur-le-champ.

Fier athlète, le « Tigre » veut prouver à la nouvelle génération qu’il peut encore rivaliser. Il désire qu’elle sente son souffle dans les moments fatidiques comme lorsqu’il enfilait son fameux chandail rouge le dimanche à ses meilleurs jours. Après tout, c’est grâce à lui si les Daniel Berger, Jordan Spieth, Dustin Johnson et compagnie peuvent empocher de généreuses bourses.

Accueil chaleureux

Dès 1997, Woods a donné un véritable élan au golf. C’est la génération qui l’a vu dominer et exécuter des coups incroyables. Les Berger, Spieth et Thomas avaient encore la couche aux fesses, eux qui sont maintenant âgés de 24 ans.

Les golfeurs n’ont pas manqué de saluer son retour. « C’est plaisant de le revoir, c’est positif, a exprimé Rickie Fowler. On veut tous qu’il performe bien. Personne ne lui souhaite de malheur. On ne serait pas là sans ce qu’il a fait. J’espère que ce sera concluant après toutes ses chirurgies. Il semble à l’aise sur le parcours et plus confiant. »

« Les gars de ma génération qui ont récemment percé le milieu n’ont pas vu Tiger à son meilleur, a noté le Japonnais Hideki Matsuyama, vainqueur du Hero World Challenge l’an dernier. S’il revient au sommet, il sera le favori et il gagnera beaucoup de tournois. Je suis excité de voir ce qu’il fera. J’espère rivaliser avec lui et être meilleur. »

Dans le calepin...

  • Si Dustin Johnson a nargué à la blague Tiger Woods sur la distance de ses coups de départ cette semaine, le « Tigre » a montré qu’il avait retrouvé sa puissance sur les tertres. Lors du pro-am hier, Woods a cogné sa balle à 340 verges au septième trou pour atteindre le vert de cette normale 4. Il a pu utiliser son fer droit pour caler un roulé de 20 pieds afin d’inscrire un aigle. Évidemment, les réseaux sociaux se sont emballés après ce fait d’armes.
  • Le président américain Donald Trump joue-t-il trop souvent au golf ? Après sa première année au pouvoir, il comptait déjà 81 jours sur les allées, soit trois fois plus que son prédécesseur Barack Obama. Faut-il rappeler qu’il l’avait écorché à ce sujet sur Twitter, tiens donc, en septembre 2012 et octobre 2014. Durant ses huit années à la Maison-Blanche, Obama a joué 333 rondes, selon un rapport de la chaîne CBS. Au rythme actuel, si Trump devait prolonger sa présidence jusqu’en 2024, il jouerait un total de 648 rondes !
  • Trump est sur la bonne voie... Durant les festivités de l’Action de grâce la semaine dernière, il a passé quatre jours de suite sur les allées. Il a d’abord joué avec Tiger Woods, Dustin Johnson et Brad Faxon vendredi au Trump National, en Floride. Le lendemain, « POTUS » était accompagné de Jack Nicklaus et de son fils Gary sur un parcours de West Palm Beach.
  • Adam Scott remettra dans son sac le fameux fer droit à longue tige flirtant avec les règles. Si le point d’ancrage est interdit depuis la saison 2016, Bernhard Langer et Scott McCarron n’ont pas cessé d’utiliser la méthode controversée même s’ils n’ancrent pas le bâton à leur corps. Ils ont démontré des statistiques intéressantes, ce qui a mis la puce à l’oreille de l’Australien, qui a perdu ses repères sur les verts depuis deux ans.