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Un village en trois dés: du bien pour l’âme

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Après une petite parenthèse musicale l’an dernier, Fred Pellerin est de retour dans son univers de prédilection: les contes. Pour son sixième spectacle de légendes, Un village en trois dés, dont la première montréalaise avait lieu jeudi au Théâtre Maisonneuve, l’artiste de Saint-Élie-de-Caxton a voulu se pencher sur la création des villages québécois.

La création de Saint-Élie

Passionné de son village de Saint-Élie-de-Caxton, Fred Pellerin indique avoir creusé au niveau historique sur son patelin. À sa grande surprise, il s’est rendu compte que son village n’avait pas toujours existé. « À 15 ans, ils nous apprennent le big bang. Saint-Élie ne pouvait pas exister avant l’univers. » Le conteur relate ensuite l’histoire de sa visite des voûtes de Saint-Élie, avec Odette Villemure. « Quand t’appelles au village et tu fais le zéro, c’est elle qui répond. Le 0, c’est le début de son nom. » Le conteur n’a pas perdu son humour.

Décor propice à l’intimité

C’est éclairé par un simple projecteur que Fred Pellerin amorce son spectacle. Sur scène, on n’y retrouve qu’une chaise, deux guitares, et quelques cordes pour faire sonner la cloche de l’église. Sans perdre une seconde, le conteur raconte l’histoire de deux curés qui avaient dû jouer aux dés pour savoir lequel se rendrait fonder un futur village. Celui qui a perdu « par défaut » s’appelait Élie...

Plusieurs personnages

Comme à son habitude, Fred Pellerin mentionne de nombreux personnages dans ce nouveau spectacle. Gens fictifs ou réels ? Seul le conteur détient la vérité. Mais il mentionne notamment Toussaint Brodeur, Méo le barbier du village, Madame Gélinas et ses 473 petits gars, le forgeron du village qui sacrait, la veuve de Saint-Barnabé Nord à la tête d’un troupeau de 100 vaches, Alice la postière du village et le gros Charles qui était un « Wikipédestre, une encyclopédie livrée pour vous ».

Chansons chuchotées

À travers ses diverses histoires, Fred Pellerin pousse la chansonnette à six reprises dans la soirée. En plus de deux des pièces de ses albums (Gens du vieux rêve, Rentrer chez nous), le conteur nous sert de très belles reprises de Martin Léon (Je redeviens le vent), Daniel Lavoie (Je m’envolerai) et Gilles Vigneault (Le grand cerf-volant). Ces chansons en version chuchotées servent très bien d’intermèdes entre les histoires.

La postière et la petite fille

Dans ce Village en trois dés, Fred Pellerin s’attarde principalement sur deux personnages : la postière Alice (« elle riait comme une tourterelle qui déboule l’escalier blessée à l’aile ») et la petite fille aux cheveux blancs ( « elle avait de la statique, elle ressemblait à un pissenlit »). Ses récits, toujours très colorés et imagés emmènent immédiatement le public dans un autre univers.

LE VERDICT

Il n’existe qu’un seul Fred Pellerin. Et pour cette nouvelle création, le charme du conteur opère encore énormément. On l’écouterait raconter pendant des heures ses nombreuses fabulations originales sorties d’un imaginaire qui semble sans fin. Un spectacle qui fait du bien à l’âme.