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Le budget libéral du patronat

Budget Leitao
SIMON CLARK/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

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Le budget libéral du patronat: facile à démontrer

Le dernier budget libéral provincial du 21 novembre 2017 du ministre banquier des Finances, Carlos Leitão, et du premier ministre Philippe Couillard, issu d’un fonds spéculatif en santé très et beaucoup privé, est venu confirmer le fait que le PLQ est inféodé et corrompu par le patronat : «Couillard corrompu» (La Presse Canadienne, 12 novembre 2016). Ça, c’est difficile à nier à moins que ... Jamais les gouvernements Charest et Couillard n’ont osé formuler une politique défavorable au patronat et aux fortunés. Je vous mets au défi de m’en trouver une seule. Seulement des mesures privilégiant les privilégiés et défavorisant le monde ordinaire.

 

 

Le patronat milite toujours pour moins de public

Commençons notre récit par cet énième épouvantail lancé par les boss lors d’un budget antérieur : «Budget québécois. Des programmes sociaux trop généreux, selon le patronat» (Le Devoir, 17 février 2014). Message alors de la réélection du PLQ en 2014, autre source de joie profonde pour ceux qui dictent la marche à suivre : «Le milieu des affaires se réjouit du Cabinet Couillard» (Le Devoir, 24 avril 2014). Je comprends donc qu’ils sont comblés par un cabinet ministériel formé de gens provenant des banques et de gros privé.

 

 

Faut donc couper en comparant le Québec à la Grèce

Alors pour charcuter sans justification sérieuse les services publics, il faut faire peur aux gens afin de les dégraisser sinon le Québec va faire faillite. Pour cette campagne de peur permanente, le PLQ peut compter sur l’appui indéfectible de ses universitaires lucides comme les Godbout, Gagné, Montmarquette et Cie qu’il nomme à toutes leurs commissions. Bien évidemment, pour alarmer la population, alors que la situation financière du Québec est bien et même mieux que plusieurs pays occidentaux, il faut mentir sur la dette publique de la province. Même si depuis plusieurs années les firmes de notation Moody’s et Standard & Poor’s augmentent la cote de crédit du Québec de A+ à AA-, ce qui fait que : « Standard & Poor’s : la cote de crédit du Québec meilleure que celle de l’Ontario» (La Presse, 17 juin 2017).

 

 

Les ordres sont les ordres: faut alléger et ratatiner

Sans véritable motif sérieux, le PLQ coupe drastiquement dans tous les programmes sociaux et advienne que pourra pour la plèbe. Oubliez ça, il ne faut surtout pas couper dans les subventions aux entreprises et aux écoles privées, qui sont ici les plus élevées en Amérique du Nord. Il ne faut pas non plus augmenter l’impôt sur le revenu des banques riches à craquer et des fortunés comme vient pourtant de le recommander le Fonds monétaire international : «On devrait augmenter les impôts des plus riches, estime le FMI» (Le Devoir, 12 octobre 2017). Au PLQ, on ne mord jamais la main de ceux qui nous nourrissent, nous financent et nous emploient après le service politique. Alors, commence le travail de destruction : «Le déficit zéro prime sur les services, dit Philippe Couillard» (Le Journal de Montréal, 23 septembre 2015). C’est assez clair pour vous?

 

 

L’obsession du déficit zéro, seulement au Québe

Nommez-moi donc une autre province au pays, même l’Ontario et l’Alberta, et un autre pays occidental, même les States de Trump pourtant très à droite, qui est en situation de surplus budgétaire après avoir appliqué de sévères et rapides mesures d’austérité? Aucun. Même que les organismes internationaux sérieux comme le FMI, l’OCDE et l’ONU ont encouragé les pays à investir des fonds publics dans l’économie et ont même, à cet effet, félicité Justin Trudeau d’avoir agi ainsi, ce qui est tout le contraire du PLQ : «Étude du l’OCDE. Le Canada a pris les bonnes mesures» (Le Devoir, 14 juin 2016). Même qu’en 2014, le FMI conseillait ceci aux États : «Continuez et endettez-vous. Emprunter pour investir dans les infrastructures permettra de générer de la croissance» (Le Devoir, 1er octobre 2014).

 

 

Le mensonge de la croissance économique supérieure

Ah qu’ils sont drôles les ténors du PLQ et leurs économistes universitaires. Ils prétendent que les mesures de «rigueur» appliquées par le PLQ ont permis au Québec de connaître une croissance économique phénoménale au cours des deux dernières années. C’est drôle, le Canada et l’Ontario eux ont adopté des politiques diamétralement opposées au PLQ (augmentation du déficit public et hausse des investissements publics) et ont expérimenté une croissance supérieure, la faible valeur du dollar canadien aidant : «L’Ontario veut faire payer les riches» (La Presse, 2 mai 2014). Un gouvernement libéral différent en Ontario, n’est-ce pas? Puis : «Pendant ce temps en Alberta : déficit et hausses d’impôts» (La Presse, 27 mars 2015). Hausses d’impôts et même pas instauration d’une taxe provinciale à la consommation, eux qui n’en ont pas alors que le Québec à celle la plus élevée en Amérique du Nord.

 

 

La caste inférieure frappée de plein fouet

Les mesures draconiennes appliquées par le PLQ ont affecté encore plus le monde ordinaire et les ont appauvris comme l’a signalé Couillard lui-même : «Les coupes ont touché les plus vulnérables» (Le Devoir, 23 septembre 2015). Et aussi, le PLQ reconnaît que : «Québec admet que nous avons moins d’argent dans nos poches» (Le Journal de Québec, 30 mai 2015). Moins d’argent dans nos poches suite à l’augmentation des frais de garderie, des frais de garde à l’école, des primes de l’assurance automobile, des tarifs d’électricité, etc. Le PLQ n’a que de l’empathie pour qui au juste?

 

 

Pas question de réinvestir dans les services publics

Le Devoir a choisi un bon titre pour qualifier le dernier budget Leitão : «L’éducation et la santé passent après les baisses d’impôts» (Le Devoir, 22 novembre 2017). Et on aurait pu ajouter les garderies publiques, les Centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD), l’aide aux pauvres, etc. Annoncer des «réinvestissements» aussi ridicules dans la santé et l’éducation après avoir retranché des milliards de dollars est carrément méprisant et fait insulte à l’intelligence des gens.

 

 

Le PLQ comme Trump

En Ontario et en Alberta, les gouvernements ont augmenté l’impôt des nantis comme l’a aussi fait Justin Trudeau, qui en plus, a pris soin de réduire l’impôt de la classe moyenne. Mais, le PLQ tout comme son semblable politique Donald Trump ont cru bon de diminuer les impôts sauf que le président des États-Unis a pris bien soin de ne pas réduire le taux d’impôt des plus riches Américains qui restera à 39,5% au fédéral seulement.

 

Ici au Québec, le PLQ a annulé la taxe santé, qui était en fait un impôt progressif. Cela va privilégier surtout les nantis. Et la baisse du taux d’impôt de la première fourchette d’imposition de 16% à 15% va aussi bénéficier aux fortunés. La belle affaire! En fait, ce budget va davantage accroître les scrupuleuses inégalités économiques. Vraiment décourageant.

 

En finir avec les services publics

Le but ultime visé est évident pour le PLQ et le patronat. Faut arriver à «brainwasher» la population, la soumettre totalement pour que les gens en viennent à se dire qu’il est normal d’attendre 15 heures à l’urgence; de ne pas avoir de médecin de famille; pas de service de physiothérapie : «Plus de 18 000 québécois en attente» (Le Devoir, 30 octobre 2017). Normal aussi d’avoir les pires urgences en Occident; d’avoir des écoles publiques pleines de moisissures, sans gymnase, sans bibliothèque et bondées : «Visite guidée dans des écoles surpeuplées» (Le Devoir, 2 septembre 2017); de payer entre 11.25$/h à 14$/h les préposées aux bénéficiaires dans des résidences de personnes âgées ou en perte d’autonomie, etc. Une société «moderne» au profit de qui?

 

Faut donc obliger, par la force des choses, le monde à se tourner vers les services privés de santé d’éducation, de garderies, etc. qui lui coûtera énormément plus cher et qui l’appauvrira encore plus. Le système de santé aux États-Unis est privé et est de loin le plus cher au monde sans être plus efficient.

 

Pour finir, une autre tromperie signée Couillard

Pas plus tard qu’au mois de juin 2017, donc il y a à peine 5 mois, Couillard et Leitão avaient fermé la porte aux baisses d’impôt : «Surplus budgétaire. Couillard estime avoir déjà donné les baisses d’impôt qu’il avait promis» (Le Devoir, 23 juin 2017). Plus hypocrite que ça, tu meurs. Et voilà que 5 mois plus tard, Leitão et lui ont changé d’idées suite aux pressions de qui vous pensez?