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Dans la tourmente, le numéro deux de l'UPAC quitte ses fonctions

L'UPAC
Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal À la suite des révélations de notre Bureau d’enquête, Marcel Forget a démissionné de l’Unité permanente anticorruption.

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Soutenant que son intégrité a été ébranlée par des révélations de notre Bureau d’enquête, l’UPAC a annoncé jeudi la démission de son numéro 2, Marcel Forget.

Dans un communiqué, le commissaire Robert Lafrenière a affirmé que les articles publiés à ce sujet « ne font qu’ébranler l’intégrité » de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Selon l’UPAC, bien qu’aucun « acte illégal » ne lui soit reproché, « M. Forget a préféré se retirer afin de ne pas nuire à l’organisation ».

Jeudi, notre Bureau d’enquête a révélé les témoignages de cinq ex-collègues policiers de M. Forget, à l’époque où il était à la Sûreté du Québec (SQ).

À des degrés divers, ils témoignent de son rôle prépondérant dans leur décision d’acheter des actions de Newtech, une entreprise dont le concept de frein révolutionnaire n’a jamais abouti.

Dans une entrevue au Bureau d’enquête, M. Forget a admis avoir transmis à l’entreprise des chèques de ses collègues investisseurs, à qui il a également remis des certificats d’actionnaires.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a refusé de commenter ces faits nouveaux, jeudi.

Commissaire associé aux vérifications, M. Forget était l’interface entre l’UPAC et l’AMF dans le processus d’accréditation des entreprises qui veulent participer aux marchés publics.

Michel Pelletier, commissaire associé, assurera l’intérim de son service.

Confiance

L’annonce de la démission de M. Forget avait été précédée d’un point de presse du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.

Dans un corridor de l’Assemblée nationale, M. Coiteux a d’abord affirmé que M. Forget n’était « plus l’homme de la situation ».

« Je pense qu’il devrait lui-même en arriver à cette conclusion. »

Le ministre a ensuite expliqué dans un autre point de presse que son départ contribuait à maintenir la confiance envers l’UPAC.

« Je pense que la population pourrait se poser des questions légitimes et, dans les circonstances, je pense qu’il a pris la bonne décision », a-t-il dit.

Responsabilité

M. Coiteux n’a pas voulu s’exprimer sur la responsabilité de M. Lafrenière, un ancien policier de la SQ, sur le choix de M. Forget, dont les liens avec Newtech étaient connus par certains collègues.

Le ministre a plutôt rappelé que la nomination de M. Forget est survenue en 2013, durant le passage du Parti québécois au pouvoir.

« Le gouvernement de cette époque aurait dû faire les vérifications. »

Le député péquiste Pascal Bérubé a fait remarquer que « le patron de l’UPAC a une autorité qui lui permet de nommer ses principaux collaborateurs ».

Le député de Québec solidaire Amir Khadir rappelle que Marcel Forget a été choisi par l’actuel commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière.

« Combien d’autres incompétents monsieur Lafrenière a-t-il choisis pour s’entourer ? » demande-t-il.