/news/society
Navigation

Pacte de suicide au Collège Anjou: l’instigateur du pacte «n’était pas sérieux»

Coup d'oeil sur cet article

Un pacte de suicide impliquant une soixantaine d’élèves a été déjoué mardi au Collège Anjou.

Selon des informations obtenues via la page Facebook de TVA Nouvelles, un élève aurait fait signer à 62 élèves de secondaire 3 et 4 un pacte de suicide collectif prévu pour le 30 janvier prochain.

Ce sont les surveillants qui ont compris que quelque chose se tramait au sein du groupe des jeunes sur l’heure de dîner qui ont dénoncé la situation à la direction de l’établissement scolaire.

L’instigateur de ce pacte, un élève de secondaire 3, aurait expliqué qu’il s’agissait d’une plaisanterie et qu’il n’était pas sérieux.

Alors que certains élèves auraient signé le pacte en connaissance de cause, d’autres auraient signé sous de faux prétextes.

Une enquête est en cours pour déterminer les intentions derrière ce geste.

La Direction préoccupée

La Direction de l’établissement a réagi rapidement à la situation. Les parents des élèves ont été convoqués mardi en fin de journée pour assister à une rencontre.

Une lettre a également été envoyée aux parents dans laquelle le Collège Anjou dit prendre la situation très au sérieux.

Courtoisie

«C’est pourquoi des actions seront prises au courant des prochains jours afin de clarifier la situation avec l’ensemble des élèves de ces deux niveaux lors d’une tournée de classe ainsi que de leur apporter de l’aide au besoin», peut-on lire dans la lettre.

La direction du Collège Anjou a contacté le Service de police de la Ville de Montréal afin que des agents sociocommunautaires rencontrent les élèves.

«Il n’y aura pas de charge (contre les trois jeunes). Ils ont été rencontrés hier avec leurs parents. Ce qui est important, c’est d’aider ces jeunes-là», a expliqué le directeur général du Collège d’Anjou, Luc Plante.

L’établissement a également organisé des interventions des services psychosociaux avec les élèves.

Le symptôme d’une réelle détresse?

 

Si les instigateurs de ce pacte ont expliqué qu’il s’agissait d’une plaisanterie, la mise en place par des jeunes d’un tel stratagème pourrait être l’indice que certains adolescents impliqués vivent une réelle situation de détresse.

C’est du moins ce qu’a soulevé comme hypothèse, Jérôme Gaudreault, de l’Association québécoise de prévention du suicide en entrevue avec Mario Dumont.

«Il est probable que parmi les jeunes qui ont signé cette lettre-là, il y en a qui vivent une détresse, qui peuvent avoir des idées suicidaires, donc il ne fallait pas prendre ça à la légère», a expliqué  M. Gaudreault.

La direction du  Collège d’Anjou, qui a mis en place une série de mesures pour contenir l’évènement, semble avoir bien réagi selon son analyse. Les intervenants du collège ont rapidement été informés de l’existence de la lettre, ont immédiatement avisé les parents, et les policiers.

À quoi ont pensé les adolescents qui ont élaboré cette mauvaise blague?

«C’est très difficile de répondre,  puisque nous n’avons pas tous les faits. Il faut certainement intervenir pour comprendre les motivations derrière, car ça pourrait certainement traduire une forme de détresse», ajoute-t-il.

Le suicide est un sujet très sérieux, assure le spécialiste, de voir des jeunes en faire une blague est préoccupant.

Pactes de suicide

Par ailleurs, M. Gaudreault précise que les pactes de suicide sont relativement rares.

«Ils se produisent généralement entre deux personnes qui ont un lien fort, et qui vivent une détresse importante qui leur est commune. (...) De penser que 62 adolescents auraient décidé de s’enlever la vie en même temps m’apparaît hautement improbable.»

«Il y a quelques cas documentés dans l’Histoire mondiale, en termes de suicides collectifs», la plupart du temps provenant de gens endoctrinés, dans le cas de sectes notamment.

Attention aux imitations

Le phénomène d’imitation peut également influencer les adolescents.
«Il faut faire attention quand on donne beaucoup de visibilité au phénomène du suicide. Quand on le traite de manière sensationnaliste. Des jeunes qui pourraient être vulnérables pourraient peut-être considérer le suicide.»

«Il ne faut pas hésiter à faire appel aux services d’aide, que ce soit les Centres de prévention du suicide, TelJeunes, ou les intervenants dans les écoles.»

Il soutient que les adolescents n’ont pas non plus nécessairement envie de se confier à leurs parents, malgré leur détresse, et voudront plutôt cacher ce qu’ils vivent.

«Actuellement au Québec, la catégorie dans laquelle les taux de suicide sont les plus bas, c’est chez les jeunes. Depuis une quinzaine d’années, les taux de suicide ont baissé de moitié chez les jeunes parce qu’on s’est conscientisés, parce que les milieux scolaires se sont outillés pour être plus préventifs, parce que les médecins de famille sont plus alertes à reconnaître les troubles de santé mentale», conclut le spécialiste.


Si vous avez besoin d’aide :

Suicide Action Montréal : 514-723-4000

Tel-jeunes : 1-800-263-2266