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Ça suffit les curés de la pensée!

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Avez-vous vu la lettre contre la « culture du viol » publiée dans Le Devoir par 80 personnes du milieu « socioculturel » ? Les signataires y affirment que le rôle de la création, au Québec, c’est « de favoriser le vivre-ensemble, d’inclure plutôt que d’exclure, de veiller à ne pas marginaliser les voix déjà marginalisées, de susciter la réflexion plutôt que la déconsidération et l’invisibilisation ». Ça ressemble plus au programme de Québec solidaire ou au mandat de Passe-Partout qu’à ma définition du rôle de l’art. Désolée les amis, mais une œuvre d’art, ce n’est pas un message d’intérêt public pour se donner bonne conscience.

L’art, ça dérange, ça choque, ça brasse la cage, ça décoiffe.

ACCEPTATION GLOBALE

Cette lettre, bourrée de bons sentiments et d’autoflagellation, est clairement une réplique à l’affaire Nantel et à sa blague sur Alice Paquet et le consentement sexuel.

On y lit : « Nous en avons assez de devoir constamment expliquer en quoi le contenu de certains textes, spectacles, articles ou interventions brime directement la liberté d’expression de celles qui ont trop longtemps été confinées au silence. C’est pourquoi nous ressentons le besoin de dire : ÇA SUFFIT ! »

J’aimerais leur répondre : ça suffit de votre condescendance et de vos leçons de morale ! Ça suffit que des rien-pensants nous disent quoi penser, quoi écrire, quoi lire, quoi regarder ! Ça suffit votre volonté de rendre la nature humaine propre, propre, propre. Ça suffit votre volonté de tout vouloir aseptiser et javelliser.

Je n’aurais pas aimé voir ce que ces signataires auraient fait devant Orange mécanique, les spectacles de George Carlin ou le livre Baise-moi de Virginie Despentes.

AU SECOURS !

Mais le plus grand problème que j’ai avec cette lettre, ce sont certains noms qui apparaissent parmi la liste des signataires.

On y retrouve la Fédération des femmes du Québec... qui vient de se prononcer en faveur de la burqa et du niqab. Elles dénoncent la supposée culture du viol du Québec, mais ferment les yeux devant la réelle culture d’effacement de la femme des extrémistes religieux ?

On y retrouve Martine Delvaux, cette prof de l’UQAM qui a critiqué le film Le Mirage de Louis Morissette parce qu’elle n’aimait pas une scène de baise intense qu’elle qualifiait de viol. Elle a qualifié le film Blade Runner de Denis Villeneuve de misogyne parce que la plupart des personnages féminins finissent par mourir. Je ne veux rien savoir d’un milieu culturel où c’est cette militante radicale qui décide du type de film que je peux ou ne peux pas voir.

On y retrouve la signature de Fred Dubé, cet humoriste anticapitaliste primaire qui s’en est pris à Martin Matte et ses pubs pour Maxi en disant : « Inutile de rappeler à monsieur Matte que la publicité est la plus grande agression qui vient coloniser notre imaginaire, alors que le rôle de l’artiste est de le décoloniser, pas de s’en faire complice. »

Fred Dubé qui a déjà déclaré : « La seule chose qu’on devrait déposer dans une banque, c’est une brique dans leurs vitres. »

Et parmi les signataires, il y a Guillaume Wagner qui, on s’en rappelle, avait tenu des propos plus que dégradants envers une chanteuse qu’il a dénigrée de la pire façon.

Et ce sont ces gens-là qui nous font la morale ?

Ça, vraiment, c’est la meilleure blague de l’année.