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Sous-marin: consternation en Argentine après l’arrêt des recherches de survivants

Sous-marin: consternation en Argentine après l’arrêt des recherches de survivants
Photo AFP

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Buenos Aires | Douleur et consternation régnaient vendredi en Argentine après l’abandon des recherches d’éventuels survivants du sous-marin militaire San Juan, porté disparu depuis le 15 novembre dans l’Atlantique sud.

Jeudi soir, la Marine argentine a annoncé l’abandon, polémique, des recherches des personnes, précisant que les opérations se concentraient désormais sur la localisation de l’épave de ce fleuron des Forces armées argentines.

Peu avant, deux navires transportant des équipements de secours avaient regagné le port de Comodoro Rivadavia, en Patagonie, une des bases arrière du dispositif en haute mer.

« Je ne comprends pas cette décision de la Marine. Elle est précipitée et infondée, on les abandonne. Je demande au président qu’il oublie un peu le G20 (des ministres des Finances ce vendredi en Argentine, ndlr) et qu’il s’occupe de nos 44 héros », a réagi Luis Tagliapietra. Son fils de 27 ans, Damian Tagliapietra fait partie de l’équipage du San Juan.

Huit familles se sont constituées parties civiles dans le cadre de l’instruction de la juge fédérale Marta YaÒez.

Secret-défense

La juge a demandé la levée du secret-défense, acceptée par les autorités.

D’après les experts, le sous-marin a sombré à environ 450 kilomètres des côtes de Patagonie, quelques heures après avoir signalé une entrée d’eau, un début d’incendie à bord et une avarie sur le système de batteries, qui propulse le bâtiment équipé de moteurs diesel.

« L’espérance de vie est de zéro. Nous sommes au milieu d’une tragédie. L’ambiance au sein de la Marine est à la consternation absolue, angoisse et douleur. Nous avons perdu 44 camarades », a dit à l’AFP un officier de la Marine argentine qui a requis l’anonymat.

Y a-t-il encore un espoir de remonter les corps à la surface? Les raisons de la disparition du submersible seront-elles connues?

« Nous savons désormais que les 44 marins sont morts. Une autre tragédie serait ne pas connaître la vérité. Les recherches continuent avec un protocole: localiser le sous-marin, l’identifier et déterminer ce qui s’est passé », souligne l’expert naval Horacio Tettamanti.

D’après lui, trouver le San Juan dans les profondeurs de l’Atlantique sud « est une question de jours. Le périmètre de recherche s’est réduit, et les sous-marins d’inspections vont entrer en action. Ils vont le trouver ».

Les États-Unis et la Russie ont dépêché en Argentine une technologie sophistiquée dont seules quelques nations disposent, des petits véhicules sous-marins sans équipage, télécommandés, capables de plonger jusqu’à 6000 mètres.

Familles bouleversées

Dans la base navale de Mar del Plata où des proches des 44 marins attendaient un miracle, l’annonce de jeudi soir a provoqué l’effondrement.

Certains ne veulent pas admettre la nouvelle. Jorge Villareal, père du lieutenant Fernando Villareal, 38 ans: « Je continue d’espérer et d’avoir la foi. Notre optimisme est intact indépendamment de ce qui peut se dire ». « Qu’ils continuent de les chercher et qu’ils les ramènent tous, nous les attendons », a lancé vendredi Marcela Moyano, épouse du sous-officier Hernan Rodriguez.

D’autres sont résignés, abattus et préfèrent ne pas s’exprimer. « Qu’ils nous ramènent au moins les corps, qu’on puisse les enterrer », a réagi une mère.

Un incident semble être survenu lorsque de l’eau de mer est entrée dans le navire par le schnorkel, tube qui permet aux sous-marins équipés de moteurs diesel, comme le San Juan, de renouveler l’oxygène à bord.

Mais ce jour-là, l’océan Atlantique était déchaîné avec des vagues de huit à neuf mètres, ce qui a pu compliquer la tâche du submersible.

Peu après la dernière communication entre le submersible et sa base, une explosion sous-marine a retenti, et a été localisée à proximité de la dernière position donnée par le sous-marin.

Le San Juan avait appareillé le dimanche 11 novembre d’Ushuaïa, à l’extrême sud du continent américain, pour regagner la base navale de Mar de Plata, son port d’attache.

L’Argentine l’avait intégré à sa flotte en 1985, peu après la Guerre des Malouines (Falkland, 1982), durant laquelle elle avait perdu un sous-marin.