/sports/racing
Navigation

Déçu mais pas découragé

Le jeune pilote québécois Raphaël Lessard a joué de malchance lors de la dernière saison

Raphael lessard
Photo Louis Butcher Raphaël Lessard a réalisé samedi le huitième chrono le plus rapide, lors de la dernière séance d’essais libres en prévision de la classique du Snowball Derby, en Floride.

Coup d'oeil sur cet article

PENSACOLA, Floride | Raphaël Lessard est le premier à avouer qu’il n’a pas connu une saison à la hauteur de ses attentes.

Mais n’allez pas blâmer le jeune pilote de Saint-Joseph de Beauce. Si son talent est intact, c’est la mécanique qui lui a joué des tours. Et la plupart du temps.

« Honnêtement, a-t-il raconté dans une entrevue accordée au Journal de Montréal à Pensacola samedi, ce n’était pas notre année. Mais bon, j’imagine que ça fait partie de mon apprentissage. Ça ne peut pas toujours bien aller. »

Ses quatre victoires en Série CARS Tours, l’un des championnats les plus relevés aux États-Unis dans la catégorie de stock-car Super Late Models, lui ont valu le titre en 2016.

De retour cette année avec l’écurie David Gilliland Racing, fondée par l’ex-pilote de la Coupe Monster Energy, les choses se sont moins bien passées avec seulement une victoire en course, une autre en qualifications et surtout une série insoutenable d’abandons.

Une course pour se racheter

Inscrit au fameux Snowball Derby, la course la plus prestigieuse de la spécialité au sud de la frontière, Lessard entend se racheter dimanche après-midi.

« On est dû, a-t-il dit avec un sourire moqueur. On veut finir l’année en beauté. »

Cette épreuve, disputée au circuit Five Flags, à Pensacola, dans le nord-ouest de la Floride, et décrite comme le Super Bowl de la classe Super Late, attire souvent de grands noms du stock-car.

La 50e édition, dont le départ sera donné dimanche après-midi à 15 h, ne fait pas exception puisqu’un dénommé Kyle Busch sera de la partie.

« C’est la plus grosse course de l’année, renchérit le pilote de 16 ans. On va tout donner. La présence de Busch est une motivation supplémentaire. Je suis toujours porté à en donner plus quand il est là. »

Contre Hamlin aussi

Mais jamais la participation des vedettes du NASCAR ne viendra l’intimider.

« Absolument pas, a-t-il insisté. Je n’ai aucun stress à les affronter. »

Non seulement il a réussi à lui tenir tête à quelques reprises depuis deux ans, il s’est permis aussi de les doubler.

Comme il avait résisté à un autre pilier du NASCAR, Denny Hamlin, quand ce dernier avait participé à une épreuve de la Série PASS North à l’Autodrome Chaudière de Vallée-Jonction, le 21 juin 2015.

Pendant une bonne partie de la course, Lessard, alors âgé de 13 ans seulement, a su protéger sa position pour terminer l’épreuve – remportée brillamment par le vétéran québécois Patrick Laperle – au 6e rang, tout juste devant Hamlin.

Pas d’argent, pas de volant

Recruté par Toyota (et sa filiale TRD), dont il fait partie du programme de développement de jeunes pilotes, Lessard vit d’espoir, en sachant toutefois que l’argent est le nerf de la guerre. Pas d’argent, pas de volant.

Mais il y a une lueur d’espoir pour le Québécois, qui caresse le rêve de faire carrière dans les plus hautes sphères du NASCAR.

Or, si la logique est respectée, Lessard représente le quatrième membre de cette filière qui a soutenu de grands espoirs du stock-car.

Le premier, Erik Jones, a été couronné recrue de l’année en Coupe Monster Energy et intégrera la puissante écurie de Joe Gibbs l’an prochain.

Le second, Christopher Bell, tend à suivre le même parcours, toujours grâce à la participation du constructeur japonais. Couronné champion de la série des Camionnettes Camping World il y a quelques semaines à Homestead, la même organisation de Joe Gibbs lui confiera un volant à temps plein cette fois en série XFinity deuxième division du NASCAR, en 2018.

Enfin, il y a Todd Gilliland, le fils de David. Toujours sous la gouverne de Toyota, il s’est imposé dans la série de développement K&N et on le verra disputer l’intégralité des épreuves de la série Camping World.

En toute logique, Lessard devrait être le suivant...

L’écurie de Kyle Busch dans la mire

« On travaille très fort pour permettre à Raphaël de réussir dans le stock-car. »

Robert Desrosiers, ex-gérant du vétéran Patrick Carpentier, a été mandaté par la famille de Raphaël Lessard pour trouver les appuis financiers destinés à favoriser l’éclosion du jeune espoir québécois.

Depuis quelques années déjà, ses démarches ont porté leurs fruits. Mais il en faudra davantage. Plus on regarde vers le haut, plus ça coûte cher. On n’apprend rien à personne.

« Le but pour Raphaël, c’est de maintenir sa progression, ce qu’il fait avec brio, affirme Desrosiers. Il faut maintenant passer à une autre étape. »

Passage obligé et souhaité

Si Erik Jones, Christopher Bell et Todd Gilliland sont rendus là, c’est qu’ils ont eu les moyens de parvenir à convaincre Toyota. Leur entourage et des gens d’affaires ont cru à leurs possibilités.

« Raphaël a la confiance de Toyota, indique Desrosiers, mais les appuis financiers nous manquent toujours. Oui Toyota a haussé sa contribution cette année, et le fera l’an prochain, mais il nous manque de l’argent pour boucler les budgets. »

Les trois jeunes pilotes ont tous un point en commun : ils sont passés par l’écurie de Kyle Busch en catégorie Super Late Models pour parfaire leur apprentissage.

Le champion de la Coupe Monster Energy est associé à Toyota. Pour Lessard, il s’agit d’un passage obligé et... souhaité.

« C’est notre but, de renchérir Desrosiers. Nous ne sommes pas rendus là, mais on y travaille très fort. Notre objectif, c’est la série des camionnettes Camping World dans trois ans. »