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Des anges dans nos campagnes

Crèche Vieux-Montréal
Photo d'archives

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Célibataire depuis un bout, l’autre jour j’ai décidé de retourner dans les bars voir comment la scène de la séduction avait évolué (ou pas). Je n’y crois pas vraiment mais bon, pas grand-chose à perdre sauf un peu de temps.

 

Après quelques heures assis au comptoir, j’ai remarqué une femme qui était de mon goût. Belle brune d’âge incertain, disons entre 39 et 45 ans, je me suis approché d’elle fort conscient que beaucoup d’autres hommes lui portaient une certaine attention.

 

Je lui glisse donc à l’oreille : « Moi c’est Nicolas. Tu vois le type là-bas? C’est un idiot et si tu pars avec lui, ça en dit long sur ton intelligence. »

 

Elle a immédiatement pris son verre et est partie rejoindre l’idiot en question.

 

Trente minutes passent. Une blonde à l’allure hyper sophistiquée prend la place de la brune. Elle fait clairement tourner plusieurs têtes. Je n’attends même pas qu’elle ait commandé son premier verre, je fonce :

 

« J’aimerais beaucoup que tu partes avec moi. Je m’appelle Nicolas. Tous les autres types ici ont des petits pénis. Ton choix est clair. »

 

Et vlan! Gifle et joue rougie pour Nicolas en plus d’une blonde qui ne me parlera jamais.

 

Le temps file. L’heure limite approche et je suis toujours seul, sans aucune partenaire potentielle.

 

Tout à coup, une rousse se présente au bar, au bras d’un individu qui me semble louche. Malgré ma perception, ils semblent heureux tous les deux.

 

Qu’à cela ne tienne. Je me dirige vers eux. Je ne daigne pas croiser son regard à lui mais je lui fais face à elle et lui balance un : « Ouin, t’es vraiment désespérée d’être avec un type comme ça ».

 

Après m’avoir montré un de ses doigts, le plus long, elle se retourne et embrasse goulument son type que je trouve toujours louche.

 

Je suis donc reparti seul et le suis toujours au moment d’écrire ces lignes.

 

Pardon? Que dites-vous?

Ah! Vous trouvez mon approche discutable, voire pathétique et contre-productive?

 

Je me suis pourtant inspiré de nous et plus particulièrement de comment nous essayons de nous convaincre de voter pour tel ou tel option. Je me suis inspiré de ce que je lis chaque jour dans les journaux et sur les médias sociaux. Des insultes. Des lieux communs. Du dénigrement de l’autre au lieu de se vendre soi-même. Du négatif au lieu du positif, en rebutant ceux qui pensent différemment ou en frappant sur le « mâle alpha » qui devance temporairement dans les sondages.

 

Me voilà donc seul en n’ayant réussi à convaincre personne. Comme je le mérite.

 

Je nous invite tous à revoir nos méthodes, candidats comme partisans. Soyons des anges dans nos campagnes électorales. Attirons les votes par ce que nous proposons, pas par dépit.

(Note de l'auteur: Tout ceci est évidemment fictif...)