/finance/opinion/columnists
Navigation

Des coupes de 7 milliards $ pour longtemps

Carlos Leitao et Philippe Couillard
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark Carlos Leitao et Philippe Couillard

Coup d'oeil sur cet article

Rendons à Couillard ce qui est à Couillard ! Le retour aux surplus budgétaires repose en très grande partie sur les mesures d’austérité que le gouvernement Couillard a mises en place au début de son mandat.

Ces mesures lui ont permis de compresser dramatiquement les dépenses gouvernementales de 7,3 milliards sur une base annuelle.

Sans ces compressions, le nouveau gouvernement Couillard allait, disait-il, se retrouver dès son arrivée au pouvoir avec de lourds déficits de 5,6 milliards en 2014-15 et de 7,6 milliards en 2015-16.

Quoi qu’il en soit, la stratégie d’austérité budgétaire de son ministre des Finances, Carlos Leitao, s’est avérée tellement efficace, qu’il a réussi le tour de force de boucler son premier exercice budgétaire de 2014-15 avec un surplus. Un petit surplus de 136 millions, qui, dès l’année suivante, 2015-16, allait se gonfler à 3,6 milliards. Et un an plus tard, à 4,4 milliards...

LES COMPRESSIONS

C’est beau les surplus, mais on conviendra que ce n’est pas politiquement très rentable. Surtout lorsqu’ils sont réalisés sur le dos des services publics et des contribuables, comme l’ont dénoncé à maintes reprises à l’unisson les trois partis d’opposition, PQ, CAQ et QS.

Où le gouvernement Couillard a-t-il puisé « les » 7,3 milliards de dollars dont il avait besoin pour le retour à l’équilibre budgétaire ? Les mesures de « contrôle des dépenses du gouvernement » lui ont fait économiser 6,1 milliards. Les mesures fiscales relatives aux entreprises lui ont rapporté 686 millions. Et finalement, les mesures touchant les particuliers lui ont procuré 493 millions de plus.

RETOUR AUX DÉPENSES

Comme on se rapproche des prochaines élections du 1er octobre 2018, le gouvernement Couillard a commencé à se montrer plus généreux envers les contribuables et à également réinvestir dans les services publics.

Pour essayer de faire oublier les ravages sur les services publics causés par les énormes compressions budgétaires mises en place au début de son mandat, le gouvernement Couillard a délié depuis décembre 2016 les cordons de sa bourse et saupoudre des cadeaux fiscaux.

Cela dit, le réinvestissement de Québec dans les services publics ne représente jusqu’à présent qu’une fraction des milliards de compressions récurrentes subies lors des deux premières années de pouvoir du gouvernement Couillard.

LE CADEAU FISCAL

Et concernant la réduction du fardeau fiscal de 4,6 milliards qu’il nous accorde (au total) pour 2017 et 2018, je tiens à rappeler que cela équivaut au tiers des 12,6 milliards supplémentaires d’impôts, de taxes, de droits... que nous avons versés au cours des cinq années de mandats de Philippe Couillard.

Lors du prochain et dernier budget du présent mandat libéral, le ministre Leitao annoncera sans doute de nouveaux investissements dans les services publics. Et fort probablement une autre réduction du fardeau fiscal !

Les élections approchent, il faut se refaire l’image et séduire l’électorat !