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La mission San Xavier del Bac: La colombe blanche du désert

La cathédrale de la mission 
San Xavier porte bien son surnom 
de « Colombe blanche du désert » 
puisque c’est ce à quoi elle fait 
penser de loin.
Photo courtoisie, Gilles Proulx La cathédrale de la mission San Xavier porte bien son surnom de « Colombe blanche du désert » puisque c’est ce à quoi elle fait penser de loin.

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On ne sent pas aux États-Unis par ici ! Ce bout de la Nouvelle-Espagne conquis par les Américains n’a pas perdu son âme.

Parlant d’âmes, c’est pour en sauver que les Jésuites intrépides sont venus dans les parages pour établir une mission : un complexe comprenant plusieurs bâtiments, dont une église et une école.

Le peintre DeGrazia (1909-1982) originaire de 
l’endroit, immensément célèbre et riche de 
son vivant, dont les œuvres coûtent les yeux
de la tête, est un artiste incontournable.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Le peintre DeGrazia (1909-1982) originaire de l’endroit, immensément célèbre et riche de son vivant, dont les œuvres coûtent les yeux de la tête, est un artiste incontournable.

 

La première église datait de 1692, mais les Apaches l’ont rasée huit ans plus tard ; il a fallu presque un siècle avant que les Jésuites entêtés osent revenir et bâtir à nouveau sur le site de l’ancien bâtiment.

À cette époque, ce territoire aujourd’hui inclus dans l’Arizona n’avait pas encore été ravi par les Américains. On était en pleine Nouvelle-Espagne et ça paraît : on présente l’église San Xavier del Bac comme le plus bel exemple d’architecture coloniale espagnole. On dit aussi que c’est le plus ancien édifice construit par des Européens sur l’actuel territoire des États-Unis.

Ce prêtre jésuite espagnol 
m’a demandé de ne pas le 
photographier… en espagnol. 
J’ai dit oui. Mais j’avais déjà pris 
la photo que voici.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Ce prêtre jésuite espagnol m’a demandé de ne pas le photographier… en espagnol. J’ai dit oui. Mais j’avais déjà pris la photo que voici.

 

Cette cathédrale est un haut lieu de la culture catholique hispanophone : pas moins de 200 000 visiteurs par année viennent ici, soit comme moi en tant que touriste curieux, soit en tant que pèlerin. (Vous allez me dire que 200 000, c’est à peine le dixième du total de visiteurs de « notre » oratoire Saint-Joseph... ce qui nous fait mesurer l’incroyable popularité de notre site touristique le plus achalandé.) À mon arrivée dans l’église, une messe se terminait. Des dizaines d’enfants de chœur suivaient le prêtre. L’école adjacente fournit un flot ininterrompu de fidèles (obligés d’être là)... Il n’y avait que des hispanos ! Je me serais cru au Mexique qui, faut-il dire, est tout près.

Comme en témoignent les palmiers, 
avides en eau, il y a dans cette partie 
du désert une rivière, Santa Cruz. 
On a érigé la mission près de son cours.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Comme en témoignent les palmiers, avides en eau, il y a dans cette partie du désert une rivière, Santa Cruz. On a érigé la mission près de son cours.

 

Ma découverte, non loin de là dans le musée du désert, grâce au guide de Voyage Québec qui y attire mon attention, c’est l’artiste local, le peinte DeGrazia, dont l’œuvre montre notamment la construction de l’église Saint-Xavier par des convertis indiens sous la houlette de figures en robes noires (les Jésuites). DeGrazia a peint la culture locale avec les moyens de la peinture moderne. Il fait la jonction entre l’héritage espagnol et amérindien et la modernité artistique. Malgré la conquête américaine au 19e siècle, la mission San Xavier demeure complètement, indubitablement, spectaculairement, espagnole.