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Le Québec et Labeaume

S’il a perdu un ami avec la défaite de Denis Coderre, il s’est déjà trouvé une
nouvelle alliée en Valérie Plante.
Photo 24 heures, Sarah Daoust-Braun S’il a perdu un ami avec la défaite de Denis Coderre, il s’est déjà trouvé une nouvelle alliée en Valérie Plante.

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Tout habitant de Québec qui visite sa famille en région l’a déjà entendu. « Ça nous prendrait un Labeaume, nous autres aussi ! »

Apparu dans les caricatures des différents journaux il y a aujourd’hui 10 ans, le maire de Québec ne laisse personne indifférent. Ultrapopulaire pendant longtemps, sa cote s’effrite chez ses concitoyens, quoiqu’un niveau d’appui de 55 % après une décennie ferait l’envie de tous les édiles municipaux.

Régis Labeaume demeure très bien reçu chaque fois qu’il prend un bain de foule hors de sa capitale. Les médias montréalais raffolent de ses visites et ils écrivaient cette semaine que s’il a perdu un ami avec la défaite de Denis Coderre, il s’est déjà trouvé une nouvelle alliée en Valérie Plante.

Omnimaire

Parce que plusieurs villes l’auront essayée, leur version locale du phénomène. Cette formule de l’omnimaire malcommode ne manquant jamais d’abreuver les médias de sa faconde.

Là où Régis Labeaume passe pour bonhomme et authentique, Denis Coderre en sera venu à paraître politicien et calculateur. À Saguenay, un endroit où l’on expérimentait déjà l’autocratie, les miasmes poisseux du règne de Jean Tremblay ne font que commencer à se révéler et font croire qu’on se tiendra loin du genre pour longtemps.

Mais rien de tout ça ne semble affecter Régis Labeaume qui, il faut bien le reconnaître, s’est tenu remarquablement loin des scandales qui ont ébranlé le monde municipal. Comme il le dit lui-même: « On ne devrait pas avoir à être fier de ça, mais actuellement, oui. »

Il demeure que, jusqu’ici, Régis Labeaume n’a pas eu à composer avec une opposition forte et cohérente. Cela aurait eu pour vertu de le protéger de certaines de ses manies, dont l’obsession des grands projets coûteux.

Il semble toutefois s’être assagi. Il était temps. La dette a beaucoup monté...

Poids politique

On a longtemps supputé qu’un homme qui aime autant la politique en viendrait à trouver son carré de sable trop petit. On a rappelé qu’il avait déjà brigué une investiture au Parti québécois, encore que, depuis qu’il est maire, ses relations avec son ancienne famille politique se sont avérées, au mieux, froides.

« Prenez invariablement la position la plus élevée, c’est généralement la moins encombrée », disait de Gaulle. C’est ce qui explique que Régis Labeaume n’ait jamais fait le saut. Pourquoi aller jouer dans l’orchestre d’un conseil des ministres quand on peut être seul sur la scène d’un plus petit théâtre ?

Surtout quand on arrive à y faire danser les membres des autres ordres de gouvernement, qui ont tous tenté de satisfaire les caprices du maire. À cause de son poids politique personnel, mais surtout grâce au comportement électoral changeant de sa ville.

À la fin, c’est une des raisons pour lesquelles Régis Labeaume soulève autant d’intérêt dans les médias nationaux. Parce que c’est de plus en plus de son côté de la 20 que la politique québécoise tendra à se définir.