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Le repos du guerrier

Le repos du guerrier
Photo Courtoisie Facebook

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Il y a de ces jours tristes, comme celui-ci, où la vie nous impose de grandes émotions et nous réduit le cœur en charpie. Aujourd’hui, c’est le jour où nous portons mon cousin François Beaumont, ce grand guerrier de 36 ans, à son dernier repos.

Je me permets de partager ces moments personnels parce que ça fait du bien, parce que plusieurs articles ont été écrits à propos de François, mais aussi parce que plusieurs d’entre vous auront ou ont eu, malheureusement, à composer avec la maladie. Nombreux sont ceux qui comprennent la douleur engendrée par le décès d’un proche après un combat contre le cancer.

Mon cousin François, de Saguenay, a appris en mars 2015 qu’il souffrait d’un cancer du côlon. Rien ne semblait pourtant le prédestiner à un tel malheur. Grand athlète, champion de triathlon, il paraissait débordant de santé et promu à une longue vie aussi pleine de bonheur que son sourire si éclatant et si franc.

Comme si ce n’était pas suffisant, il fallait que le foutu crabe se soit aussi attaqué à son foie. Les métastases étaient si nombreuses, qu’il était trop risqué de les éliminer par chirurgie.

Devant ce dur coup du destin, François aurait dû être anéanti, démoli, et se rouler en boule dans le garde-robe en attendant que la vie en finisse.

Mais ce serait bien mal connaître le jeune homme, qui n’en avait absolument pas terminé avec cette vie qu’il aimait tant. Il s’est au contraire retroussé les manches et a subi tous les traitements possibles pour tenter de venir à bout de la maladie. Il s’est même rendu jusqu’en Allemagne, d’où il est revenu avec l’espoir d’être en rémission, ce qui malheureusement ne s’est pas avéré. Il a raconté les différents épisodes de traitement et de douleur sur son blogue, http://françoisbeaumont.ca. Il a présenté plusieurs conférences, et a fait l’objet de nombreux reportages. Il avait aussi commencé à écrire ses mémoires, qu’il n’aura pas eu le temps de finir, et ce qui l’attristait beaucoup.

Ainsi, François a combattu le cancer avec beaucoup de courage, mais pas seulement. Il nous a en fait tous donné une grande leçon de vie. Jamais il ne s’est laissé abattre, et jusque sur son lit de mort, il a interdit à quiconque de prétendre qu’il aurait perdu son combat. Pour ça, seulement pour ça, il a toute mon admiration, et celui de toute ma famille, sa famille qu’il aimait tant, dont ses parents, ses frères et sœurs.

La vie nous a arraché un être extraordinaire. Nous ne l’oublierons jamais. Et à travers les difficultés de la vie, je sais désormais que j’aurai toujours une pensée pour François, et la façon dont il a traversé l’épreuve. Avec dignité, et en distribuant force et espoir autour de lui.

Je partage ici cette vidéo, mise en ligne cette semaine par son ami Pascal Deslauriers.