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Les deux pieds dans le sable

Donc, au moment où vous me lisez, ça se peut que je sois en train de faire la position du lever de soleil, du phénix qui revit ou simplement de m’étirer les jambes [...]

Les deux pieds dans le sable
Illustration, Nathalie Samson

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Au moment où vous allez lire ces lignes, j’aurai les deux pieds dans le sable. J’ai écrit ma chronique avant de partir. Je présume donc que j’ai du fun. Sinon, ça me fera des anecdotes pour la semaine prochaine.

Ce voyage est un peu improvisé. J’ai décidé d’acheter mon billet d’avion 48 heures avant de partir. Je pense que vous serez d’accord avec moi : les meilleurs voyages sont ceux qu’on organise­­­ à la dernière minute. Ça te fait sentir un peu rebelle, un sentiment qui fait toujours du bien.

Fuir la grisaille

Je me suis dit qu’après un automne rempli de scandales, de tristes nouvelles et de grisaille, ça ressemblait au parfait moment pour faire mes valises. Toute la semaine, je me suis dit : « c’est le temps d’explorer la planète pour me changer les idées. Où est-ce que je veux aller ? Je me transforme en Dora l’exploratrice et suis prêt à découvrir un nouveau coin de notre planète. »

J’ai pensé partir en Europe, mais je me suis vite dit que j’avais besoin de soleil. En même temps, je voulais éviter les destinations classiques que l’on connaît tous, question d’avoir de nouvelles photos à mettre sur mon Facebook. Mais je vais seulement en partager cinq, maximum, question de ne pas trop énerver ceux qui sont en train d’installer leur abri Tempo.

Soyons honnêtes, quand tu as la chance de partir au soleil, la chose que tu souhaites le plus, c’est de manquer la tempête de neige du siècle. Désolé de le dire, mais on est tous pareils.

J’ai jonglé entre l’idée de faire un voyage en sac à dos, explorer des volcans, coucher à la belle étoile parmi les bestioles qui peuvent m’empoisonner ou me louer une casa dans un bled perdu d’un pays qu’on a de la difficulté à épeler correctement. Finalement, j’ai choisi un tout-inclus au Mexique.

J’assume mon manque d’origina­lité. Mais, à ma défense, j’ai choisi un resort sportif où on offre entraîneur privé, spinning et yoga.

Les joies du tout-inclus

Donc, au moment où vous me lisez, ça se peut que je sois en train de faire la position du lever de soleil, du phénix qui revit ou simplement de m’étirer les jambes en me demandant pourquoi quelque chose qui est supposé me faire du bien me fait aussi mal.

Je suis probablement en train de me servir des quelques mots d’espagnol que je connais pour partir une conversation qui risque de durer deux minutes, maximum. J’essaye aussi de ne pas nager près de ceux qui sont assis au bar flottant depuis ce matin et je viens probablement de dire au G.O. du club que, non, je n’ai pas envie de danser autour de la piscine.

Pas mal sûr que je ne suis pas allé nager avec les dauphins. C’est quelque chose que tu fais une fois dans ta vie pour ensuite te dire : « est-ce que je viens vraiment de dépenser 150 $ US pour flatter la tête d’un dauphin pendant deux minutes ? »

À noter : ce voyage, j’ai décidé de le faire seul. En fait, je voyage souvent en solo, mais je remplis mon agenda de mille trucs que j’ai envie de faire. Pas cette fois. Mon plus grand défi est, justement, de ne rien faire. Non, je me trompe. Mon plus grand défi sera de trouver une façon de me mettre de la crème dans le dos tout seul, sans avoir l’air d’un chien qui court après sa queue.

Mais si c’est ça mon plus gros problème de la semaine, ça voudra dire que j’ai eu du fun.