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Employé de l’État n’égale pas bénévolat!

Employé de l’État n’égale pas bénévolat!
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Une fois de plus, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a confirmé, dans son rapport annuel, pour des emplois comparables, le retard de rémunération des employés du secteur public par rapport aux employés du secteur privé. Toutefois, il a conclu qu’au plan de la rémunération globale les deux secteurs étaient équivalents, considérant les heures travaillées, les protections d’assurance et de retraite ainsi que la sécurité d’emploi propre au secteur public. Depuis plus d’une décennie, ce constat demeure sensiblement le même sans toutefois éliminer les préjugés de ceux qui croient que les salariés du secteur public sont grassement traités par rapport à ceux du privé.

Les préjugés ont la vie dure et le peu de cas du rapport de l’ISQ, année après année, explique fort probablement qu’ils perdurent. Le traitement médiatique, consenti à l’ancien institut au sujet de la rémunération dans les années 80-90, pour appuyer l’État dans ses compressions financières à l’égard de ses employés a renforcé cette conviction de traitement privilégié dans l’imaginaire populaire. Longtemps le gouvernement du Québec se justifiait de ses offres aux employés en prétendant qu’ils bénéficiaient d’une rémunération globale supérieure au secteur privé, mais celui-ci s’emploie, depuis le début des années 2000, à mitiger les rapports de l’ISQ qui démontrent un retard de la rémunération globale s’accentuant pour ses salariés en comparaison avec ceux du secteur privé.

Malgré l’impression d’une égalité de traitement instillée par la présentation générale, une attention plus spécifique sur les employés du gouvernement, en les distinguant des employés du secteur municipal, révèle un écart de rémunération qui s’accroit au fil des ans comparativement aux employés du secteur privé. Gouvernement et patronat ont tôt fait de vouloir atténuer la portée de ce constat en prétextant les limites du rapport de l’ISQ dont les études se limitent à des comparaisons avec la grande entreprise et n’incluent pas des corps d’emploi à l’effectif important comme le personnel enseignant et le personnel infirmier. Il est toutefois facile de rétorquer qu’en faisant la comparaison des conditions de travail des employés de la fonction publique, le personnel enseignant et infirmier du Québec avec les conditions dans les autres provinces, nous enregistrons là aussi un retard manifeste qui supporte mal le préjugé d’enfant gâté accolé aux travailleurs de l’État québécois.

Quelles que soient les comparaison ou les études déployées par les instituts sérieux, elles mènent à la conclusion évidente que les conditions de travail des employés de l’État québécois sont loin d’être déraisonnables et inéquitables par rapport à ce qu’on observe pour les autres travailleurs. L’évaluation des emplois et le rangement de ceux-ci dans le cadre des opérations en relativité et équité salariales conséquentes de la législation adoptée par le gouvernement québécois ont définitivement contribué à instaurer une certaine rationalité dans la détermination de la valeur des emplois et de leur rémunération. Force est de convenir qu’aujourd’hui, ces employés de l’État ne sont pas rémunérés à leur juste valeur en comparaison des autres salariés du Québec et qu’il est injuste d’entretenir des préjugés à leur égard en les présentant comme des profiteurs du système.

Travailler pour l’État implique sûrement un engagement envers la population, mais il ne transforme pas pour autant le travailleur en bénévole d’un quelconque ordre religieux qui a fait vœu de pauvreté!