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Les édulcorants : amis ou ennemis ?

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Le sucre étant au banc des accusés, plusieurs consommateurs se tournent vers les produits contenant des édulcorants. Mais ce virage est-il judicieux ? 

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Qu’est-ce qu’un édulcorant ?

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Les édulcorants artificiels, souvent appelés « faux-sucres », donnent un goût sucré aux aliments, mais sans calories ajoutées. Parmi eux, les plus populaires sont le sucralose, l’aspartame, la saccharine et l’acésulfame potassium. Ils sont présents dans de nombreux produits, tels que les yogourts, les boissons gazeuses diètes, les sauces et vinaigrettes, les gommes à mâcher, les céréales à déjeuner, et bien d’autres.

Édulcorants et santé

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On a longtemps pensé que les substituts de sucre pouvaient faire partie de la solution à l’épidémie d’obésité mondiale. Cependant, même s’ils sont considérés comme sécuritaires par Santé ­Canada, on découvre peu à peu que la consommation régulière d’édulcorants est associée à un gain de poids et à un risque accru de maladies cardiovasculaires, ­d’hypertension artérielle et de diabète de type 2. Les édulcorants sont donc loin de faire l’unanimité !

Quand les édulcorants influencent notre cerveau

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La consommation d’aliments sucrés artificiellement pourrait conduire à des excès alimentaires. En effet, il semble que le cerveau se sente floué en n’ayant pas de livraison de sucre malgré le goût sucré et que des mécanismes compensatoires entraînent ensuite la consommation d’aliments sucrés. En prime, ceux qui consomment des aliments sucrés artificiellement auraient tendance à compenser par la suite avec des aliments malsains : à cause de l’aura « santé » des aliments sans sucre, on se récompenserait par la suite en mangeant des aliments plus caloriques.

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En communication avec nos bactéries

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Une recherche récente se penche aussi sur l’effet des édulcorants sur le métabolisme, tout particulièrement leur impact sur le microbiote. Le microbiote est l’ensemble des bactéries qui vivent dans notre système digestif (intestins et côlon tout particulièrement). Ces bactéries ont une grande influence sur notre poids, notre système immunitaire, et même notre humeur.

Les édulcorants modifieraient la composition de notre microbiote, ce qui affecterait notamment le métabolisme du glucose. Plusieurs études ont observé que la consommation d’édulcorants garderait le glucose plus longtemps dans notre sang, par divers mécanismes complexes. Résultat ? Un taux de sucre sanguin plus élevé, ce qui est l’un des symptômes typiques du diabète. De plus, la modification du microbiote intestinal pourrait être impliquée dans l’augmentation du poids corporel, malgré un apport adéquat en calories. Il nous reste certes beaucoup à découvrir sur les effets des édulcorants et d’autres études devront confirmer ces hypothèses. Chose certaine, ces théories pourraient expliquer, en partie, la forte corrélation entre la consommation d’édulcorants et le risque accru d’obésité et de diabète de type 2.

Le fruit du moine, un nouveau joueur

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Avec la popularité grandissante des édulcorants de source naturelle comme le stévia, de nouveaux produits font leur apparition sur les tablettes d’épicerie. On retrouve maintenant de l’extrait du fruit du moine (ou Monk Fruit). Ce fruit, originaire de l’Asie du Sud, est utilisé depuis le 13e siècle par les moines bouddhistes, pour ses vertus médicinales. Chose étonnante, ce sont ses antioxydants, appelés mogrosides, qui lui confèrent son pouvoir sucrant. L’extrait du fruit du moine est environ de 200 à 500 fois plus sucré que le sucre de table. Ceux qui sont un peu rebutés par l’arrière-goût de réglisse de l’extrait de la feuille de stévia apprécieront le goût plus neutre de ce fruit. Encore trop méconnu, il faudra étudier ses effets à long terme sur l’organisme avant de recommander ce produit.

Le stévia, un meilleur choix ?

Certaines grandes marques commencent déjà à changer leur approche et à offrir des aliments sucrés avec des édulcorants de source naturelle, tels que la feuille de stévia. Cette plante originaire de l’Amérique du Sud a un pouvoir sucrant de 200 à 350 fois celui du sucre de table. Il est encore trop tôt pour dire si cet édulcorant comporte moins de risques pour la santé que les édulcorants artificiels, car très peu d’études ont été faites à son sujet. On recommande tout de même de limiter son usage, car les effets psychologiques compensatoires observés avec les édulcorants artificiels pourraient très bien se produire aussi avec le stévia. Il est donc probable que le stévia ait des conséquences sur le système reproducteur et sur les bactéries intestinales.

Le conseil de la nutritionniste

On commence tout juste à rassembler les pièces du casse-tête et à comprendre les multiples effets qu’ont les édulcorants sur notre corps et notre cerveau. Puisqu’on ne connaît pas leurs effets à long terme, mieux vaut en réduire considérablement la consommation. Par exemple, se désensibiliser au sucre est une bonne stratégie. On s’habitue à manger de moins en moins sucré et ce ne peut qu’être bénéfique pour notre santé globale.