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«2017 revue et corrigée»: un cru sympathique et festif

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Le compte à rebours est lancé. Le temps est venu de multiplier les pieds de nez à 2017 avant de trinquer à la nouvelle année, et Revue et corrigée, présentée en première lundi au Théâtre du Rideau Vert, s’en donne à cœur joie dans ce cru sympathique et festif.

Si la récente actualité a amené beaucoup d’eau au moulin pour cette 13e revue annuelle du théâtre dirigé par Denise Filiatrault, pas question pour autant de se laisser contaminer par la morosité.

Gilbert Rozon et Éric Salvail sont cités d’entrée de jeu, mais dans un numéro d’ouverture portant la griffe de son metteur en scène, René Simard, un clin d’œil à la comédie musicale «Footloose».

Sa Majesté Julie Payette

Pendant 1h30 sans entracte, les personnages incarnés par Martin Héroux, Julie Ringuette, Marc St-Martin, Suzanne Champagne et Benoît Paquette, ces deux derniers de retour après avoir fait relâche, se bousculent au portillon.

L’astronaute et nouvelle gouverneure générale Julie Payette de Suzanne Champagne, avec son air royal, a déridé l’assistance: «Je suis comme vous, le peuple. Comme tous les Canadiens moyens, je suis allée dans l’espace, j’ai deux doctorats, etc.»

Alors que l’ex-maire Denis Coderre de Martin Héroux a fait sourire en coin avec sa Formule E, la Céline Dion de Julie Ringuette, qui ressuscite René Angélil, a autant donné lieu aux ricanements qu’à un certain malaise dans la salle.

Dans la maison des gars

Julie Snyder, parodiée par Marc St-Martin, en a encore pris pour son rhume, «visiblement pas le choix du président», a dit l’animateur d’Occupation double Jay Du Temple, rejoint sur scène tour à tour par Pierre Karl Péladeau, Lucie Laurier et Éric Salvail, «qui aimerait bien aller se la sortir dans la maison des gars».

Alors que certains sketches ont avancé cahin-caha, notamment les capsules récurrentes des «douchebags» du «Beach Club», une blague sur la carte Netflix, «la carte qui fait perdre la carte à Mélanie Joly» a fait pouffer de rire, de même que le passage de Donald Trump, d’un Vladimir Poutine en «chest» et d’un Kim Jung-un «qui fabrique des bombes» sur le plateau du Tricheur.

On s’est aussi tapé sur les cuisses en compagnie du premier ministre Philippe Couillard et de Régis Labeaume, mais surtout avec un Dave Morissette campé par Benoît Paquette et un Ron Fournier joué par Marc St-Martin.

Parmi les autres personnalités à briller sous les projecteurs, notons Michèle Richard, Louis-José Houde et Messmer, Jean-Philippe Wauthier, la triomphante Valérie Plante et son chorégraphe Luc Ferrandez.

Force est d’admettre que l’offrande manque de mordant par endroits, comme si la matière était trop dense et le fruit pas assez mûr pour savoir exactement à quelle sauce le servir. On a beaucoup ri sur les airs de Despacito et de Shape of You, mais on aurait aimé le faire davantage à gorge déployée.

N’empêche que, dans l’ensemble, la cuvée 2017 remplit sa mission. À la fois chantante, dansante et divertissante, la rétrospective est festive et à l’image d’une année riche en rebondissements.


2017 revue et corrigée est présentée au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 6 janvier 2018.