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Harcèlement sexuel au travail : des chiffres qui font peur

femme triste contre un mur
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Valérie Cordier-Chemarin - 37e AVENUE

 

Les victimes de harcèlement sexuel en entreprise sont nombreuses, mais trop peu portent plainte, révèle un sondage de la firme Angus Reid. Quelqu’un est-il surpris ?

Les chiffres sont rares concernant l’ampleur du phénomène en entreprise. En 2014, la firme de sondage Angus Reid a révélé les conclusions d’une enquête réalisée auprès de 1 504 travailleurs canadiens. Et les résultats donnent froid dans le dos.

Sans surprise, 43 % des femmes seraient touchées par ces inconduites, contre 12 % des hommes. Si l’on transpose le sondage à l’échelle nationale, il y aurait ainsi un million de Canadiens et de Canadiennes qui auraient été victimes de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail au cours de leur carrière.

Peu de personnes portent plainte

Toujours selon le sondage d’Angus Reid, 80 % des victimes ont gardé le silence de peur de représailles : dégradation de la situation, perte d’emploi ou crainte de ne pas être prises au sérieux.

Les salariés disposent toutefois d’un recours légal en portant plainte auprès de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Malgré cela, selon Me Robert L. Rivest, directeur général des affaires juridiques à la CNESST, interrogé par le Journal de Montréal en octobre 2015, il est difficile de monter un dossier contre un harceleur. « Il faut comprendre que la preuve en matière de harcèlement sexuel au travail est lourde et il revient à la personne qui se dit victime de le prouver, a-t-il dit. Ce n’est pas toujours fait au grand jour, c’est souvent subtil, sans aucun témoin, donc il existe plein de situations où la preuve n’est pas évidente à faire. »

Cependant, porter plainte à la CNESST n’est pas inutile, puisque 85 % des plaintes font l’objet d’un arrangement à l’amiable.