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Qui pourra profiter de visites chez le psy payées par la RAMQ?

Psychotherapy session, woman talking to her psychologist
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Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a annoncé dimanche la mise sur pied d'un programme public de psychothérapie au coût de 35 millions $. Selon le ministère, ce programme permettra d'offrir des soins en services mentaux à environ 3 % de la population, ce qui représentera environ 600 000 rendez-vous annuels.

Ce programme, qui se rapproche du modèle anglais, a déjà fait ses preuves et permettra de réduire les iniquités, selon Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec.

Toutefois, tout le monde ne pourra y avoir accès. Pour y accéder, un patient devra recevoir un diagnostic de trouble de santé mentale, qui inclut la dépression, notamment.

«Ce n’est pas la clientèle qui souffre de troubles mentaux graves, cette clientèle est déjà prise en charge par le milieu hospitalier, par les équipes externes», explique Mme Grou en entrevue avec Mario Dumont.

Le programme ne s’adresse pas non plus à ceux qui souffrent de détresse psychologique, ou à ceux qui vivent des problèmes conjugaux.

«Selon ma compréhension, dans une logique de couverture gouvernementale, on parle de ce qui est médicalement requis. Ça passe par l’établissement d’un trouble mental, d’un diagnostic. On espère que ça ne passera pas exclusivement par le diagnostic d’un médecin, qui sont déjà engorgés. Cette évaluation peut se faire par les psychologues», assure la présidente de l’Ordre.

Évidemment, ce sont les gens qui ne possèdent pas d’assurances privées couvrant ces traitements, qui auront droit aux thérapies.

Les citoyens qui sont aux prises avec un épisode dépressif, ou un trouble d’anxiété, par exemple, pourront bénéficier du nouveau programme.

«Inadmissible»

Christine Grou note toutefois qu’il est «inadmissible» qu’au Québec, on couvre (en termes d’assurances) la maladie en fonction de la façon dont elle survient.

Un accidenté de la route qui fait une dépression en raison de son accident sera couvert par la SAAQ. Si ce trouble apparaît en raison d’un accident de travail, le travailleur sera dédommagé par la CSST.

«Si vous perdez un enfant en raison d’une maladie grave, que vous faites une dépression, vous n’êtes pas couvert», précise Mme Grou.

Avec cette nouvelle initiative, ce vide sera comblé, et plus de personnes pourront espérer avoir un suivi.

La psychothérapie pourra être offerte par plusieurs spécialistes, dans la mesure où ceux-ci sont titulaires d’un permis de pratique délivré par l’Ordre des psychologues.

Les infirmières, travailleurs sociaux, ergothérapeutes, psychorééducateurs, sexologues, criminologues et conseillers en orientation pourraient donc offrir de la psychothérapie.

Les médecins de famille également.