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Saignée des Québécois vers les autres provinces

En cinq ans, 92 320 Québécois sont partis vivre ailleurs au Canada

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OTTAWA | La saignée de Québécois qui déménagent vers les autres provinces s’accentue sans cesse, le Québec peinant de plus en plus à retenir les francophones et les jeunes, selon les données de Statistique Canada.

« Le Québec devrait s’inquiéter de ces départs qui empirent, car c’est certainement une tendance problématique, analyse Jack Jedwab, chercheur et vice-président de l’Association d’études canadiennes (AEC). La réalité est que les Québécois sont de plus en plus attirés par l’Ontario et l’Ouest canadien, mais que les Canadiens sont de moins en moins attirés par le Québec. »

Plus de Départs

Entre 2011 et 2016, 92 320 Québécois ont quitté la province pour aller vivre ailleurs au pays, alors que seulement 55 365 ont fait le chemin inverse. Le Québec a donc ce qu’on appelle un solde migratoire de - 36 955, surclassé seulement par l’Ontario (- 37 580), qui compte tout même 5 millions de citoyens de plus.

Pire encore : le phénomène s’accentue depuis des années. La perte de population du Québec au profit des autres provinces a triplé depuis 10 ans. Entre 2001 et 2006, le solde migratoire était de - 11 650 personnes.

Selon M. Jedwab, ce sont surtout des raisons économiques qui poussent les Québécois à quitter en plus grand nombre la province pour aller dans l’ouest dans l’espoir de dénicher un meilleur emploi ou d’y fonder une entreprise plus facilement.

Soulignons toutefois que la population totale du Québec a continué à croître depuis 2001, surtout grâce à l’immigration internationale.

Si ce sont surtout des allophones et des anglophones qui quittent le Québec pour d’autres contrées canadiennes, le solde migratoire des francophones s’est quand même renversé de façon inquiétante depuis le début du siècle.

Entre 2001 et 2006, le Québec avait réussi à attirer 5000 francophones de l’extérieur de la province de plus qu’il en avait perdu.

Or, cette tendance s’est renversée 10 ans plus tard. Entre 2011 et 2016, 30 550 Québécois francophones ont quitté la province pour s’installer ailleurs au Canada, contre 21 325 Franco-Canadiens qui sont allés vivre au Québec.

« Philippe Couillard avait promis de ramener les francophones au Québec. Or, cette tâche s’annonce nettement plus difficile qu’il le pense, parce que le Québec n’est clairement pas très attirant », analyse M. Jedwab.

Les jeunes partent

Toujours selon les données de Statistique Canada, ce sont principalement des jeunes de 25 à 34 ans qui fuient la province. Ceux-ci représentent près du tiers du déficit migratoire entre 2011 et 2016.

« On remarque que c’est une fuite des cerveaux qui se fait au Québec. Les personnes plus âgées ou retraitées restent, mais les jeunes quittent plus rapidement qu’ils arrivent », analyse M. Jedwab.