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Bouffer de l’asphalte

Bouffer de l’asphalte
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J’arrive tout juste du Lac St-Jean où je suis allé donner un show ce week-end. Comme vous l’imaginez, je n’y suis pas allé avec mon hélicoptère privé (mon budget est plus de type petit drone que gros porteur). J’ai pris ma bonne vieille Nissan Altima 2006 et je suis parti pour un long pèlerinage sur la 20.

Des centaines de kilomètres dans ma voiture avec comme seul compagnon une playlist hommage au 90s sur spotify et un café latté de qualité disons intermédiaire.

Mais vous savez quoi, j’aime ça. J’aime ça faire de la route, même seul. Je peux réfléchir au numéro que j’ai dans la tête, trouver une nouvelle fin, un nouveau gag, un nouvel angle.

Je pense à ma vie, celle que j’ai, celle que j’avais, que j’aurai... je me souviens des premières années où j’ai eu mon permis, et de l’excitation qui précédait des voyages longue distance. Comme si on m’avait investi d’une mission de la plus haute importance même si en fait, j’allais juste rejoindre ma blonde de l’époque dans son petit 3 et demi de Ste-Foy.

Je chante à tue-tête des chansons que je n’oserais jamais écouter en public, quand je suis seul dans ma voiture, je ne chante pas du Georges Michael, JE SUIS GEORGES MICHAEL! Je mets le volume dans le tapis pour enterrer ma voix de qualité disons intermédiaire et je me lance tête première dans un Careless Whisper épique...

Mais la route c’est aussi les maux de dos, la météo désastreuse et les autres automobilistes qui se croient sur une piste de course même si ils conduisent un Hyundai Accent rouillé.

Si j’aime autant faire de la route, c’est surtout parce que c’est le trajet qui me sépare de ce que j’aime le plus faire dans la vie, de la scène. Ce week-end, j’ai dû faire 5hr30 de route pour me rendre à mon show et croyez-moi que cette soirée valait tous les kilomètres du monde.

Un public formidable qui avait envie de rire, dans une petite microbrasserie locale, Le coureur des bois de Dolbeau, qui prennent le risque, chaque mois, de faire un show d’humour avec des humoristes de la relève.

Il n’y pas beaucoup de moments plus enivrants que de monter sur une scène et pendant plus d’une heure faire rire des gens. Leur parler de mes doutes, de mes songes et de mes démons. Essayer d’amener des points, des réflexions toujours dans le but de faire rire. Dieu que j’aime mon métier et c’est peut-être pour ça que j’aime aussi la route.

Que malgré les heures que je dois passer assis au volant de mon carrosse, je sais qu’au bout de ça, il y a une scène, un public, des rires, du fun.

Tant et aussi longtemps qu’on me demandera de monter sur scène pour exercer mon art c’est avec plaisir que je vais continuer de bouffer de l’asphalte.