/finance
Navigation

Inquiétude face au nouveau DG de Polytechnique Montréal

Coup d'oeil sur cet article

L’ex-ministre de l’Environnement Daniel Breton estime que la nomination d’un dirigeant « propétrole » à la tête de Polytechnique Montréal pourrait être une « erreur historique » pour l’institution qui forme les ingénieurs du Québec.

« Si on nomme à la tête d’une institution aussi prestigieuse que Polytechnique Montréal quelqu’un qui est versé dans les énergies fossiles, il y a le potentiel d’une erreur historique », s’inquiète Daniel Breton, consultant en énergie verte.

M. Breton trouve illogique que Québec souhaite diminuer de 40 % sa consommation de pétrole d’ici 2030... et nomme un vice-président de Total à un poste clé. « Si à la tête de l’institution, tu mets quelqu’un du secteur pétrolier, mettons que le message est contradictoire », observe-t-il.

« Ce n’est pas Total qu’on engage »

Christian Mascle, président de l’Association des professeurs de l’École Polytechnique de Montréal, fait, lui, la distinction entre l’homme et la compagnie. « Ce n’est pas Total qu’on engage. C’est M. Tanguy », résume celui qui accueille favorablement sa nomination.

La vice-première ministre diplômée de Polytechnique Dominique Anglade et la ministre responsable de l’Enseignement supérieur Hélène David ont décliné nos demandes d’entrevue. Seule Anne-Marie Dussault Turcotte, attachée de Mme David, l’a défendu en soulignant son expérience en transition énergétique chez Total.

Malaise étudiant

Yann Blanchard, président de l’Association des étudiants de Polytechnique (AEP), représentant 5000 étudiants, a refusé d’« émettre de jugement » avant d’avoir rencontré M. Tanguy.

Le porte-parole du Regroupement de Poly contre Total (RPCT) Philippe Bouchard-Aucoin, qui a écorché sa candidature l’été dernier dans une lettre ouverte, n’a pas voulu se prononcer.

Au lendemain de la nomination de M. Tanguy, Adiko Elenga, étudiant en génie industriel, s’est, lui, montré inquiet. « Avoir un ex de Total à la tête de milliers d’étudiants, je ne pense pas vraiment que ce soit le bon choix du point de vue éthique de la profession », a-t-il regretté.