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La Chine incontournable

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Hier, en Chine, Justin Trudeau et le premier ministre chinois, Li Keqiang ont renoncé à tenir une conférence de presse commune après leur rencontre.

En termes diplomatiques, il s’agit d’un signe clair que le Canada et la Chine demeurent encore très éloignés sur plusieurs sujets, en particulier sur le libre-échange.

1. Que veut le gouvernement chinois ?

Le gouvernement chinois souhaite ardemment un traité de libre-échange avec le Canada. Pour y vendre ses produits ainsi que pour acquérir des ressources naturelles et des hautes technologies canadiennes. Le gouvernement chinois souhaite aussi que les entreprises chinoises puissent plus facilement concurrencer les entreprises américaines sur le marché canadien.

2. Pourquoi le Canada doit-il commercer avec la Chine ?

Selon les chiffres du FMI, la Chine, en parité de pouvoir d’achat, vaut 18, 1 % de l’économie mondiale. En 2022, l’économie chinoise formera 20,4 % de l’économie mondiale. Entre 2017 et 2022, la part des États-Unis dans l’économie mondiale chutera. Elle passera de 15,3 % à 14,2 %.

La part Canada, quant à elle, passera de 1,4 % à 1,3 %. Mais le Cana­da, aujourd’hui 10e plus grande puissance économique au monde, ne sera plus que 17e. Le Canada ne peut pas se permettre d’ignorer un pays qui d’ici 10 ans devrait représenter plus du quart de l’économie mondiale.

3. Qu’est-ce que le Canada peut espérer de la Chine ?

Il est important pour le Canada de diversifier ses importations et ses exportations. Depuis longtemps, le commerce du Canada est trop dépendant de celui des États-Unis. De plus, la Chine est en train devenir la première puissance scientifique du monde. Pour demeurer compétitives, les entreprises canadiennes devront avoir un excellent accès aux recherches chinoises dans pratiquement tous les domaines, ce qui est loin d’être acquis.

4. Pourquoi est-il risqué de commercer avec la Chine ?

Commercer avec la Chine comporte des risques extrêmement importants. Bien entendu, les entreprises chinoises sont soumises à des réglementions qui sont bien moins sévères que celles auxquelles doivent se plier les entreprises canadiennes.

Cela est particulièrement vrai en matière environnementale et dans le domaine de la protection des travailleurs.

Mais le plus dangereux n’est pas là. La Chine n’est pas une économie de libre marché. L’État chinois, plus précisément le Parti communiste chinois, contrôle toutes les activités économiques qui sont le moindrement significatives. La Chine n’a pas besoin de tarifs pour protéger son marché. Le Parti communiste chinois y parvient très bien grâce au réseau de ses membres qui sont aux commandes de presque toutes les entreprises chinoises importantes. Ceux qui s’inquiètent de la mainmise de l’économie américaine sur l’économie canadienne n’ont encore rien vu en comparaison de ce qui risque de se produire avec la Chine. La montée de la puissance chinoise exige de nouvelles façons de protéger nos industries. Malheureusement, trop peu de dirigeants le comprennent.