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La fiscalité des lâches: les contraventions

La réalité des quotas de contravention a été révélée, vendredi.
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Ces lâches qui ne veulent pas taxer la richesse

Ben non! Êtes-vous fous? Êtes-vous tombés sur la tête? Pas question pour les élus de taxer la richesse détenue par le petit nombre de pontifes. Voyons donc, ce sont ces pontes qui les financent et qui leur donnent des jobs ainsi qu’à leurs enfants. Vous croyez encore que les politiciens sont au service des intérêts supérieurs de la collectivité, du bien commun, de l’égalité des chances et du rétrécissement des inégalités économiques? Ha, ha, elle est bien bonne celle-là. Faudrait revenir sur terre mes amis.

 

On ne peut pas taxer davantage les riches et les compagnies que vos gouvernements, le patronat et leurs universitaires et chroniqueurs vous disent, car ils vont partir; que cela va provoquer l’exode de nos «cerveaux» autoproclamés; qu’ils vont tous faire faillite; qu’ils ne pourront plus investir; qu’ils ne seront plus compétitif et ben d’autres inepties ridicules du genre larguées juste pour vous effrayer. Pas touche à nos créateurs de richesse qui nous font vivre. De toute façon, il y a peu de riches au pays, ce qui est vrai. Mais peu de riches qui détiennent la vaste majorité de la richesse, s’entend. Voilà la vérité. Pas seulement au Québec et au Canada, mais partout en Occident.

 

Alors, il faut taxer qui dans ce cas? Je vous le demande

Vous le savez, ce n’est pas les classes moyenne et inférieure qui peuvent se payer des lobbyistes, des publicités, des sondages, des universitaires, des journalistes, des organismes de recherche, etc. Vrai qu’ils ne sont pas riches, mais ils sont nombreux et faciles à endoctriner, à culpabiliser et à endormir grâce aux actions dynamiques des élites de tout poil. Voilà pourquoi nos gouvernements de compagnie font ce que la classe dirigeante leur dicte : baisser les impôts sur le revenu; augmenter les taxes à la consommation (TVQ) et même en introduire une sur les aliments (comme le préconise l’«éminent» fiscaliste universitaire Luc Godbout); accroître les tarifs sur les services publics et en ajouter de nouveaux comme sur l’eau et les autoroutes (et même les trottoirs); ne pas s’attaquer à l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux ou faire juste semblant pour leurrer et berner la populace; pas touche aux privilèges d’évitement fiscal comme l’incorporation, les options d’achat d’actions, les REER à 26 500$ l’an, les gains de capitaux dont la moitié n’est pas imposable et enfin, par esprit de lucidité, y aller joyeusement avec les contraventions avec la bénédiction de l’État.

 

 

Des élus tout simplement pitoyables

«Police. Québec (PLQ) ne veut pas de loi anti-quotas de tickets» (Le Journal de Montréal, 18 février 2016). Comme ils ne veulent pas de loi anti-scabs. Ben non, les politiciens obligent les policiers et les fonctionnaires à distribuer des contraventions en fixant des quotas minimums à atteindre et en versant des primes à ceux qui les dépassent. Tiens, il y a aussi cet autre article : «Le SPVM (police de Montréal) confirme imposer des quotas» (La Presse, 20 novembre 2014).

 

C’est partout comme ça au Québec. Comme le PLQ coupe les subventions aux municipalités (et augmente celles aux entreprises), ces dernières répliquent par la distribution revigorée de contraventions aux ouailles comme dans : «Sainte-Thérèse. La limite de 40 km/h remplit les coffres» (Le Journal de Montréal 21 octobre 2017). Dans ce cas, pourquoi ne pas la ramener à 10 km/h? Et aussi : «Des quotas de contraventions imposés aux policiers en Montérégie» (Le Devoir, 10 juillet 2014). Et maintenant, place aux radars. Ça rapporte plus et ça coûte moins cher que les flics : «Des radars photo sur les routes de Longueuil et de Laval» et «Nouveaux radars sur la Rive-Sud» (Le Devoir, 3 juillet 2013 et Le Journal de Montréal, 19 octobre 2015).

Et rien n’arrête le progrès : «Radars photos mobiles. Toujours plus payants» (La Presse, 27 janvier 2014). Naturellement, le PLQ, qui adore taxer la classe moyenne, veut en implanter partout, pour plus «d’équité» : «Le ministre des Transports évoque l’idée de radars photo par tronçon» (Le Journal de Montréal, 29 juillet 2014). Et ils viennent vous dire hypocritement que : «Les contraventions sauvent des vies» (La Presse, 11 mars 2008). Et que votre joie surabonde, car les tickets ont enfin mis Montréal sur la «map» : «Montréal, capitale de la contravention. La métropole est la ville canadienne qui engrange le plus de revenus grâce aux amendes. Elle a récolté 186 millions$ en 2011» (La Presse, 30 août 2012). Et c’est rendu combien en 2017? 186 millions de revenus bruts auxquels il faut déduire les bonis versés aux cadres de la police : «Bonis pour les cadres en fonction des tickets» (Le Journal de Montréal, 16 février 2016).

 

Soyons justes : faut pas s’acharner uniquement sur les automobiles

On a des politiciens vraiment humanistes dotés de principes moraux élevés, ce qui les honore. Oui par très solidarité et par amitié, ils ne veulent pas taxer la richesse et les revenus de leurs maîtres. Mais par souci de justice et d’équité, ils ne veulent pas non plus s’acharner uniquement sur les automobilistes. Et que non! Tout le monde doit faire sa part et contribuer aux recettes du gouvernement si l’on veut détaxer les nantis et les compagnies et les subventionner davantage. Alors faut innover et émettre des tickets à tout ce qui bouge, quitte à se tourner en ridicule. Mais comme le poète l’a dit : «Le ridicule ne tue pas.»

 

-«Montréal. Les cyclistes surveillés de près. Le nombre de contraventions à leur endroit a bondi de 26% en 2016» (Le Devoir, 6 juillet 2017). Policiers, lâchez pas la patate. Vous êtes capables de résultats supérieurs en 2017. Allez un autre petit coup.

-«494$ de tickets et des menottes pour un arrêt mal effectué à vélo» (Le Journal de Montréal, 12 juillet 2014). Tiens toé, ça t'apprendra. La prochaine infraction, c’est la prison, espèce de criminel.

«Montréal donnerait trop de tickets à ses itinérants» (Le Journal de Montréal, 17 juillet 2017). Pas de passe-droits à personne. Pensent-ils coucher sur nos trottoirs gratuitement? Faut simplement appliquer le principe de l’utilisateur-payeur sauf pour les pollueurs et les sites miniers à nettoyer.

-«Courir pour attraper son autobus lui coûte cher. Un étudiant écope d’une amende de 361$» (Le Journal de Montréal, 27 février 2017). Un autre étudiant excité qui aurait pu blesser quelqu’un en courant pour prendre son bus. On n’a plus les étudiants respectueux de l’ordre et des lois que l’on avait dans mon temps, hélas.

-«Parc Laurier. 300$ pour une gorgée de bière?» (La Presse, 15 juin 2015). Cé ben effrayant de juste penser à boire une bière dans un parc public, probablement en présence d’enfants et encore plus au parc Laurier qui est situé en plein cœur du Plateau Mont-Royal. Ouach! Où s’en va notre jeunesse?

-«Sans monnaie exacte dans l’autobus : 219$ d’amende. Un autre ticket de fou» (Le Journal de Montréal, 2 août 2013). Moi, je trouve qu’il n’y a rien de fou, bien au contraire, à distribuer de gros tickets à qui que ce soit en tout temps et en toutes circonstances. Les services publics, ça coûte cher. Dans ces cas, pas de danger de taxer les riches qui ne prennent jamais le bus ou le métro.

-«169$ d’amende pour un mégot (jeté par terre) et nourrir un écureuil 75$» (Le Devoir, 22 mai 2009). Rien n’arrête la modernisation et la réingénierie de l’État. Faut en finir avec l’immobilisme. Faudrait obliger les fumeurs à se doter de cendriers portatifs.

-«Amende pour excès de vitesse. Les mineurs dans le viseur de Québec» (La Presse, 7 novembre 2013). Aussi dans le rétroviseur du gouvernement du Québec, il y a et faut tout pas les oublier, ceux-là : «Les assistés sociaux sous surveillance» (Le Devoir, 5 juin 2014).

 

Pas d’amendes aux gros, juste aux petits

Terminons par ces trois petites vites qui démontrent la politique à deux vitesses de nos élus :

 

-«Restauration des sites miniers. Les Québécois devront payer la note (Plus de 1.2 milliard$)» (Le Devoir, 24 août 2013). Y’a rien là!

-Levés sismiques (sans autorisation) à Cacouna. Québec (PLQ) impose (à des amis) l’amende minimale (5 000$) à TransCanada» (Le Devoir, 21 septembre 2015).

-«Le CP rase en partie un rare espace naturel montréalais ... et s’excuse (et aucune amende)» (Le Devoir, 18 octobre 2014). Comme le disait le même poète : «Les amendes, c’est pour les autres». Qui sont les autres?