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Le chanteur Johnny Hallyday s'éteint à 74 ans

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La France est en deuil. Sa plus grande vedette de rock, celui qui a été l’idole des jeunes et qui a vendu plus de 110 millions d’albums, le seul et unique Johnny Hallyday, a rendu l’âme à l’âge de 74 ans, pendant la nuit de mardi à mercredi, après avoir lutté contre un cancer du poumon.

Les rumeurs de sa mort imminente revenaient sans cesse. Mais cette fois, c’est bien vrai. Sa femme Laeticia a confirmé la triste nouvelle dans un communiqué de presse publié mardi soir, heure du Québec.


Johnny Hallyday 1943-2017


«Johnny Hallyday est parti. J’écris ces mots sans y croire. Et pourtant c’est bien cela. Mon homme n’est plus. Il nous quitte cette nuit comme il aura vécu tout au long de sa vie, avec courage et dignité.»

AFP

«Jusqu’au dernier instant, poursuit-elle, il a tenu tête à cette maladie qui le rongeait depuis des mois, nous donnant à tous des leçons de vie extraordinaires. Le cœur battant si fort dans un corps de rocker qui aura vécu toute une vie sans concession pour son public, pour ceux qui l’adulent et ceux qui l’aiment.»

Johnny Hallyday et sa femme.
Photo d'archives, AFP
Johnny Hallyday et sa femme.

Le Taulier, comme on le surnommait en France, est mort entouré des siens dans sa résidence de la banlieue parisienne, un mois après une ultime hospitalisation pour détresse respiratoire.

Plus de 1000 chansons

Né Jean-Philippe Smet, Johnny Hallyday a connu le succès au début des années 1960. On dit que c’est lui qui a popularisé le rock and roll en France.

Johnny Hallyday et Céline Dion.
Courtoisie
Johnny Hallyday et Céline Dion.
Photo d'archives, AFP

La liste des chansons qu’il propulse au sommet des palmarès est impressionnante. On lui doit Le pénitencier, Que je t’aime (reprise chez nous par Sylvain Cossette), Ma gueule (reprise par Éric Lapointe), Quelque chose de Tennessee, La musique que j’aime et combien d’autres.

Au total, il enregistre plus de 1000 chansons.

Mais ce n’est pas seulement dans le studio que ça se passe. Johnny est une bête de scène. Il cumule 183 tournées et ses concerts attirent plus de 28 millions de spectateurs.

En septembre 1998, il est la seconde vedette, après les Rolling Stones, à chanter au tout nouveau Stade de France. En trois soirs, dont le dernier sous une pluie diluvienne, il attire 215 215 fans en délire.

Peu présent au Québec

Malgré son statut de vedette planétaire, Johnny Hallyday n’a que peu chanté au Québec. Lorsqu’il accepte d’être l’une des têtes d’affiche du Festival d’été de Québec, en 2012, sur les plaines d’Abraham, c’était son premier concert chez nous depuis une performance au Théâtre Saint-Denis, en 2000. Dans la capitale, son dernier concert remontait à 1975.

Photo d'archives, AFP
Photo d'archives, AFP

«J’avais un tourneur qui n’aimait pas trop m’envoyer à l’étranger», avait-il expliqué à un groupe de journalistes québécois, en décembre 2011, à Paris.

Pourtant, Hallyday aimait le Québec et ses vedettes. Il vouait une admiration sans bornes à Céline Dion et avait été conquis par Marie-Mai, à qui il avait confié la première partie de ses concerts au Stade de France, en 2012.

Photo d'archives, AFP
Photo d'archives, AFP

«Sa dernière tournée au Québec remonte au printemps 2014. Johnny avait alors chanté au Capitole de Québec, à la salle Thompson de Trois-Rivières et finalement à la Place des Arts, à Montréal.»

100 millions de disques

Johnny Hallyday s’est battu. En montant sur scène, en juin et juillet, avec ses copains Jacques Dutronc et Eddy Mitchell, pour la tournée des Vieilles Canailles. Des moments parfois difficiles, comme cette première à Lille (nord) où il était apparu affaibli par une chimiothérapie subie quatre jours plus tôt, mais aussi l’impression d’aller de mieux en mieux, au fil des concerts, comme porté par l’énergie de ce public qu’il croisait pour la dernière fois.

Pour «rester vivant», comme s’intitulait sa dernière tournée marathon (2015-2016), cette «bête de scène», qui a rempli en 57 ans de carrière tous les plus grands lieux de France, travaillait aussi à un nouvel album.

Photo d'archives, AFP

Puis, en janvier 2016, il a interprété la chanson Un dimanche de janvier, chanson hommage aux victimes des attentats de Paris, aux côtés de François Hollande, lors de l’hommage marquant le premier anniversaire de ce drame.

Avec plus de 100 millions de disques vendus et dix Victoires de la musique, «l’idole des jeunes» puis des moins jeunes a traversé les époques: celles des débuts du rock and roll où il ressemblait à un «Elvis Presley» made in France, des yé-yé, de la variété plus «mainstream» avec Michel Berger ou Jean-Jacques Goldman dans les années 80, pour revenir avec bonheur ces dernières années aux sources du blues et du rock.

Excès et amours

Au fil d’une vie menée à fond de train, avec ses accidents, ses excès relayés en une des gazettes, ses amours tempétueuses et médiatiques (Sylvie Vartan avec qui il aura un fils, David Hallyday, Nathalie Baye, avec qui il aura une fille, Laura Smet), ses maisons en Suisse et aux États-Unis sur fond d’accusation d’exil fiscal, «Johnny» était devenu plus qu’un artiste.

Photo d'archives, AFP

Une légende vivante, un chanteur quasi officiel, mais aussi un personnage parfois agaçant pour certains, égratigné pour sa façon de s’exprimer, à l’image du «Ah que...» popularisé par sa marionnette des Guignols.

«Ma vie a été un tunnel de souffrances, où je ne me sentais pas toujours en accord avec moi-même, vivant au jour le jour, tenaillé par la peur du lendemain», se confiait en 2014 à Télérama celui qui était au civil Jean-Philippe Smet, du nom de son père belge, qu’il a si peu connu.

Photo d'archives, AFP

Ces dernières années, c’est sa santé qui était devenue un sujet délicat. Avec ce coma qui a fait craindre le pire en 2009 aux États-Unis et ce cancer qui l’a poussé à son dernier combat.

Des «souffrances» qu’il oubliait toutefois quand il retournait en studio ou remontait sur scène, pour, jusqu’au bout, «être Johnny Hallyday», ce qu’il appelait «un métier».

– Avec l'AFP