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Les pharmaciens veulent le monopole de la vente du cannabis médical

«Si c’est du cannabis thérapeutique, on demande que cela soit servi uniquement en pharmacie au Québec», soutient le président de l’AQPP, Jean Thiffault.
Photo d'archives ANNIE T. ROUSSEL «Si c’est du cannabis thérapeutique, on demande que cela soit servi uniquement en pharmacie au Québec», soutient le président de l’AQPP, Jean Thiffault.

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Les pharmaciens propriétaires réclament le monopole de la vente du cannabis à des fins thérapeutiques au Québec, a appris Le Journal.

«C’est tout à fait logique. Si c’est du cannabis thérapeutique, on demande que cela soit servi uniquement en pharmacie au Québec», soutient le président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), Jean Thiffault.

L’AQPP, qui regroupe plus de 2080 pharmaciens propriétaires au Québec, demande que la législation actuelle soit abolie pour leur remettre le plein contrôle de la vente et de la distribution du cannabis médical.

Actuellement, selon les règlements du fédéral, la seule façon de distribuer du cannabis à des fins thérapeutiques est par la poste.

Les personnes qui obtiennent d’un médecin l’autorisation de consommer du cannabis médical peuvent s’en procurer auprès d’un producteur autorisé par Santé Canada.

Or, mis à part la bannière Pharmaprix/Shoppers Drug Mart qui attend toujours le feu vert de Santé Canada pour obtenir son permis de vente en ligne, aucune autre bannière de pharmacies au Québec ne dit publiquement privilégier cette avenue.

Des bannières silencieuses

Les bannières Jean Coutu, Uniprix et Proxim ont toutes indiqué mardi au Journal s’en remettre plutôt à la demande des pharmaciens propriétaires qui revendiquent le monopole de la vente à des fins médicales.

Selon M. Thiffault, qui possède également une pharmacie Jean Coutu, les pharmaciens propriétaires sont les mieux placés au Québec pour garantir un approvisionnement fiable et des services-conseils aux usagers du cannabis médical.

«Ce ne sera pas aux employés de la Société québécoise du cannabis de surveiller les ordonnances, de fournir le bon dosage, les conseils et le suivi professionnel des patients. Ce sont des tâches qui reviennent aux pharmaciens», a-t-il plaidé.

L’AQPP reconnaît que le temps file et demande ainsi au gouvernement fédéral d’amender le Règlement sur l’accès du cannabis à des fins médicales afin d’en interdire la vente en ligne par des producteurs autorisés par Santé Canada.

Les pharmaciens propriétaires promettent d’ailleurs de se faire entendre au cours des prochains mois tant à Québec qu’à Ottawa sur cet enjeu.

L’AQPP entend participer aux consultations publiques à Québec sur le projet de loi 157 qui encadrera la vente et la distribution de cannabis en sol québécois le 1er juillet prochain.