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Les Québécois font moins de bénévolat encadré que le reste des Canadiens

Kitchen Serving Food In Homeless Shelter
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Les Québécois feraient moins de bénévolat que les résidents des autres provinces et territoires canadiens, selon des données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) recueillies en 2012 et parues lundi.

En 2012, 36,4 % des Québécois âgés de 16 à 65 ans ont affirmé avoir fait du bénévolat au sein d’un organisme. En comparaison, la proportion de la population ayant fait du bénévolat se situait entre 50 % et 65 % dans le reste du Canada.

Cette disparité s’explique par le fait qu’au Québec, l’implication bénévole se fait plus rarement via un organisme. La majorité des Québécois préfère plutôt offrir de l’aide directe à un ami, un voisin ou un parent. Selon l’ISQ, «lorsqu'on considère l’aide directe seulement, le Québec présente le taux de bénévolat le plus élevé.»

On appelle bénévolat «non encadré» ou «informel» toute aide directe non rémunérée à une personne de l’entourage. Cela peut par exemple inclure des tâches ménagères ou du tutorat.

Une étude du Réseau de l’action bénévole du Québec (RABQ) parue en octobre dernier montre qu’en prenant compte du bénévolat non encadré, 80 % des Québécois ont participé à des activités bénévoles en 2016. De ce nombre, 75 % l’ont fait de manière informelle.

L’inclinaison à faire du bénévolat encadré semble être un facteur culturel, alors que l’ISQ révèle que les anglophones tendent à plus s’y adonner. Ainsi, 46,8 % des anglophones québécois ont fait du bénévolat encadré en 2012, contre 36 % des francophones.

Le bénévolat en transformation

Une recherche commandée par le RABQ en 2011 mentionne l’importance d’un «nouveau bénévolat», caractérisé par un plus grand intérêt pour le bénévolat informel, un don de temps plus sporadique et un intérêt plus marqué pour des causes perçues «à la mode.»

Le directeur général du Centre d’Action bénévole de Montréal, Pierre Morrissette, remarque qu’il est en effet de plus en plus difficile de regrouper des bénévoles sur une période continue.

Pour M. Morrissette, les changements générationnels expliqueraient ces transformations. «Avant, les plus vieux débarquaient dans un organisme et disaient "dites-moi ce que je peux faire et je vais le faire"», a-t-il noté.

Les choses ont changé avec l’arrivée des baby-boomers nouvellement retraités. Ceux-ci préfèrent s’impliquer dans des causes qui leur tiennent à cœur.

Chez la jeune génération, les activités bénévoles ponctuelles ont la cote. «

En général, ils sont moins dans la régularité et la durée, et plus dans quelque chose de spontané», a souligné M. Morrissette.

 

Proportion de la population de 16 à 65 ans ayant fait du bénévolat en 2012 selon la province ou le territoire de résidence (Institut de la statistique du Québec)

• Yukon : 64,5 %

• Territoire du Nord-Ouest : 63,5

• Île-du-Prince-Édouard : 59,3 %

• Saskatchewan : 59,0 %

• Manitoba : 55,2 %

• Colombie-Britannique : 55,1 %

• Alberta : 54,6 %

• Nouvelle-Écosse : 54,2 %

• Nouveau-Brunswick : 53,4 %

• Nunavut : 52,3 %

• Terre-Neuve-et-Labrador : 51,0 %

• Ontario : 50,0%

• Québec : 36,4 %