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Pas de cannabis dans les quartiers défavorisés, demande l'UMQ

ARG-BOIS D'OEUVRE
Photo d'archives TOMA ICZKOVITS Le président de l'Union des municipalités du Québec, Alexandre Cusson

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Le gouvernement doit interdire la vente de cannabis dans les quartiers défavorisés de la province lorsqu'il sera légalisé en juillet, demandent les municipalités du Québec.

Des milieux comme le quartier Saint-Joseph, à Drummondville, compte des citoyens qui vivent déjà avec des problèmes de consommation, cite en exemple le maire et président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson.

«C’est un quartier où je ne voudrais pas qu’il soit facile de partir de la maison à l’improviste et de marcher quelques pas pour aller s’approvisionner. Il ne faut surtout pas amplifier la situation», insiste M.Cusson, rappelant que beaucoup d’effort son déjà mis pour revitaliser le quartier Saint-Joseph.

Dans son mémoire qui sera présenté mardi en commission parlementaire à Québec, l’UMQ exhorte le gouvernement à ne pas faire la même erreur que ce qui a été fait avec les loteries vidéo, contrôlées par l’État.

«Plusieurs machines étaient installées dans des quartiers défavorisés où on a amplifié des problèmes existants en plus de créer de nouvelles dépendances», rappelle Alexandre Cusson.

Loto-Québec a d’ailleurs annoncé en 2016 qu’il allait retirer 1100 appareils des bars et des restaurants de la province, principalement dans des zones où vivent des personnes à faibles revenus, afin de contrer les problèmes de dépendance.

Plus de critères

Si à l’heure actuelle, l’emplacement des magasins de la Société des alcools du Québec (SAQ) est déterminé par de simples critères commerciaux, il ne devrait pas en être ainsi pour ceux de la future Société québécoise du cannabis (SQC), disent les municipalités.

«Le seul fait qu’un local disponible respecte le zonage commercial de la municipalité ne devrait pas être jugé suffisant par la SQC [pour y installer un magasin]», mentionne le mémoire de l’UMQ.

La loi devrait ainsi considérer des critères socioéconomiques, comme la concentration d’habitations à loyers modiques ou de problèmes de consommation dans un quartier, pour déterminer les lieux de construction de la SQC.

Marché noir

Questionné à savoir comment éviter que le marché noir ne contrôle les milieux défavorisés si la SQC n’est pas présente, M.Cusson répond simplement que «le but du gouvernement en légalisant le cannabis est de mettre des embûches au marché noir. S’il reste dans les milieux défavorisés, alors c’est un échec et ce sera aux policiers d’intervenir», dit-il.

Revenus

Les municipalités du Québec exigent également d’obtenir au moins le tiers des revenus générés par les taxes sur l’achat du cannabis. Cette part de la cagnotte leur permettrait d’assurer les frais importants qu’engendrera le respect des lois sur le cannabis, la formation des policiers à en détecter la consommation et les employés municipaux à l’émission des permis.

Les nouveaux revenus du gouvernement après la légalisation du cannabis devraient d’ailleurs être considérables si on compare avec le Colorado, qui a légalisé la consommation du cannabis en 2014. Dans cet état américain de 5,5 millions d’habitants, les revenus gouvernementaux en taxes et permis entourant le cannabis sont passés de 67M$ en 2014 à 193M$ en 2016.

Autres demandes de l’UMQ issues de son mémoire

  • Qu’une personne ayant reçu une amende pour culture de cannabis chez soi ne puisse pas la contester en Cour fédérale
  • Que des tests fiables pour détecter le niveau d’intoxication d’une personne par le cannabis soit homologués par Santé Canada
  • Que les municipalités puissent déterminer elles-mêmes des lieux extérieurs où il sera interdit de fumer du cannabis, en plus de ceux prévus par la Loi sur le tabac, comme les parcs, les aires de jeux, les terrains sportifs, les écoles, les garderies, les terrasses et à moins de 9 mètres des lieux publics. Elles aimeraient, par exemple, l’interdire sur des lieux de festivals extérieurs.