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Québec a trois plans pour les lagunes toxiques de Mercier

La santé et la sécurité sont assurées, dit la ministre de l’Environnement

L’écotoxicologue Daniel Green montre le tuyau par lequel le ministère de l’Environnement déverse des polluants dans un fossé agricole à Mercier, en Montérégie.
Photo d’archives, BEN PELOSSE L’écotoxicologue Daniel Green montre le tuyau par lequel le ministère de l’Environnement déverse des polluants dans un fossé agricole à Mercier, en Montérégie.

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La ministre de l’Environnement assure travailler sur trois possibilités pour faire face à la contamination des lagunes de Mercier, sans préciser quand et comment elle compte intervenir.

« Quand je serai prête à faire une annonce, bien sûr que vous serez mis au courant », a déclaré la ministre Isabelle Melançon au Journal mardi.

Sans dire quelles sont les trois possibilités à l’étude, Mme Melançon soutient vouloir régler le dossier de Mercier « bien avant les élections » prévues l’année prochaine.

La ministre s’est voulue rassurante après la publication d’une série d’articles du Journal sur la contamination des lagunes de Mercier, le pire site toxique du Québec, où la pollution s’accumule depuis près de 50 ans.

Le Journal a notamment révélé que l’usine qu’opère le ministère sur le site déverse de l’eau chargée de cancérigènes dans la nature, tandis que sa mission est de pomper les polluants dans la nappe phréatique pour empêcher qu’ils se dispersent davantage.

Santé et sécurité

Le ministère ne compte toutefois pas revoir ses méthodes. « Selon la science, actuellement, avec cet héritage industriel terrible que nous avons, c’est le mieux que nous puissions faire », a répondu Mme Melançon, assurant que le procédé « assure la sécurité et la santé des citoyens ».

Mais André Belisle, le président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), n’en est pas convaincu. Selon lui, maintenir les méthodes actuelles sans décontaminer profondément le site « met la vie des gens et des élevages en danger ».

« Il peut y avoir des résurgences de la nappe phréatique un peu partout, indique-t-il. L’eau ne fait pas que descendre. Parfois elle remonte, selon la topographie du terrain, et elle amène les contaminants avec elle à la surface. »

Maude Laberge, la mairesse de Sainte-Martine, une municipalité voisine de Mercier elle aussi touchée par la contamination, plaide également pour la décontamination profonde du site pour désamorcer « une bombe à retardement », dit-elle.

Excavation

« On ne veut pas faire peur à la population, mais on l’a vu dans d’autres cas, il y a des quartiers entiers qui ont dû être fermés parce que les contaminants en se décomposant dans le sol contaminent les maisons », explique-t-elle.

La ministre Melançon indique toutefois qu’une excavation du site pour en extraire les sols contaminés serait risquée, car les contaminants ont glissé jusqu’au roc, très profondément dans le sol. Creuser pourrait donc faire remonter les contaminants du roc vers la nappe phréatique.

L’excavation est pourtant la seule solution lorsque des BPC sont impliqués, comme c’est le cas à Mercier, indique l’écotoxicologue Daniel Green, puisque les BPC ne se décomposent pas.

Il rappelle que 573 barils et 355 condensateurs contaminés par des BPC ont été enfouis dans les lagunes de Mercier, d’après une enquête du ministère de l’Environnement.