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Rocky

Jean-François Lisée
Photo Joël Lemay Jean-François Lisée

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Rien n’est joué en ces temps de volatilité électorale extrême, mais si des élections avaient lieu aujour­d’hui, le PQ aurait du mal à faire élire 10 députés.

L’explication tient en deux phrases.

La CAQ ne casse pas des briques, mais beaucoup de Québécois cherchent le meilleur moyen de se débarrasser du PLQ. Comment leur donner tort ?

Ensuite, pour nombre de Québécois – à tort ou à raison –, le PQ incarne un projet sur lequel le soleil de l’Histoire semble se coucher.

Réalité

Certes, les péquistes savent qu’ils devront aller à la bataille avec M. Lisée à leur tête. Mais il s’en trouvera pour le blâmer.

Le blâmer de quoi, au juste ?

Ne réalisant pas qu’ils réécrivent l’Histoire, certains reprocheront à M. Lisée de ne pas être à la hauteur des grandes figures du panthéon souverainiste.

C’est oublier que sept mois avant la victoire historique de 1976, Claude Charron demandait la démission de René Lévesque, disant qu’il n’était plus l’homme de la situation.

C’est oublier que Jacques Parizeau n’aurait jamais pu tenir le référendum de 1995 sans la mégacrise constitutionnelle du début des années 1990.

Lui reprocher la mise au rancart du référendum ? C’est pourtant cette option que les militants plébiscitèrent en le portant à leur tête.

Rappelez-moi, s’il vous plaît, le score de Martine Ouellet, qui proposait de tenir un référendum coûte que coûte...

En 2007, André Boisclair promettait un référendum, et cela n’avait pas empêché nombre de nationalistes de voter pour l’ADQ de Mario Dumont.

Reprochera-t-on à M. Lisée de ne pas être parvenu à réunifier les chapelles souverainistes ? Voyons donc...

C’est Québec solidaire qui a poignardé la convergence espérée, une secte qui se soucie plus du socialisme, des transgenres et d’avoir raison que de l’indépendance.

Un classique dérisoire, dans les partis politiques, est de mettre les déboires sur l’absence d’une bonne « communication » : c’est parce que votre sublime message ne parvient pas aux gens qu’ils ne vous suivent pas.

On ne veut pas admettre qu’il se peut, tout simplement, que les gens ne soient pas intéressés par votre marchandise.

Sérieusement, qui reprochera à M. Lisée de ne pas être un bon communicateur ?

Jusqu’au bout

Certes, quand ça va mal, la responsabilité ultime est celle du chef, puisqu’il n’y a personne après lui.

Mais nombre de gens ne saisissent pas la différence subtile entre ce qui est de votre responsabilité et ce qui est de votre faute.

La veille de son premier combat contre Apollo Creed, Rocky, qui ne parvient pas à dormir, dit à Adrienne qu’il sera fier de lui s’il tient la distance et se comporte dignement.

C’est pareil en politique. Des fois, vous ne faites pas d’erreurs majeures. C’est simplement que les gens sont rendus ailleurs. Pour un temps ou pour toujours.