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Un piège pour Jean Pascal

Jean Pascal aurait dû être traité convenablement pour un combat aussi important qu’un combat d’adieu.
Photo Martin Chevalier Jean Pascal aurait dû être traité convenablement pour un combat aussi important qu’un combat d’adieu.

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MIAMI | Jean Pascal soutient qu’il livrera son dernier combat à vie contre Ahmed Elbiali au Hialela Park Race and Casino, un casino installé sur des terrains d’une réserve près de l’aéroport de Miami.

Le combat est prévu pour vendredi et comme c’est sans doute le dernier d’une extraordinaire carrière, il sera télévisé à la télévision payante au Québec. Par ailleurs, PBC, la compagnie d’Al Haymon, présente le combat au réseau Fox Sports 1, un réseau qui se consacre à des combats de moyenne envergure.

Je suis arrivé à Miami et j’attends encore Jean Pascal. L’ancien champion du monde est encore à Montréal à tenter de perdre les livres qu’il doit suer avant la pesée de jeudi midi.

« J’ai essayé une nouvelle méthode avec mon conseiller en nutrition et j’ai pris du poids au lieu d’en perdre. Depuis quelques jours, c’est le gros travail pour me présenter à la pesée sous le poids inscrit au contrat de 176 livres », m’expliquait en fin de semaine l’ancien champion du monde.

UN VOL À 6 HEURES DU MATIN !

Ce combat contre Elbiali, un Égyptien que le vétéran promoteur Leon Margolis tente de faire grimper dans les classements pour enfin décrocher les grosses bourses payantes réservées aux têtes d’affiche, ne me dit rien de bon.

Jean Pascal est un ancien champion du monde. Un guerrier sans peur qui s’est mesuré à Carl Froch, à Chad Dawson quand il était le meilleur livre pour livre du monde, à Bernard Hopkins et à Serguei Kovalev entre autres, avait l’habitude de camps d’entraînement élaborés de plusieurs semaines où il s’installait, à Miami ou à Las Vegas. Je le sais, j’allais le visiter régulièrement.

Cette fois, Jean Pascal, avec Pedro Bouchard et Stéphan Larouche, va prendre l’avion à 6 heures du matin mercredi pour atterrir vers 9 heures et demie, et après avoir récupéré ses bagages il va se rendre au casino pour une conférence de presse.

Ça n’a pas d’allure. Pascal va être à jeun et en pleine perte de poids, au début de la phase finale de déshydratation quand il va prendre l’avion.

Comment voulez-vous qu’il se remette d’un vol aussi matinal, qu’il participe à une conférence de presse, qu’il souffre pour la pesée officielle du lendemain et qu’il soit parfaitement prêt vendredi pour un combat contre un jeune espoir d’un promoteur américain ?

UN PROMOTEUR CHEAPO

J’ai posé la question à Jean Pascal : « C’est le promoteur qui a payé ces billets et les trois nuits à l’hôtel. Je n’ai pas eu le choix », a répondu le champ.

Ben voyons donc. Depuis quand Jean Pascal n’a pas le choix d’être traité convenablement pour un combat aussi important qu’un combat d’adieu ?

Comment son nouveau promoteur, le Californien Tom Brown, un porteur de valise d’Al Haymon, a-t-il pu consentir à pareilles conditions ?

Et je comprends Jean Pascal de se limiter aux billets et aux nuitées fournis par le promoteur Leon Margolis.

Si mes informations sont exactes, et il me manque encore une confirmation à mon info, l’ancien champion se battra pour une bourse ridicule. Je ne comprends pas du tout. Pascal explique que c’est Margolis qui l’a contacté pour lui offrir le combat. Parfait.

Mais comment un boxeur qui a été le premier à toucher un million au Québec pour un combat, qui a généré pour une trentaine de millions en chiffres d’affaires dans la boxe, la grande majorité de ces millions au Québec, comment cette vedette des mi-lourds sur la scène internationale depuis une décennie a-t-il décidé d’aller livrer sa dernière bataille dans un casino de Hialeah, près de Miami ?

UNE VRAIE SOIRÉE

Le Journal sera présent pour tout raconter et faire le bilan d’une carrière fabuleuse. TVA viendra aussi témoigner de cette dernière performance de Jean Pascal.

Mais le champ aurait mérité un combat facile à la Place Bell ou au Centre Videotron avec Serguei Kovalev et Bernard Hopkins parmi les invités de son promoteur. Pour lui serrer la main et montrer qu’ils ont compris qu’il était un formidable vendeur de tickets.

Il aurait mérité de vrais adieux. Car il aura fait vibrer les amateurs plus que le nécessaire parfois.

Il méritait certainement mieux qu’un vol d’American à 6 heures du matin, le ventre creux et la fatigue d’une nuit blanche à 48 heures d’un combat difficile.