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Montréal a déjà offert le poste du chef de police à ses deux adjoints

Philippe Pichet démissionnera, sera suspendu ou son service sera mis sous tutelle

Commission Chamberland
Photo Pierre-Paul Poulin Le chef du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet, lors de son témoignage à la Commission d’enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques, qui s’est déroulée en avril dernier. 

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Signe que les heures de Philippe Pichet sont comptées à la tête de la police de Montréal, deux de ses adjoints se sont fait proposer hier le poste de chef par la direction générale de la Ville.

Le directeur du SPVM, Philippe Pichet, aurait été convoqué par l'Hôtel de Ville de Montréal.

Selon ce qu’a appris notre Bureau d’enquête, les assistants-directeurs au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Simonetta Barth et Claude Bussières ont tous deux refusé l’offre de l’administration de Valérie Plante par loyauté à Philippe Pichet.

À cela s’ajoute le rapport du commissaire Michel Bouchard qui serait publié aujourd’hui. Ce dernier serait dur quant aux pratiques internes du SPVM.

Le commissaire Bouchard y recommanderait même que le chef Pichet soit relevé de ses fonctions, selon ce qu’a affirmé Radio-Canada hier en fin de soirée.

Philippe Pichet serait donc devant trois options:

  • Il pourrait remettre sa démission volontairement, si le rapport est accablant.
  • Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, pourrait décider de mettre le SPVM sous tutelle.
  • S’il n’impose pas la tutelle, M. Coiteux songerait à recommander la suspension du chef Philippe Pichet.

Fabrication de preuves

Selon nos informations, le directeur Pichet n’aurait pas encore été appelé par le ministère de la Sécurité publique pour lui faire part du dilemme devant lequel se trouve le ministre Martin Coiteux, qui aurait entre ses mains le rapport Bouchard depuis jeudi dernier.

Ce document avait été commandé après la tempête qui s’était abattue en février sur le service de police montréalais à la suite des révélations de notre Bureau d’enquête et de l’émission J.E., qui rapportaient les témoignages d’ex-officiers et enquêteurs ayant accusé leurs collègues des Affaires internes d’avoir fabriqué des preuves pour se débarrasser d’eux ou les faire taire.

Quelques jours après nos reportages, la Division des affaires internes du SPVM s’était vu retirer toutes ses enquêtes jusqu’à nouvel ordre. Ces dossiers sont dorénavant confiés à la Sûreté du Québec et à quatre autres corps policiers.

Nommé chef en 2015, Pichet a vu son règne être entaché par plusieurs controverses, comme la décision du SPVM d’espionner les communications de journalistes. Le scandale avait mené à la création de la Commission d’enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques.