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Délais d'attente en chirurgie: pas la faute des patients, dénoncent les partis d’opposition

Periode des questions
Photo Simon Clark Les partis d’opposition réfutent l’explication du ministre de la Santé voulant que les patients soient la cause des délais d’attente de plus d’un an qui perdurent pour recevoir une intervention chirurgicale.

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Les partis d’opposition réfutent l’explication du ministre de la Santé voulant que les patients soient la cause des délais d’attente de plus d’un an qui perdurent pour accéder à une intervention chirurgicale.

Notre Bureau parlementaire révélait mercredi que près de 2200 Québécois patientaient depuis plus d’un an pour une opération, malgré l’objectif de Gaétan Barrette d'éliminer complètement cette liste d'attente à la fin 2017.

Le ministre Barrette justifie cette situation en partie par le refus de certains patients de se faire opérer à la date fixée par les établissements du réseau de la santé, notamment parce qu’ils sont à l’extérieur du pays.

«Le ministre dit ce matin: “Bien, c'est la faute des patients, c'est leur faute, ils n'étaient pas présents. Puis on ne pouvait pas prévoir au début de l'année qu'il y aurait des «snowbirds», parce que ça n'arrive jamais, c'est la seule année où il y a eu des «snowbirds»”, a ironisé mercredi le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, lors de la période des questions.

«Je veux bien croire que le phénomène existe, mais comment le ministre peut conclure que la majorité des patients refusent la date de leur chirurgie alors qu’il n’existe aucune donnée probante? Quand le ministre va-t-il arrêter d’accuser les patients d’être responsables de son échec», a questionné le porte-parole de la CAQ en matière de santé, François Paradis.

Selon le député de Lévis, le manque d’infirmières, le taux d’utilisation des blocs opératoires et la limitation des budgets peuvent aussi avoir joué un rôle sur ce résultat. «C’est le ministre le responsable. Si le ministre mettait autant d’énergie à réduire les listes qu’à s’octroyer de nouveaux pouvoirs, il réussirait peut-être», a-t-il pesté. 

Un phénomène «réel»

Le premier ministre s’est porté à la défense de Gaétan Barrette, assurant qu’il y a «beaucoup de patients, beaucoup plus qu'on pense, qui refusent la chirurgie lorsqu'on leur offre». «Et ça, je pense, c'est un phénomène qui doit être reconnu, qui existe, qui est réel et qu'il faut prendre en considération», a lancé Philippe Couillard.

M. Barrette a quant à lui souligné que le CIUSSS du Centre-Ouest de l’île de Montréal était devenu cette semaine le premier établissement «à avoir zéro patient sur sa liste d’attente de plus de six mois». «Et les autres sont en bonne voie», a-t-il ajouté. 

Le ministre disait avoir bon espoir de faire baisser les délais d’attente en chirurgie sous la barre des six mois d’ici la fin du mandat libéral.