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Garder notre monde

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Le gouvernement Couillard a réussi un véritable exploit en remettant sur les rails sa consultation sur la discrimination. Exit les notions de racisme systémique et les séances d’autoflagellation. Le ministre Heurtel, est parvenu à changer le cap et réorienter le débat vers le déploiement efficace des forces issues de l’immigration sur le marché du travail. Bravo.

Main-d’œuvre

Lors de l’ouverture de la consultation hier, le premier ministre a insisté sur la pénurie de main-d’œuvre qui frappe le Québec de plein fouet. Avec raison, il a souligné l’importance de l’apport des travailleurs étrangers pour nous permettre de maintenir la tête en dehors de l’eau. Cela est vrai. Mais il ne faudrait pas occulter le fait que nous avons de la difficulté à garder notre monde au Québec aussi.

Solde migratoire

À preuve, ce sont 92 320 Québécois qui ont quitté le Québec pour s’établir dans l’une ou l’autre des provinces canadiennes entre 2011 et 2016. À l’inverse, seulement 55 365 personnes du reste du Canada ont migré vers chez nous. La différence est énorme. Et elle est d’autant plus inquiétante que le rythme semble s’accélérer.

Et n’oublions pas un fait important. Ce sont les diplômés, les spécialistes et les gens indépendants qui sont les plus mobiles. Et pourquoi quittent-ils ? Notamment parce que nous étouffons ici. Ils manquent d’air quand les gouvernements s’emploient à pomper tout ce qu’ils peuvent pomper. C’est alors que de bonnes ressources prennent leurs cliques et leurs claques pour aller se faire voir ailleurs.

Si vous êtes de ceux qui s’opposent à la « méchante » droite économique, dites-vous bien ceci : si nous ne saisissons pas l’importance de donner substantiellement davantage d’oxygène à notre monde, il faudra plus que de l’immigration pour assurer notre avenir économique. Il faudra un miracle et ça, on ne sait toujours pas comment en fabriquer.