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Qui sont les 10 plus grands boxeurs de l'histoire du Québec?

Arturo Gatti a livré plusieurs combats mémorables.
Photo d'archives Arturo Gatti a livré plusieurs combats mémorables.

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MIAMI | Un des plus grands champions boxeurs de l’histoire du Québec va sans doute disputer son dernier combat vendredi soir à Miami.

Jean Pascal est-il le plus grand de tous les temps à avoir exercé son noble art au Québec ? Il a été champion du monde chez les mi-lourds pour le WBC et surtout, il a affronté tous les meilleurs sur la planète à un moment où ils étaient à leur mieux. Qu’on pense à Carl Froch, à Bernard Hopkins, à Chad Dawson ou à Sergey Kovalev. Il l’a fait avec panache et avec passion. Et avec une fierté d’être Québécois jamais démentie.

Si ce n’est pas Pascal, alors faut-il se tourner vers Adonis Stevenson, qui complète une cinquième année comme champion du monde WBC des mi-lourds. Les fans l’accusent d’avoir refusé de gros défis pour protéger son titre et les millions qui viennent avec la ceinture, mais il s’est offert Tony Bellew et Andrzej Fonfara au passage.

Sinon, que fait-on avec Arturo Gatti ? Champion dans trois catégories de poids, incroyable performer dans le ring, il est une légende dans l’histoire de la boxe. Gatti a livré des combats qui ont donné lieu à des films majeurs au cinéma. Mais quand il a rencontré Oscar De La Hoya et Floyd Mayweather, il s’est fait passer le knock-out. Comme Jean Pascal contre Sergey Kovalev ou Lucian Bute contre Carl Froch.

Justement, comment classer Lucian Bute et David Lemieux ?

Bute a été un très bon champion qui a été desservi par le tournoi des Super Six à Showtime. Pendant trois ans, les six meilleurs de la division des 168 livres, à part Bute, ont été retenus dans ce tournoi. On parle de Froch, d’Arthur Abraham, de Glen Johnson, d’Andre Ward, de Mikkel Kessler et de Sakio Bika entre autres puisque les blessures et les retraits forcèrent le réseau et les organisateurs à inscrire d’autres boxeurs dans le tournoi.

Bute, au cours de sa magnifique carrière, a battu Bika et Johnson au passage avant d’aller faire un match nul teinté d’une histoire de contamination contre Badou Jack à Washington dans le dernier grand match de sa carrière.

Quant à David Lemieux, il a battu de solides boxeurs et n’a refusé personne, incluant Gennady Golovkin. S’il gagne contre Billy Joe Saunders le 16 décembre, il sera le premier de l’histoire à regagner un titre dans sa division. Et il n’aura toujours que 28 ans.

RICHE HISTOIRE

Et on fait quoi avec Artur Beterbiev ? Le solide Tchétchène est bien installé à Montréal. Déjà un de ses enfants est Canadien et il est entré dans les rangs professionnels avec Marc Ramsay et Yvon Michel comme promoteur. Il fait déjà partie de l’histoire de la boxe au Québec.

En remontant plus loin, on retrouve un grand champion des mi-lourds qui s’appelait Jack Delaney. Il compte 93 combats à sa fiche et a été champion du monde en 1926 et en 1927. Son vrai nom était Ovila Chapdelaine. Mais c’était plus vendeur de se présenter à la foule des années folles des années 20 sous le nom américain de Jack Delaney.

Et comment pourrait-on oublier Éric Lucas, le champion qui a redonné confiance dans la boxe québécoise dans les années turbulentes qui ont suivi l’ère des frères Hilton et de Stéphane Ouellet ?

On le réalise en fouillant dans le passé fort riche de la boxe au Québec, c’est un sport qui a des racines profondes et nobles. Un aussi modeste peuple, trop longtemps écrasé et colonisé, a donné ou encouragé des Armand Savoie, Laurent Dauthuille, un Français venu s’installer à Montréal, Johnny Greco et Yvon Durelle, l’Acadien qui passa à quelques secondes de knocker Archie Moore. Et je n’oublie pas Robert Cléroux, le « Beu de Chomedy », qui fit rêver le Canada avec ses combats contre George Chuvalo, de Toronto.

Ces boxeurs au grand cœur ont créé des racines profondes qui ont permis aux Fernand Marcotte et Donato Paduano, puis Gaétan Hart, d’assurer la suite du sport chez les Québécois. Jusqu’à ce que l’argent, la compétence et le talent nous valent cette fabuleuse flopée de champions du monde qui ne cessent de représenter le Québec sur la scène internationale.

LONGUE RÉFLEXION

Choisir parmi tous ces champions ne fut pas une sinécure. J’ai passé plusieurs heures avec mon confrère Mathieu Boulay à débattre des mérites de chacun, j’en ai parlé avec Jean-Charles Lajoie, avec Yvon Michel, avec Laurent Poulin, de Boxing Pound, avec Camille Estephan et avec cinq ou six autres connaisseurs qui voulaient rester discrets pour tâter le pouls de chacun.

De plus, il est difficile de s’entendre sur tous les critères de sélection. Il y a les titres remportés, la crédibilité de l’association, la qualité des adversaires affrontés lors des conquêtes ou lors des défenses. J’ai tenu également compte de l’impact du boxeur sur les fans et la société québécoise.

Bref, je vous soumets les 10 noms retenus. Mais je suis parfaitement conscient que c’est un choix subjectif. J’ai peut-être raison, j’ai sans doute tort sur plusieurs sélections, selon vos opinions. J’apprécierai lire vos commentaires à tremblay.rejean@yahoo.ca pour comparer votre liste à la mienne ou à celles de mes experts.

 

La liste

1. Arturo Gatti

Impossible de passer à côté de ses combats de légende. Trois titres, c’est lourd. Il a contribué à l’essor de HBO avec sa trilogie contre Micky Ward.

2. Adonis Stevenson

Je sais que ce ne sera pas un choix populaire, mais Stevenson gagne tous ses combats et livre rarement une mauvaise performance. Mais c’est la qualité de ses opposants qui soulève des doutes.

3. Jean Pascal

Arturo Gatti a livré plusieurs combats mémorables.
Photo d'archives

Il a affronté tous les grands de sa génération quand ils étaient à leur mieux. Il a été un extraordinaire vendeur et un fier guerrier.

4. Lucian Bute

Arturo Gatti a livré plusieurs combats mémorables.
Photo d'archives

Une très belle carrière et une attitude de grand sportif. Un gentleman.

5. David Lemieux

Une victoire le 16 décembre le fera grimper d’au moins un rang dans la liste. Des victoires contre des durs de durs dans sa division et un cran et une fierté à bien représenter qui il est et d’où il vient. C’est quoi sa limite?

6. Artur Beterbiev

Difficile à classer. Mais quand on parle de Tavoris Cloud et de tous les autres bons boxeurs qu’il a littéralement détruits, on ne peut l’ignorer. En plus, il est drôle en privé.

7. Jack Delaney

Un choix de Laurent Poulin, qu’il place tout en haut de sa liste. En fouillant dans les documents historiques de sa carrière, on convient qu’il fut un grand dans une époque turbulente.

8. Éric Lucas

Arturo Gatti a livré plusieurs combats mémorables.
Photo d'archives

Il a tellement fait pour la boxe, il a été un champion tellement proche de ses fans...

9. Matthew Hilton

Une carrière gaspillée comme celle de son frère Davey junior. Mais Buster Drayton, qu’il a battu en 15 rounds, n’était pas un deux de pique. Demandez à « Ti-Lou ».

10. Otis Grant

Il fut un champion discret, mais quand on étudie sa fiche, on est convaincu de le faire passer devant Dave Hilton, Leonard Dorin, Adrian Diaconnu ou Joachim Alcine.


♦ Quelle que soit leur place dans la liste, qu’ils en soient exclus ou pas, tous ces champions méritent le respect pour ce qu’ils ont accompli dans le ring. Le reste, c’est autre chose...