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Les délires de Justin Trudeau

Les délires de Justin Trudeau
Photo d'archives, Agence QMI

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En voyage en Chine, Justin Trudeau vient de déclarer que la Chine et le Canada étaient «des âmes sœurs économiques». On a enfermé des gens pour moins que ça. Non seulement Justin Trudeau vient-il de démontrer sa profonde ignorance de l’économie, mais en plus, il manque totalement du sens des proportions.

Le système économique de la Chine n’a rien à voir avec celui du Canada. Le jour où le Parti communiste chinois abandonnera sa mainmise sur l’économie de la Chine, on pourra toujours s’amuser à faire des comparaisons entre l’économie chinoise et celle du Canada. Mais même en ce cas, l’économie de la Chine demeurerait environ 20 fois plus grande que celle du Canada, en termes de parité de pouvoir d’achat. Les deux économies n’ont absolument rien «d’âmes sœurs».

Libre-échange à n’importe quel prix

Mais le délire économique de Justin Trudeau ne s’arrête pas là. Le voilà maintenant qui épouse le crédo de l’extrême-droite économique, avec une défense tout azimut du libre-échange, sans égard aux conditions particulières de son exercice. Comme si le libre-échange avec les États-Unis ou l’Europe était la même chose que le libre-échange avec les dictatures de tout acabit. Comme si la Chine était un libre-marché, comme si la plupart des pays du monde étaient des libres-marchés, comme si de simples accords de libre-échange pouvaient neutraliser les circuits politiques de toutes sortes qui contrôlent ces économies. Et en échange, le Canada laisserait tomber ses tarifs douaniers, l’arme la plus efficace contre la concurrence déloyale qui provient de ces pays autoritaires.

Quand la cause du mal devient le remède

Justin Trudeau a même déclaré que le libre-échange, en particulier avec la Chine, était le remède à la montée des populismes dans le monde. Alors que le libre-échange, couplé à l’évasion fiscale pratiquée par les multinationales, est au contraire une des causes de la montée des populismes. Cette confusion n’est pas propre à Justin Trudeau. Mais un premier ministre devrait se comporter autrement que comme un vulgaire lobbyiste à la solde de multinationales assoiffées de profits.  

Manque de formation

Il est bien connu que Trudeau ne possède pas de formation universitaire en droit, en science politique ou en économie. Il clame, du haut de son ignorance, que les discussions à table avec son papa ont compensé pour cette carence. Il se trompe. Quand il fait face à des dirigeants comme Xi Jinping, il se fait mener en bateau, comme le montrent ses déclarations. Car à Canton, où il a fait cette profession de foi inconditionnelle au libre-échange, il est sorti du texte qui avait été soigneusement préparé pour lui.

Analyses déficientes

Et c’est bien ici le véritable problème : avec sa petite expérience au pouvoir, Justin Trudeau croit maintenant être capable de proposer ses propres analyses. Erreur. Il en est toujours incapable. L’expérience peut suppléer à la formation, mais ceci demande bien plus que les quelques années que Justin Trudeau a passées comme député avant de devenir premier ministre.

Plus Justin Trudeau sera confiant en ses propres analyses, plus les électeurs perdront confiance en son gouvernement.