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Trump sur Jérusalem: la Jordanie dénonce une violation du droit international

Le roi Abdallah II de Jordanie
Photo AFP Le roi Abdallah II de Jordanie

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Le gouvernement de Jordanie, pays gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem, a dénoncé comme «une violation du droit international» l’annonce faite mercredi par le président américain Donald Trump reconnaissant la Ville sainte comme capitale d’Israël.

«La décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, et le transfert de l’ambassade des États-Unis vers cette ville, constitue une violation des décisions du droit international et de la charte des Nations unies», a estimé le porte-parole du gouvernement jordanien, Mohammed Moumeni, dans un communiqué.

Il a affirmé que le droit international et la charte de l’ONU «soulignent que le statut de Jérusalem doit être décidé via des négociations, et considère toutes les mesures unilatérales visant à imposer des réalités nouvelles sur le terrain comme nulles et non avenues».

Le porte-parole jordanien a ainsi dit «le rejet par le royaume jordanien de cette décision qui fait monter les tensions, consacre l’occupation (...) israélienne depuis 1967 de la partie Est de la ville, (...) et provoque la colère (...) des musulmans comme des chrétiens».

«Les mesures prises par Israël pour changer le caractère et le statut de Jérusalem, dont l’annonce (de la ville) comme sa capitale, sont des mesures nulles et non avenues conformément aux résolutions 465, 476 et 478 du Conseil de sécurité de l’ONU notamment», a-t-il ajouté.

Il a appelé Washington à jouer «son rôle essentiel de médiateur neutre pour régler le conflit et réaliser la paix sur la base de la solution à deux États».

La décision du président Trump de reconnaître officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël a suscité une vague de condamnations au sein de la communauté internationale, à l’exception évidemment d’Israël.

 

Pour les Palestiniens, Washington ne peut plus jouer le rôle de médiateur de paix

 

Le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé mercredi que les États-Unis ne pouvaient plus jouer leur rôle historique de médiateur de paix avec les Israéliens, après l’annonce par le président Donald Trump de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

«Par ces décisions déplorables, les États-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu’ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu’ils ont joué au cours des dernières décennies», a dit M. Abbas à la télévision palestinienne.

Selon lui, l’annonce de M. Trump «ne changera rien à la situation de la ville de Jérusalem, la capitale éternelle de l’État de Palestine».

Les dirigeants palestiniens revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël en 1967, comme la capitale de l’État auquel ils aspirent.

La communauté internationale n’a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale «éternelle et indivisible».

Le processus de paix israélo-palestinien est au point mort depuis plus de trois ans et la question de Jérusalem est l’une des principales pierres d’achoppement.

De son côté, le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, a déclaré que M. Trump avait «détruit» la solution dite à deux États en annonçant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

«Malheureusement, le président Trump vient tout juste de détruire la perspective de deux États», palestinien et israélien, a-t-il dit à des journalistes. M. Trump a aussi «disqualifié les États-Unis d’Amérique de tout rôle dans un quelconque processus de paix».

Dans la bande de Gaza, le mouvement islamiste palestinien Hamas, considéré par Israël et les États-Unis comme une organisation «terroriste», a affirmé que la décision de M. Trump ouvrait «les portes de l’enfer pour les intérêts américains dans la région».

Ismaïl Radouane, un haut responsable du Hamas s’exprimant devant des journalistes, a appelé les pays arabes et musulmans à «couper les liens économiques et politiques» avec les ambassades américaines, et à expulser les ambassadeurs américains.

 

Statut de Jérusalem: critiques dans le monde entier après la décision de Trump

Le roi Abdallah II de Jordanie
Photo AFP

 

La décision mercredi du président américain Donald Trump de reconnaître «officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël» a suscité une vague de condamnations au sein de la communauté internationale, à l’exception évidemment d’Israël.

Voici les principales réactions:

 

Israël salue un «jour historique»

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué comme un «jour historique» la décision de Donald Trump. M. Netanyahu a aussi assuré que la décision du président américain ne changerait rien en ce qui concerne les lieux saints des trois grandes religions monothéistes à Jérusalem, affirmant l’engagement israélien à maintenir le «statu quo».

 

Mahmoud Abbas: les États-Unis «sapent délibérément tous les efforts de paix»

Par ces décisions déplorables, les États-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu’ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu’ils ont joué au cours des dernières décennies», a affirmé le président palestinien Mahmoud Abbas sur la télévision palestinienne.

 

OLP : Washington «disqualifié»

Le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, a estimé que Donald Trump avait «détruit» la solution dite à deux États. M. Trump a aussi «disqualifié les États-Unis de tout rôle dans un quelconque processus de paix», a-t-il ajouté.

 

Hamas: Trump ouvre «les portes de l’enfer»

Pour le mouvement islamiste palestinien Hamas, la décision du président américain ouvre «les portes de l’enfer pour les intérêts américains dans la région».

Ismaïl Radouane, un haut responsable du Hamas s’exprimant devant des journalistes dans la bande de Gaza, a appelé les pays arabes et musulmans à «couper les liens économiques et politiques» avec les ambassades américaines, et à expulser les ambassadeurs américains.

 

L’ONU «contre toute mesure unilatérale»

Le statut de Jérusalem ne peut être résolu que par une «négociation directe» entre Israéliens et Palestiniens, a déclaré le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, en rappelant avoir toujours été «contre toute mesure unilatérale». «Il n’y a pas d’alternative à la solution de deux États» avec «Jérusalem comme capitale d’Israël et de la Palestine».

 

L’UE «exprime sa sérieuse préoccupation»

«L’Union européenne exprime sa sérieuse préoccupation à propos de l’annonce aujourd’hui du président des États-Unis Trump sur Jérusalem et les répercussions que cela peut avoir sur la perspective de paix», a affirmé la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué.

 

France: «regrettable»

Le président français Emmanuel Macron a jugé «regrettable» la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem capitale de l’État d’Israël et appelé à «éviter à tout prix les violences».

Lors d’une conférence de presse à Alger, il a rappelé «l’attachement de la France et de l’Europe à la solution de deux États, Israël et la Palestine vivant côte à côte en paix et en sécurité dans des frontières internationalement reconnues avec Jérusalem comme capitale des deux États».

 

L’Allemagne «ne soutient pas cette position»

Le gouvernement allemand «ne soutient pas cette position car le statut de Jérusalem ne peut être négocier que dans le cadre d’une solution de deux États», a déclaré la chancelière Angela Merkel, citée dans un tweet de son porte-parole Steffen Seibert.

 

Le Royaume-Uni «pas d’accord»

«Nous ne sommes pas d’accord avec la décision américaine de transférer son ambassade à Jérusalem et de reconnaître Jérusalem comme la capitale israélienne avant un accord final sur son statut», a déclaré la Première ministre britannique Theresa May dans un communiqué, estimant que cette décision n’était «d’aucune aide» pour les perspectives de paix dans la région.

 

Italie: le statut de Jérusalem doit être «défini dans le cadre d’un processus de paix»

«Jérusalem ville sainte, unique au monde. Son futur doit être défini dans le cadre d’un processus de paix basé sur les deux États, Israël et Palestine», a réagi sur Twitter du chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni.

 

Le Canada appelle «au calme»

Le gouvernement canadien, «allié indéfectible de l’État d’Israël», appelle l’ensemble des protagonistes au «calme» et fera son possible pour «soutenir la création de conditions nécessaires pour que les parties puissent trouver une solution», a affirmé la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

 

Jordanie: «une violation du droit international»

«La décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, et le transfert de l’ambassade des États-Unis vers cette ville, constitue une violation des décisions du droit international et de la charte des Nations unies», a estimé le porte-parole du gouvernement jordanien, Mohammed Moumenié.

 

Turquie: «irresponsable»

«Nous condamnons la déclaration irresponsable de l’administration américaine (...) cette décision est contraire au droit international et aux résolutions de l’ONU», a réagi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu sur Twitter.

 

La Tunisie «profondément préoccupée»

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères affirme que la Tunisie est «profondément préoccupée» et dénonce «une atteinte primordiale au statut juridique et historique de la ville et une violation des décisions de l’ ONU». «Cette décision pousse à plus de tensions et représente une provocation pour les sentiments des arabes et des musulmans».

 

La Syrie soutient «ceux qui sont loyaux à la cause palestinienne»

La présidence syrienne, sur page officielle Facebook, estime que «l’avenir de Jérusalem n’est pas déterminé par un État ou un président mais par son histoire, sa volonté et la détermination de ceux qui sont loyaux à la cause palestinienne».

 

Le Liban «rejette et denonce cette décision»

Le Premier ministre libanais Rafic Hariri «rejette et dénonce cette décision et annonce aujourd’hui sa plus totale solidarité avec le peuple palestinien».