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May se rend à Bruxelles pour des discussions cruciales

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Theresa May
Photo AFP Theresa May

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La Première ministre britannique Theresa May est arrivée vendredi matin tôt à Bruxelles pour rencontrer le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, alors que les discussions se sont intensifiées pour obtenir un accord sur la première phase des négociations du Brexit.

Le déplacement de Mme May à Bruxelles n’a été dévoilé que peu de temps avant son arrivée pour une rencontre de dernière minute. Le rendez-vous de 7H00 (6H00 GMT), décrit comme un «petit déjeuner de travail» par le porte-parole de la Commission Margaritis Schinas, a commencé par une poignée de mains entre les deux dirigeants.

Downing Street avait annoncé que Theresa May était en route accompagnée de son ministre du Brexit David Davis «pour de nouvelles discussions sur le Brexit» avec M. Juncker et le négociateur en chef de l’UE Michel Barnier.

Une conférence de presse est annoncée vers «7H30/8H00» dans la foulée de cette rencontre.

Theresa May est ensuite attendue vers 8H00 par le président du Conseil Donald Tusk, instance qui représente les dirigeants de l’UE. Lui-même fera une déclaration vers 8H30, selon son service de presse.

Le temps presse pour Mme May si elle souhaite obtenir le feu vert des Européens pour un accord sur les principales modalités du divorce et passer à une deuxième phase de négociations consacrée à la future relation entre l’UE à 27 et le Royaume-Uni, notamment commerciale. Une deuxième phase réclamée avec insistance par Londres.

Quelques minutes après l’arrivée de Mme May au siège de la Commission européenne, le chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, Martin Selmayr, a publié sur Twitter une image de fumée blanche s’échappant d’un conduit de cheminée, sans aucune explication.

Une fumée blanche signifie traditionnellement l’annonce d’un nouveau Pape, élu par les cardinaux, réunis en conclave.

Les Européens ont donné jusqu’à dimanche au Royaume-Uni pour finaliser ce premier accord provisoire, pour pouvoir ensuite donner le délai nécessaire aux dirigeants des 27 Etats restant dans l’UE pour l’étudier et donner leur accord lors d’un sommet le 14 et 15 décembre.

L’Union européenne et le Royaume-Uni n’avaient pas réussi lundi, après un déjeuner entre le président Juncker et Mme May, à boucler un accord sur les modalités de leur divorce, notamment en raison du dossier irlandais.

Cette question est l’une des trois priorités de cette première phase des négociations du Brexit, avec le règlement financier de la séparation et les droits des citoyens expatriés.

Les Européens exigent des «progrès suffisants» sur ces trois fronts pour accepter d’ouvrir une seconde phase de discussions incluant les négociations commerciales réclamées avec insistance par Londres.

Intenses discussions

Mme May avait affirmé mercredi que Londres et Bruxelles étaient «sur le point» de passer à la seconde phase des négociations.

Jeudi midi, Margaritis Schinas indiquait que l’UE était «toujours en discussions avec Londres».

Dans la soirée, un porte-parole de Downing Street avait simplement affirmé que «les discussions sur l’avancée du processus du Brexit sont en cours».

«Nous n’y sommes pas encore», avait dit de son côté une source au sein du gouvernement.

Un responsable du DUP, petit parti unioniste nord-irlandais qui avait refusé de donner son blanc seing au premier projet d’accord en début de semaine, avait lui aussi sobrement indiqué jeudi soir que les discussions se poursuivaient.

Les difficultés rencontrées dans les négociations ont conduit la Première ministre écossaise à accuser jeudi le gouvernement britannique «d’incompétence» sur le dossier du Brexit. Nicola Sturgeon estime que ces difficultés sont autant de preuves supplémentaires de la nécessité de rendre l’Écosse indépendante.

«Plutôt que d’avoir notre avenir entre nos mains, nous sommes à la merci du gouvernement conservateur. Nous devons reprendre le contrôle de notre destin, et le plus tôt sera le mieux», a-t-elle martelé.